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Corse : La varicelle les oblige à quitter un avion Easyjet en pleine nuit

Débarquées en pleine nuit d’un avion Easyjet au départ d’Ajaccio, une jeune maman et sa fille de 9 mois s’apprêtent à vivre un cauchemar. Interview exclusif avec Sarah-Angie Poggionovo.

Lundi 13 août, Sarah-Angie Poggionovo s’apprête à rentrer à Lyon avec son mari et ses deux filles, Louise et Manon, respectivement âgées de 9 mois et 2 ans et demi. À l’aéroport d’Ajaccio, la petite famille enregistre ses bagages, monte dans l’avion Easyjet et s’installe tranquillement. Ce n’est qu’une fois la ceinture attachée qu’un stewart, alarmé par les boutons de varicelle de la petite Louise, s’approche de la jeune maman. À défaut d’avoir du personnel médical disponible, « le stewart examine Louise comme un médecin » déclare Sarah-Angie Poggionovo. A la recherche de boutons contagieux, la jeune mère montre les croûtes pour attester de la fin de la maladie. Mais le personnel n’est pas si affirmatif et décide de débarquer Sarah-Angie et sa petite-fille de 9 mois. Sarah-Angie s’adresse une dernière fois au stewart et s’enquiert de connaître l’accompagnement dont elle va bénéficier. Mais l’homme reste silencieux et la jeune mère comprend rapidement qu’elle sera seule dans cette épreuve.

« Heureusement que j’étais corse »

Tout se passe très vite pour cette mère et sa fille. La famille Poggionovo décide de se séparer. Le mari de Sarah-Angie et sa fille aînée repartent pour Lyon. « C’était très expéditif, pas très diplomate » accuse Sarah-Angie. La mère de famille se retrouve « seule sur le tarmac » avec ses deux valises – rendues sans ménagement – et sa fille de 9 mois dans les bras. Le souci : il est 22 h et l’aéroport d’Ajaccio s’apprête à fermer. La jeune femme fond en larmes, la situation est « iréelle ».

Des salariées de l’aéroport présentes près de la piste de décollage viennent à sa rencontre et lui apportent un peu de réconfort et d’assistance. Mais la jeune mère est sous le choc. « Même le personnel de l’aéroport n’en revenait pas » assure-t-elle. Les conditions ne sont pas présentes pour accueillir un jeune bébé de 9 mois. Dans l’optique d’être arrivés à Lyon une heure plus tard, la jeune mère n’a que le strict minimum pour Louise.

« Heureusement que j’étais corse » remarque Sarah-Angie. Sans attendre, elle rappelle son père – habitant un petit village au-dessus d’Ajaccio – chez qui la petite famille avait passé les vacances. Une heure de trajet en voiture plus tard, la jeune femme retrouve ses parents. En catastrophe, ils réussisent à trouver un logement dans le village et ce n’est qu’à minuit que la petite Louise peut s’endormir.

« À l’aéroport, j’étais connue comme le loup blanc »

Le lendemain, Sarah-Angie cherche une solution. Elle rencontre directement un médecin, qui lui assure que la maladie n’est plus contagieuse, et obtient un certificat médical pour en attester. La jeune mère téléphone à Easyjet et demande réparation auprès de la compagnie aérienne. Mais à l’autre bout du fil, on lui conseille de s’adresser directement à l’aéroport. Sarah-Angie est optimiste. Elle espère voyager dans le vol de 12h30 mais on lui refuse cette alternative. En contactant directement l’aéroport d’Ajaccio, le personnel lui conseille de tirer un trait sur Easyjet. « À l’aéroport, j’étais connue comme le loup blanc » affirme-t-elle à la suite de la discussion téléphonique.

Finalement, c’est mercredi, dans un avion Aircorsica, que Sarah-Angie rejoindra son mari et sa fille aînée. Une décision de dernière minute et payée « plein pot ». À bord de la compagnie, Louise n’est pas dérangée par le personnel par rapport à ses boutons, tous sont très « chaleureux».

Avec Easyjet « c’est terminé » !

Je m’appelle Louise, j’ai 9 mois et hier un stewart #Easyjet m’a laissée sur le tarmac à 22h00. J’ai eu très peur,…

Publiée par Sarah Angie Poggionovo sur Lundi 13 août 2018

Sarah-Marie souhaite faire entendre son histoire et poste un message Facebook avant de contacter la presse. Elle souhaite prévenir d’autres incidents de la sorte. En pleine période estivale, trouver un logement à prix abordable en Corse relève du parcours du combattant, surtout en pleine nuit. Dans son malheur, la jeune mère se réjouit d’avoir pu compter sur ses parents et la « solidarité de son village ». Mais elle ne peut imaginer le même épisode vécu par une famille non corse et aux faibles revenus. « C’est tout simplement impossible ! » martèle-t-elle en avançant les sept jours demandés par Easyjet pour exiger un remboursement.

Capture d’écran Facebook

Sur Facebook, Easyjet répond à la publication de la jeune femme. Ils avancent que sept jours doivent séparer l’apparition de la dernière nouvelle tâche du vol, comme stipulé dans leurs conditions générales de vente. Cependant, en possession d’un certificat médical – obtenu le lendemain-même -, une conseillère de la compagnie avance la possibilité d’un remboursement. À ce jour, soit douze jours après l’incident, Sarah-Angie assure n’avoir reçu aucun remboursement.

Capture d’écran Facebook

Indépendamment du non-remboursement, la scène est traumatisante pour toute la famille. D’un côté, une jeune mère se retrouve seule en pleine nuit, et sans accompagement. De l’autre, son mari et sa fille de deux ans et demi, qui n’a jamais été séparée de sa mère. Elle ne comprend pas pourquoi « elle n’a plus de maman »  Lundi soir, pour la première fois, Manon et Sarah-Angie passeront une nuit loin l’une de l’autre. Toutes deux auraient préféré que cette étape soit vécue dans des conditions plus agréables. Selon la jeune mère, la situation aurait été totalement différente si dès l’enregistrement, la famille avait été prévenue.

— Manon est-ce que tu aimes Easyjet ?

— Non.

La réponse de l’aînée de 2 ans et demi est sans équivoque. Pour la petite famille, plus question d’emprunter une nouvelle fois la compagnie aérienne !

A lire aussi : Il critique EasyJet sur Twitter et se voit refuser l’embarcation

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Etudiante en bicursus Droit et Histoire - Sorbonne et Assas
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