À la uneSéries Tv

Culte | On a revu … In treatment / En analyse, huis-clos psychothérapeutique

Avant la version de Arte, on revient sur une autre adaptation de la série israélienne Betipul : En analyse, aux États-Unis. 

C’est quoi, En analyse ? Paul Weston (Gabriel Byrne) est un psychothérapeute qui vit dans une maison de Baltimore, où il a installé son cabinet dans un bureau du rez-de-chaussée. Chaque jour, il reçoit un patient différent :  une anesthésiste (Melissa George), un ancien pilote de l’air (Blair Underwood), une jeune gymnaste (Mia Wasikowska), un couple qui se déchire (Josh Charles et Embeth Davidtz). Le Vendredi, c’est lui-même qui se rend chez sa collègue le Dr Gina Toll (Dianne Wiest) pour des séances de supervision. 

En 2005, l’israélien Hagai Levy (à qui l’on devra plus tard The Affair) crée Betipul,  où l’on suit les séances entre un psychothérapeute et ses patients. La série attire rapidement l’attention des développeurs internationaux, non seulement en raison de son succès mais aussi parce que son thème universel est susceptible de refléter des sujets de société locaux et qu’elle repose sur une structure simple et peu coûteuse.  

Après plus d’une quinzaine de versions à travers le monde, c’est Arte qui va s’allonger sur le divan avec En thérapie. Mise en œuvre par Eric Toledano et Olivier Nakache (Intouchables), elle relate les séances d’un thérapeute et de ses patients au lendemain des attentats du Bataclan en 2015. Avant cette nouvelle adaptation (avec notamment Frédéric Pierrot, Pio Marmaï, Mélanie Thierry ou Carole Bouquet), nous allons… analyser la version américaine de HBO, In Treatment, qui est sans aucun doute la plus connue. 

A lire aussi :  In Treatment, Arte annonce une adaptation de la série

C’est à  Rodrigo Garcia, (fils du prix Nobel de littérature Gabriel García Márquez) qui a déjà travaillé sur des séries comme Les Soprano ou Six feet under,  que HBO confie l’adaptation de Betipul. Diffusée à partir de 2008, In Treatment apporte quelques modifications mais conserve l’essentiel des histoires et personnages ; dans certains cas, les dialogues sont même directement traduits de la version israélienne, et Hagai Levi lui-même a joué le rôle de consultant et de producteur exécutif.

Betipul, la série israélienne d’origine

In Treatment se démarque d’abord par sa structure : chaque épisode de 30 minutes environ se déroule quasi-exclusivement dans le cabinet d’un des praticiens. C’est un huis-clos, une scène de théâtre avec une séance / un patient par épisode, chacun consultant une fois par semaine. De sorte que l’on peut regarder la série de deux manières : dans un ordre chronologique du Lundi au Vendredi, ou de manière transversale en suivant les séances d’un seul patient. En fonction des goûts, certaines histoires intéressent davantage  ; dans sa globalité, la série montre l’évolution des personnages à travers leur psychanalyse. 

Tout repose exclusivement sur les dialogues, et le fantôme de Freud plane sur la série. Les deux psychanalystes ne se déclarent pas ouvertement freudiens mais ils suivent scrupuleusement la « cure par la parole » théorisée et pratiquée par le médecin viennois. La clé narrative réside uniquement dans les mots et les silences, les intrigues progressent non pas grâce à ce qu’on voit mais grâce à ce qu’on entend de la bouche des patients. Et la grande force de ce procédé, c’est qu’il oblige le spectateur à se mettre à la place du thérapeute pour décoder les signes, le sous-texte, les non-dits pour comprendre le vécu des personnages.

Lundi : le Dr Weston reçoit Laura

Les arcs narratifs fonctionnent indépendamment les uns des autres, chaque personnage ayant sa propre histoire. Prenons l’exemple de la première saison : on suit Laura (Lundi) ,une anesthésiste qui fait un transfert sur le thérapeute ; Alex (Mardi), un pilote de l’US Air force qui souffre de SSPT ; Sofia (Mercredi), une jeune gymnaste aux tendances suicidaires ; le couple formé par Amy et Jack (Jeudi). Enfin, le vendredi, le Dr Weston se rend chez Gina, son amie et collègue, pour des séances de supervision au cours desquelles il aborde ses propres difficultés personnelles et évoque les cas de ses patients et la manière dont son travail l’affecte. 

Toutes les histoires des patients sont closes au terme de la saison, de sorte que ce sont de nouveaux personnages qui consultent Weston dans les deux suivantes. Dans la deuxième saison, le thérapeute s’est séparé de sa femme et vit à New York où il reçoit donc de nouveaux patients (parmi les interprètes, citons Hope Davis ou John Mahoney) et le Vendredi, il retourne à Baltimore pour consulter le docteur Toll. Cette fois, la série creuse davantage la psychologie de Weston, nous emmène à la recherche des traumatismes et des expériences qui expliquent notamment ses réactions lors des séances. Dans la troisième saison, on suit seulement trois patients (dont une actrice incarnée par Debra Winger) et Paul consulte une nouvelle thérapeute (Amy Ryan). A noter que, cette fois, In Treatment construit ses propres histoires et personnages –  sans la feuille de route de la série israélienne qui n’a duré que deux saisons. 

Vendredi : le Dr Weston consulte le Dr. Toll

Les audiences de In Treatment sont restées modestes, en dépit des éloges critiques et des nombreuses récompenses reçues. On peut le comprendre, car au-delà de ses qualités d’écriture et d’interprétation (en particulier un Gabriel Byrne magistral), c’est une série statique et intimiste : deux personnes assises face à face discutent, et certains trouveront ça passionnant et d’autres extrêmement ennuyeux. Les premiers seront certainement curieux de découvrir la version de Arte… en attendant la quatrième saison de In Treatment (dix ans après la fin de la précédente), récemment annoncée par HBO.

A lire aussi : HBO planche sur un reboot de In Treatment

Plus d’une quinzaine de versions pour une même série : si ce n’est pas un record, Betipul s’en approche sûrement.  L’adaptation américaine, In Treatment, est certainement celle qui a eu le plus d’écho à travers le monde mais dans toutes ses déclinaisons, voilà une série à part avec un format spécifique, une mise en scène minimaliste et épurée, des histoires intimes chargées de dialogues. Autant de caractéristiques que l’on retrouve dans En Thérapie, l’adaptation française qui arrive sur Arte.

En analyse / In treatment (HBO)
3 saisons – 106 épisodes de 30′ environ. 
Disponible sur MyCanal.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
Related posts
La Loi des SériesSéries Tv

Sonia Rolland (Tropiques Criminels) et Narcisse Mame (Je te promets) | La loi des séries #470

Séries Tv

Exclu - Gagnez votre CD "Les maîtres de l'univers - She Ra" (Télé 80)

Séries TvThe Générique TV Show

The Générique - TV Show : Charles Level (parolier) | La loi des séries #469

À la uneSéries Tv

Les mystérieuses cités d'or bientôt en spectacle musical au Théâtre des Variétés

Retrouvez VL. sur les réseaux sociaux