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13 novembre : les victimes réclament des comptes à l’État

Mercredi, une trentaine de victimes et de leurs proches ont formé un recours contre l’État devant le tribunal administratif, afin de dénoncer l’absence d’intervention de militaires le soir du 13 novembre.

L’État français a-t-il une part de responsabilité dans la survenue des attentats, le 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts et 413 blessés à Paris et Saint-Denis ? C’est la question à laquelle sera soumis le juge, après que les victimes et leurs proches ont engagé la responsabilité du ministère de l’Intérieur. La plupart d’entre eux sont représentés par l’avocate Samia Maktouf, qui a expliqué à l’AFP que “les familles de victimes ne comprennent toujours pas pourquoi on a empêché, sur ordre, huit militaires de l’opération Sentinelle présents devant le Bataclan d’intervenir.”

En effet, le soir du drame, ceux-ci se sont vu interdire une intervention physique, mais également le prêt de matériel médical de premiers secours à des policiers. Une incompréhension pour l’avocate, qui estime que si “on n’aurait peut-être pas empêché la mort de 90 personnes, on aurait au moins évité des hémorragies qui ont donné la mort”.

Le rapport sur les attentats effarant

Qui plus est, aux côtés des militaires, alors que la prise d’otages débutait, des membres de la brigade anticriminalité (BAC) sont entrés dans l’établissement en étant insuffisamment équipés, alors qu’ils avaient auparavant demander aux soldats le prêt de leur Famas.

Dans un rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats du 13-Novembre, un officier de la BAC du Val-de-Marne raconte ainsi avoir demandé l’autorisation de les faire intervenir afin “d’atteindre le terroriste embusqué derrière l’issue de secours.” “Négatif, vous n’engagez pas les militaires, on n’est pas en zone de guerre” aurait répondu la préfecture de Police de Paris, l’un des militaires lui aurait également indiqué qu’il ne pourrait engager le feu, faute d’avoir “reçu un ordre en ce sens”, décrit le rapport.

Concernant la non-intervention des militaires, plusieurs victimes ont aussi décidé, en plus de cette démarche devant le tribunal administratif, de porter plainte contre X au mois de juin au pénal, pour “non-assistance à personne en péril”.

La surveillance des terroristes mise en cause

Mais le recours ne s’arrête pas là, et vise également de “graves dysfonctionnements” en amont des attentats dans la surveillance des neuf terroristes du 13 novembre 2015. Certains étaient en effet connus, fichés et sous contrôle judiciaire, tandis que d’autres faisaient l’objet d’une surveillance des services de renseignement. Comment ont-ils alors pu échapper à leur vigilance ?

D’abord, certains ont vu leur surveillance interrompue peu avant le passage à l’acte. Mais c’est surtout l’absence de coopération entre les services français et leurs homologues étrangers, notamment belges, qui est pointée du doigt.

Un cas est par ailleurs particulièrement éloquent de ces anomalies : celui de Samy Amimour, l’un des kamikazes du Bataclan. Sous contrôle judiciaire, il était alors sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire, son passeport lui ayant été retiré. Pourtant, ce dernier a réussi à se refaire des papiers, en prétextant, auprès des services de la préfecture, qu’il les avait perdus. En principe, toute demande de nouveaux documents d’identité déclenche la consultation du fichier des personnes recherchées ou interdites de sortie du territoire. Mais cette vérification n’a pas été faite, et Amimour a obtenu un nouveau passeport lui permettant de traverser l’Europe et de rejoindre la Syrie, avant de revenir aussi facilement pour participer aux attaques du 13 novembre.

 

 

 

 

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Étudiant en science politique, explore l'Art et joue le dimanche à ses heures perdues.
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