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Au Maroc, les ventes de Danone s’écroulent après un boycott.

Depuis plus d’un mois, l’eau minérale Sidi Ali, le lait Centrale Danone et les stations essence Afriquia sont écartés par les Marocains afin de protester contre leurs prix exorbitants. Une mobilisation inédite issue des réseaux sociaux, qui a pris de court les élites politiques et économiques.

Le coup d’envoi fut donné sur les réseaux sociaux le 20 avril : un utilisateur anonyme invite alors les marocains à boycotter les trois marques phares du Maroc aux tarifs jugés beaucoup trop élevés. Mais ce qui n’aurait pu être qu’un mécontentement sporadique se transforma alors en gigantesque boycott national, suivi par 42% de la population, principalement les jeunes, les femmes et la classe moyenne, selon le quotidien marocain l’Economiste.

La filiale marocaine de Danone ne s’attendait pas à un mouvement d’une telle ampleur. Afin de le contrecarrer, celle-ci a alors joué la carte de la transparence en expliquant, chiffres à l’appui, que le prix du lait n’a pas bougé depuis 2013. Mais les Marocains n’en ont que faire, et les ventes de la filiale ont chuté de 50% en moins de six semaines.

Des conséquences désastreuses

«Cette mobilisation anonyme n’a ni stratégie ni revendication précise, mis à part la volonté de s’opposer aux prix chers. Si on ne sait pas qui en est l’initiateur, on connaît ses deux principales cibles : des personnalités de l’establishment, très proches du palais royal», analyse Abderrahmane Rachik, sociologue des mouvements de protestation au Maroc.

Dans les usines de la filiale, les lignes de production tournent au ralenti. Danone a également dû mettre fin aux contrats intérimaires et réduire de 30% sa collecte de lait auprès des producteurs locaux. En France, au siège mondial de l’entreprise, on dit suivre de près la situation, tout en étant spectateur impuissant.

En début de semaine, sa filiale au Maroc a annoncé un avertissement sur résultats. Elle prévoit désormais une perte de plus de 13 millions d’euros au premier semestre. Si bien que mercredi, ce sont les salariés du groupe eux-mêmes qui sont descendus dans la rue devant le parlement à Rabat, exprimant leurs craintes pour leur emploi.

Le ministre délégué chargé des affaires générales et de la gouvernance, Lahcen Daoudi, avait alors soutenu les salariés, provoquant l’ire des marocains, si bien que le soir même il annonça sa démission.

 

 

 

 

 

 

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Étudiant en science politique, explore l'Art et joue le dimanche à ses heures perdues.
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