À la uneActualitéRugbySport

Dan Carter : rideau de fin pour une éternelle légende

 Il était pour beaucoup ce que Pelé est au football : une légende vivante. Après une carrière parsemée de titres et de coups d’éclats, le rugbyman iconique Dan Carter a mis fin à sa carrière, après une dernière pige aux Blues, franchise de rugby de son pays natale. La fin d’une époque. 

Un modèle de précocité 

   Dans un communiqué sur les réseaux sociaux, le natif de Leeston a annoncé qu’il se retirait officiellement du rugby professionnel. Une décision logique, qui intervient après une fin de parcours plus discrète que le reste de sa carrière, sous le feu de projecteurs. Façonné dans la province néo-zélandaise, Daniel William Carter apparaît très rapidement comme un modèle de précocité. À peine intégré dans le monde professionnel du ballon ovale en 2002, il participe dès l’année suivante à la prestigieuse compétition du Super 12, rassemblant des équipes de l’hémisphère sud, avant de prendre part un an plus tard à la Coupe du monde 2003 en tant que centre. Un poste qui n’aura pas longtemps été le sien. Replacé à l’ouverture en 2005, il remporte le Super 12 et connaît sa première consécration : le titre de meilleur joueur du monde, décerné à l’époque par l’IRB (aujourd’hui World Rugby) et celui de joueur de l’année par l’association internationale des joueurs de rugby. Reconnu par les fédérations comme par ses pairs, encensé par les médias qui voient en lui l’héritier d’Andrew Mehrtens, ouvreur légendaire des All Blacks qu’il ne tarde pas à pousser sur le banc, Dan Carter commence à construire sa légende, qui va ensuite se poursuivre dans l’hexagone.

Avec 1598 points inscrits en carrière, Dan Carter détient le record
du plus grand nombre de points inscrits de tous les temps.

Dan Carter et la France, une histoire d’amour

   Courtisé par le monde entier, Dan Carter décide finalement de rejoindre un club français en 2008 : l’USAP Perpignan. Les catalans, au sein d’une équipe référence mais qui ne parvient pas à gagner, vont parvenir à changer le cours de l’histoire après l’arrivée de celui que l’on surnommera « The Perfect 10 ». Pourtant, blessé en janvier 2009, son aventure catalane aura tourné court : 5 matchs en tout et pour tout, dont un en coupe d’Europe. Ce qui ne l’a pas empêché de continuer à glaner les titres. Après une finale perdue en 2004, Perpignan remporte le championnat de France en 2009 dès l’arrivée de Dan Carter, qui n’aura ainsi joué qu’un modeste rôle dans le couronnement de l’USAP, qui n’avait plus soulevé le bouclier de Brennus depuis 1955 et qui ne l’a plus soulevé depuis. Revenu au pays la même année pour pouvoir jouer la Coupe du monde 2010, les All Blacks devants jouer au pays pour être sélectionnables, il devient un joueur clé des effectifs où il passe, des Southbridge aux Crusaders en passant par Canterbury. Véritable machine à marquer, il parvient à inscrire plus de 1000 points dans le championnat de l’hémisphère sud. 
Un retour au cocon natal qui n’aura duré qu’un temps. En 2014, il annonce qu’il rejoindra le club francilien du Racing Metro 92 après la Coupe du monde 2015, officialisant un retour très attendu en terres tricolores. Souvent comparé à Jonny Wilkinson, qui avait marqué l’histoire du RC Toulon de 2009 à 2014, Dan Carter aura su prouver que la comparaison était loin d’être usurpée. Sous le maillot bleu ciel et blanc, il s’imposera en Top 14 comme un joueur incontournable dans ce qui est pour de nombreux observateurs avisés le meilleur championnat du monde. Ultime consécration en club, le championnat de France remporté en 2016, épopée victorieuse où il aura joué un rôle de premier plan, comme une revanche sur le Brennus remporté 2009, au goût un peu amer. Une pige dans le club francilien qui aura aussi été marquée par deux finales perdues de Champions Cup, en 2016 et 2018, peut-être le seul grand échec d’une carrière couronnée de succès, surtout en sélection néo-zélandaise. 

