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Affaire Duhamel : Sciences Po dans la tourmente, les étudiants n’en peuvent plus

Après les révélations successives sur l’affaire Olivier Duhamel, les démissions s’enchainent dans les hautes instances du pouvoir et l’école de Sciences Po Paris n’est pas épargnée. Un vent de révolte et un besoin de changement souffle dans les couloirs du 27 rue Saint-Guillaume. Le directeur de l’école Frédéric Mion est à son tour menacé de démission.

Chronologie de l’affaire Olivier Duhamel 

  • Dimanche 3 janvier. Olivier Duhamel prévient le directeur de Sciences Po de la parution du livre de Camille Kouchner et des accusations.
  • Lundi 4 janvier. Publication de l’enquête du Monde sur les faits d’inceste contre le politologue et ex-professeur de Sciences Po Olivier Duhamel. L’affaire explose aux yeux du public. Olivier Duhamel quitte ses fonctions de présidents de la Fondation Nationale des Sciences Politiques (FNSP), fondation qui copte Sciences Po.
  • Mardi 5 janvier. Frédéric Mion envoie un email aux étudiants, enseignants et salariés de Sciences Po exprimant sa « stupeur » sur l’affaire découverte dans la presse.
  • Mercredi 6 janvier. Le journal Le Monde révèle que le directeur de Sciences Po avait eu connaissance des soupçons d’inceste dès 2019. C’est la professeure et ex-ministre de la culture Aurélie Filippetti qui l’avait informé des rumeurs à ce sujet.   
  • Jeudi 7 janvier. La Familia Grande de Camille Kouchner sort en librairie. L’autrice y dénonce les viols répétés sur son frère par leur beau-père Olivier Duhamel. Frédéric Mion reconnait avoir été informé en 2019 « de rumeurs […] concernant Olivier Duhamel » et s’annonce prêt à débattre de sa responsabilité dans l’affaire. Des étudiants et syndicats de Sciences Po manifestent et réclament la démission du directeur de leur école.
  • Lundi 11 janvier. Le président de Sciences Po Alumni Pascal Perrineau s’exprime sur l’importance de distinguer « les comportements criminels d’un homme saisi par ses démons et les entités au sein desquelles il a travaillé ». Dans une vidéo de Sciences Po TV disponible sur Youtube, le directeur de Sciences Po refuse de démissionner car cela « signifierait que, à titre personnel [il] admet être d’une quelconque manière complice des agissements terribles que nous connaissons désormais » et que Sciences Po aurait une part de responsabilité dans ces actes.
  • Mercredi 13 janvier. Le collectif #MionDémission publie une tribune dans Libération expliquant les raisons de leur demande de démission du directeur.
Camille Kouchner et son livre paru au édition Seuil.
Camille Kouchner et son livre paru au édition Seuil, 208 pages/ 9 Lives Magazine.

Le rassemblement des étudiants a abouti au collectif #MionDémission

Afin de s’exprimer les étudiants de Sciences Po Paris ont créé le 7 janvier le collectif #MionDémission. Les nouvelles appris dans la presse et les changements de déclaration ont agit comme une déflagration au sein de l’école. Il y a eu une véritable « rupture du lien de confiance avec les étudiants », précise un membre de #MionDémission. Pour les étudiants ses mensonges ont contribués à perpétrer cette culture du secret et de l’omerta déjà présente.

Et ce sont les mensonges du directeur qui lui sont vraiment reprochés, nous informe l’UNEF. Ce syndicat étudiant majoritaire à Sciences Po occupe notamment deux sièges dans le conseil d’administration de la FNSP dont Olivier Duhamel était le directeur. Et ce sont les syndicats qui représentent les étudiants atteint par les révélations qui touchent leur école en son cœur. Car l’impact de cette affaire dégrade directement l’image du « Harvard français » auprès du grand public, mais elle amplifie surtout le climat de tension déjà très présent avec la situation sanitaire.

Mais que veulent les étudiants ?

Ces étudiants qui se disent à bout réclament du changement. Jeudi 14 janvier, plus de 60 étudiants faisaient leur premier sitting pour appeler à la démission de leur directeur. Une action répétée lundi 18 janvier et « dans le futur s’il le faut », nous affirme les étudiants. Leur souhait ? Que ce changement passe aussi par une nouvelle équipe de direction ainsi qu’une réforme de la gouvernance. Mais après l’annonce de Frédérique Mion sur Sciences Po TV, l’administration n’a plus donnée de nouvelles. «Ils préfèrent jouer la montre », selon le collectif qui craint qu’un nouveau confinement n’arrête tout.

Cette affaire rappelle les précédents scandales de violences sexistes et sexuelles. En décembre, une affaire similaire impliquait un professeur de droit succédant à la vague de témoignages en mars 2020. Le collectif aimerait que l’administration fassent enfin actes de ce qui était un des grands engagement de Frédéric Mion. L’affaire Duhamel « c’est la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà trop plein », pour les membres de l’école. En plus des sittings, une pétition est toujours disponible sur Facebook, accessible pour ceux ayant un lien avec Sciences Po.

A lire aussi : Affaire Duhamel : le départ du directeur de Sciences Po réclamé

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Journaliste VL.
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