Tout Pour Réussir, dix minutes d’interview avec Saad Merzak, chaque mardi. Un retour sur la carrière d’une personnalité du monde médiatique, artistique ou économique, et les raisons de leur succès. Aujourd’hui dans Tout Pour Réussir, Saad Merzak accueille l’animateur télé Cyril Féraud. Il présente l’émission quotidienne Slam sur France 3 depuis plusieurs années maintenant, et depuis septembre on le retrouve également à la radio, sur MFM, où il anime la tranche du midi.

Saad Merzak : Depuis Le Grand Direct des Médias sur Europe 1, cela faisait longtemps qu’on ne vous avait pas entendu à la radio, c’est quelque chose qui vous a manqué ?

Cyril Féraud : C’est quelque chose qui m’a beaucoup manqué, et ça fait plusieurs années qu’on me proposait chaque saison un morning sur une radio musicale, y a au moins trois radios qui m’ont proposé cet horaire qui est un rendez-vous phare à la radio.

Mais c’était complètement incompatible avec mes jours et mes horaires de tournage pour les jeux, car entre Slam, Le Grand Slam, Personne n’y avait pensé qui est le jeu du week-end, j’étais très pris. Et on a trouvé cette année la possibilité avec MFM d’avoir ce créneau entre midi et 13h.

Je fais un jeu à la radio, qui me permet de concilier les tournages TV et l’animation radio, donc je suis hyper content d’avoir réussi à retrouver une radio et à m’amuser comme je le fais à la télé tous les jours.

SM : Justement, comment MFM est venue vous chercher ?

CF : Ça fait longtemps que le directeur des programmes, Julien Fregonara, m’avait repéré. Ça faisait deux-trois ans qu’on était en discussion, mais pour la même raison on arrivait pas à trouver de créneau.

Il se trouve qu’un créneau quotidien d’une heure est très pratique pour notamment les tournages TV, car je peux m’échapper rapidement entre midi et deux pour aller faire l’émission à la radio. Et ça ne met pas le binz (sic) dans mes tournages de télé qui sont toujours aussi nombreux car Slam est un carton et ne s’est jamais aussi bien porté !

SM : J’allais en parler, votre jeu Slam sur France 3 continue de faire des records d’audiences… Quel est votre secret pour attirer autant de téléspectateurs ?

CF : Je pense qu’il y en a deux : le concept, déjà, qui pousse à vouloir jouer peu importe notre âge car c’est un jeu de mots croisés. Quand on voit une grille à moitié vide, on a envie de la remplir !

Et le deuxième truc, c’est que je pense avoir apporté à ce jeu une dose de bonne humeur, de sourire. Une vraie couleur à cette émission, et on ne s’y attend pas forcément. Ce qui est assez remarquable avec Slam, c’est que d’année en année, l’audience ne fait qu’augmenter.

Dans un paysage audiovisuel où il y a de plus en plus de concurrence, et où il est difficile normalement de garder des téléspectateurs… Ça s’explique par le fait que des gens, qui pensaient que le jeu était réservé aux maisons de retraites, découvrent que c’est un jeu où l’on se marre, qui n’est pas intello.

Pas besoin d’avoir lu toute l’encyclopédie et d’avoir fait bac+15 pour répondre aux questions ! C’est juste un jeu où l’on passe un bon moment en apprenant des trucs.

SM : Vous êtes depuis huit ans à la tête du jeu, et finalement vous prenez toujours autant de plaisir !

CF : Oui car tous les jours c’est une nouvelle histoire à écrire ! J’ai des nouveaux candidats qu’il faut savoir mettre à l’aise, qu’il faut calmer parfois. Des candidats qui arrivent bien souvent intimidés car ce n’est pas leur univers d’être sur un plateau TV.

Ils sont maquillés, coiffés, il ont beaucoup de lumière, avec le public autour d’eux. C’est normal d’arriver stressé et je vais vous dire, ce qui fait que je ne me lasse pas, c’est ce que je préfère dans mon job : les mettre en avant en début d’émission.

C’est-à-dire leur faire parler d’eux, de découvrir leurs boulots, leurs passions, leur enfants qui nous parlent de leurs années de mariage… C’est un rendez-vous très important dans Slam et que j’ai vraiment imposé dès la première année, et je pense que ça fait partie également du succès de cette émission. Je ne me lasse pas et j’ai toujours quelque chose à écrire.

SM : Huit ans que vous êtes aussi le visage star de France 3. Vous n’avez jamais voulu changer d’écurie ? La concurrence ne vous a jamais sollicité ?

CF : Ça, il faut le demander à la concurrence ! Il est possible que j’ai eu des appels du pied, des clins d’oeil… Mais pour l’instant, ma chaîne c’est France 3, et tant que j’y serai bien j’y resterai !

SM : Et hormis le jeu, aimeriez-vous animer autre chose ?

