Une société sud-coréenne affirme avoir découvert les restes d’un croiseur russe coulé en 1905 par le Japon, dont la valeur de sa cargaison s’élèverait à plus de 100 milliards d’euros.

C’est un jackpot qui ferait rêver de nombreux chasseurs de trésor. Dimanche dernier, la société sud-coréenne Shinil Group aurait fait la découverte de la mythique épave du Dmitri Donskoi, un navire de guerre russe de 5800 tonnes sabordé par son équipage en 1905, en pleine guerre contre le Japon.

Selon des rumeurs anciennes qui aiguisent l’appétit des explorateurs sous-marins, celui-ci contiendrait alors une véritable fortune en pièces et en lingots d’or, pour une valeur d’environ 130 milliards de dollars. À moins de deux kilomètres de l’île sud-coréenne d’Ulleungdo, l’équipe de chercheurs, aidés par deux mini-submersibles, a pu descendre jusqu’au navire, qu’ils ont identifié en lisant sur la poupe son nom écrit en cyrillique, clairement lisible malgré la couche de sédiments et de végétation marine qui la recouvre.

Une découverte et des polémiques

Toutefois, des parts d’ombre subsistent quant à cette découverte, au premier rang desquelles figure la question de la cargaison. Kirill Kolesnichenko, professeur de sciences sociales à l’université fédérale orientale de Russie, met en doute, dans une interview au site d’information russe RIA Novosti, la possibilité que le bateau ait transporté tout cet or : « Garder autant d’argent sur un seul navire serait trop dangereux. Pourquoi les Russes auraient transporté leur or par bateau, au lieu de le faire sans risque, par train, de Saint-Pétersbourg vers Vladivostok ? »

De même, se pose la question de la primauté de cette découverte : l’institut coréen de technologies et de sciences océaniques a en effet annoncé avoir aussi découvert l’épave, mais en 2003. L’institut n’aurait pas récupéré les restes du navire à l’époque, car il n’y aurait rien trouvé de valeur. Une société sud-coréenne, Dong-Ah Construction, s’est également manifestée, clamant avoir découvert l’épave la même année, mais sans avoir pu exploiter sa découverte, à une époque où la société était en situation de banqueroute.

La compagnie coréenne a annoncé régler les démarches administratives pour la fin du mois, avant une exploration en profondeur du Dmitri Donskoi en septembre-octobre.