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C’était il y a 40 ans … L’île aux trente cercueils, du genre à la française

Qui a dit que la France ne savait pas faire des séries de genre ? En mode quasi-survival, L’île aux trente cercueils a terrorisé le public français il y a tout juste 40 ans.

C’est quoi L’île aux trente cercueils ? L’action se déroule en 1917. Véronique d’Hergemont (Claude Jade) est une jeune femme de trente-cinq ans, devenue infirmière à l’hôpital militaire de Besançon dans l’espoir d’oublier un passé qui la hante depuis quatorze ans. En effet, Véronique d’Hergemont ne peut se pardonner la mort de son père et de son fils François, disparus en mer. La mort de ses proches est en effet pour elle le châtiment pour avoir, contre la volonté de son père, épousé le comte Vorski… Ce passé tragique rattrape Véronique d’Hergemont lorsqu’elle découvre sa griffe personnelle (V d’H) dans un film projeté à Besançon. Bouleversée, car sachant que personne, hormis elle, son père et Vorski ne connaissaient cette signature, elle entreprend des recherches en Bretagne, où a été tourné le film. Ses recherches vont la conduire sur la piste de son père et de son fils qui, alors que tout le monde les croyait morts, s’étaient réfugiés sur l’île de Sarek, plus connue dans la région comme l’Île aux trente cercueils. Dès son arrivée, le cauchemar commence…

Du bon genre à la française

« Quatre femmes en croix
Trente cercueils
La Pierre-Dieu qui donne mort ou vie… »

Avec une histoire redoutable et une ambiance pesante comme jamais, L’île aux trente cercueils est une réussite de tous les instants. Adaptée du roman éponyme de Maurice Leblanc décrit comme “le plus violent, le plus sombre, le plus cruel et le plus anxiogène des Arsène Lupin” (c’est lui qui sauve Véronique à la fin du roman), la série oublie cet aspect là pour l’emmener vers un survival à la française. La tension monte de manière lente, voire lancinante. Prenant le temps de présenter le personnage de Véronique (incarnée par Claude Jade) et sa relation toxique avec le magnétique Vorski (sublimement incarné par Jean-Paul Zehnecker), L’île aux trente cercueils nous emmène ensuite sur le territoire de Sarek et sa mystérieuse prophétie glaçante liée à la Pierre-Dieu. La série est clairement coupée en 2 avec l’installation lente et progressive de la menace fantôme, puis avec le face à face en forme de torture psychologique entre Véronique et ses bourreaux. La série va très loin (le massacre sur les barques en est un exemple) même si il y a par moment de petits ventres mous.

A la création de cette série, on retrouve un binôme auteur-réalisateur Robert Scipion et Marcel Cravenne. Les deux hommes se connaissent bien pour avoir déjà œuvré ensemble 3 ans plutôt sur l’adaptation du roman de Gaston Leroux : La poupée sanglante où Marcel Cravenne avait déjà fait tourner Jean-Paul Zehnecker (Benedict Masson). Si l’image a vieilli et si le jeu des acteurs est très théâtral, L’île aux trente cercueils est une réussite totale du début à la fin. Et si le plaisir vous prend de la revoir, pensez à ces quelques lignes en entendant le rire glaçant des 3 vieilles sœurs de Sarek.

L’île aux trente cercueils : à quand un remake ?

L’intrigue de la série (et du roman) est tellement riche qu’une nouvelle génération devrait vraiment la découvrir. Mais comme on l’a dit, sans doute les images qui ont mal vieillies et le jeu pourraient en refroidir certains. C’est dans ce genre de cas qu’un remake pourrait avoir toute son utilité. Seul petit soucis : une autre série a vu le jour en 2005 et a une intrigue qui s’en rapproche un peu : Dolmen. Une île de Bretagne, une malédiction, un fantôme du passé, des morts, autant de convergences entre les deux séries qui pourraient dissuader une chaîne de se lancer dans un remake de cette histoire remarquable par peur, de la part d’un certain public, de la comparaison. Pourtant, si Dolmen est une très agréable série, elle ne joue pas sur le même registre que L’île aux trente cercueils, même si les deux fictions partagent aussi comme point commun de jouer avec le surnaturel avant d’apporter une vraie solution logique à la fin.

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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