CF : J’ai tout un tas de primes événementiels toute l’année, comme le Festival Interceltique de Lorient, qui est chaque an l’une des plus grosses audience en prime de la chaîne, j’ai le Festival de Monte-Carlo, le Festival du Cirque qui est diffusé chaque année à Noël, et on prépare deux-trois autres surprises pour cette saison.

SM : Vous êtes un grand fan de Fort Boyard, c’est ce jeu qui vous a donné envie d’être animateur. Ça vous plairait de remplacer Olivier Minne à la présentation ?

CF : Le remplacer, non car il le fait très bien, maintenant s’il veut faire autre chose un jour… J’ai commencé sur ce jeu, donc je serai un énorme menteur en vous disant que ça m’intéresserait pas !

Mais Olivier est mon ami, je ne fait pas partie de ces gens qui poussent les autres dans les escaliers. Mais si un jour il en a marre, évidemment je suis candidat et je camperai devant France 3 pour qu’on ne m’oublie pas !

SM : À 31 ans, vous cartonnez sur votre chaîne et vous avez également un bon salaire… Télé 2 semaines révélait que vous gagniez 12 000 euros mensuels avec Slam, soit 600 euros par numéros. Vous confirmez ces chiffres ?

CF : Non c’est faux, je vais vous expliquer. Je n’ai jamais accepté de répondre aux questions de salaire, ces articles ne veulent absolument rien dire. Pour une raison toute simple, et personne ne le sait ; En télévision on peut être payé en salaire comme la grande majorité des Français, ou alors en factures.

Et si par exemple le chiffre de 600 euros par épisode de Slam est avancé, les gens peuvent penser : « Ah ! Cyril Féraud gagne en deux émissions ce que je gagne en un mois ». Or personne ne sait que si on facture notre prestation, le chiffre est divisé par deux…

Donc je ne réponds pas à ce genre de question car d’une, personne ne donne jamais le vrai montant, et de deux car on ne parle pas d’argent dans ce pays. Il n’y a pas de raison pour que je donne mon salaire quand tous mes autres petits camarades, qui eux sont animateurs mais également producteurs, touchent d’énormes dividendes à la fin de l’année, sans en parler !

SM : Très bien, message entendu ! Entre Slam, Midi avec vous sur MFM et la tournée Âge Tendre, vous ne chômez pas… À quoi ressemble votre quotidien ?

CF : C’est un planning excel (rires) ! Mon planning est très rempli ! Pour vous donner une idée, là je viens de tourner sept jours d’émissions pour Slam, sur un rythme de six émissions par jour. J’ai enchaîné certaines journées avec des émissions spéciales, notamment un enregistrement pour Arthur sur TF1.

Demain je pars trois jours pour ma tournée sur Âge Tendre entre Rennes et Limoges, dimanche matin je prends le train à 6h de Limoges pour être à Monte-Carlo en début d’après-midi, afin de tournée le prime de l’année prochaine du Festival du Cirque international.

J’y passe trois autres jours et je reviens pour recommencer mes tournages. Entre temps j’ai mes émissions radio à faire soit en direct, soit en enregistré. Donc voilà, ma vie est un planning mais c’est tellement un rêve d’enfant de faire ce que je fais aujourd’hui ; je fais de la radio, ça fonctionne. Je fais de la télé, ça fonctionne.

Je découvre un autre univers en étant sur scène, dans un zénith, devant 4000 ou 5000 personnes, c’est un kiffe incroyable… Je pensais vraiment pas en acceptant la tournée, de prendre autant de plaisir. Alors oui je suis fatigué, oui j’ai l’impression d’être un papi qui se couche à 21h30…

Mais il paraît que je suis le chouchou des papis et des mamies, je me couche à la même heure qu’eux, voilà qui est assez logique !

SM : Nous sommes encore en janvier, que peut-on vous souhaiter pour 2017 ?

CF : De continuer à m’amuser, que tout fonctionne aussi bien car je sais que je suis un privilégié. On en parle pas assez mais Slam fidélise chaque jour entre 1,5M et 1,7M de spectateurs, avec des part d’audience qui sont montées jusqu’à 16%, quand la moyenne de France 3 est autour de 9,5%.

C’est une énorme performance en dehors de l’information. On est devenu le deuxième pilier derrière Plus Belle La Vie. J’en suis super fier et croyez-moi c’est un boulot quotidien. Car on change des choses tous les jours. On cherche des nouvelles typologies de questions, à améliorer l’émission.

Il n’y a rien de plus simple que de s’endormir sur ses lauriers quand on fait une quotidienne, et croyez-moi, avec mon producteur et toutes les équipes de l’émission, le show a tous les jours quelque chose de différent de la veille. Même dans la prévention !

SM : Et bien on vous souhaite toujours autant de succès pour 2017 !

CF : Et bien merci Radio VL ! Salut Saad !

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