Souvent comparé à Jonny Wilkinson, Dan Carter aura su prouver
que la comparaison était loin d’être usurpée.

Une légende cousue de noir 

Sous le maillot à la fougère, Dan Carter s’impose comme la référence mondiale à son poste. Alors qu’il avait pris part à la Coupe du monde 2003 à seulement 21 ans au poste de centre, il va progressivement s’imposer comme un titulaire indiscutable des « kiwis » au poste de demi d’ouverture. Mais la Coupe du monde 2007, terminée de façon précoce lors du quart de finale perdu par la Nouvelle-Zélande face au XV de France et où les performances de Carter auront fait l’objet de certaines critiques, vient ternir un tableau encore immaculé. Déjà blessé en 2007, il se blesse également lors de la Coupe du monde 2011 après deux matchs disputés, ce qui ne l’empêche pas de soulever le trophée Webb Ellis. Un graal ainsi savouré à moitié, comme le Brennus de 2009 avec l’USAP de Perpignan. Mais comme en club, Dan Carter parviendra à prendre une revanche éclatante sur les blessures. Participant à une nouvelle épopée victorieuse en Coupe du monde en 2015, il occupe cette fois-ci un rôle prédominant, inscrivant pas moins de 82 points durant la compétition, dont 19 lors de la seule finale remportée face à l’Australie. Encore une fois, le retour aura été triomphant, les blessures de la veille effacées par les coups d’éclats du lendemain, forgeants encore un peu plus le mythe d’une légende. 

L’hommage de la sélection All-Black à son ouvreur iconique.

Un héritage en lettres d’or 

   Si les titres et les statistiques parlent déjà pour Dan Carter, son héritage restera aussi celui d’un joueur complet à tous les niveaux. Excellant dans la réussite au pied, ce qui lui permettra de devenir le meilleur marqueur de tous les temps, avec 1 598 points inscrits, il n’en était pas moins un élément indispensable de l’effectif dans les phases offensives. Doté d’une agilité redoutable, il perforait les défenses avec une insolente facilité, sur le même modèle qu’un certain Antoine Dupont, demi de mêlée français et considéré aujourd’hui, comme Dan Carter à l’époque, comme le meilleur joueur à son poste. Buteur, créateur et finisseur, celui qui a fini sa carrière au Japon puis chez les Blues de Nouvelle-Zélande aura participé à révolutionner le poste de demi d’ouverture, renforçant son implication dans le collectif. Sans compter l’élégance dans son jeu, renforçant une fois de plus la comparaison avec son illustre homologue anglais Jonny Wilkinson. Plus que des titres et des records, l’héritage que Dan Carter laisse au monde de l’ovalie est celui du souvenir d’un joueur pétri de talent et d’une grande générosité. Si le panthéon du rugby possédait un mémorial, nul doute que le nom de Dan Carter y serait inscrit en lettres d’or. 

   Avec deux coupes du monde à son actif, plusieurs championnats de premier plan, la détention du record du plus grand nombre de points inscrits de tous les temps, Dan Carter a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du rugby, appartenant à cette catégorie de joueurs qui ne rentre dans aucune catégorie. Imprévisible, inimitable, iconique, Dan Carter aura fait rêver petits et grands. Sa retraite remplit de nostalgie le monde du rugby qui lui doit tant. En espérant que ce sport puisse connaître à nouveau, un jour, un joueur de sa trempe. 

About author

Journaliste à VL Média, Bordeaux
Related posts
Sport

[INTERVIEW] Cody Rhodes, le prince du catch américain

À la uneSéries Tv

Les Simpson renouvelés pour une saison 33 et 34

Sport

Quel est l’intérêt du café pour un sportif ?

À la uneFranceMédias

Des journalistes BFMTV et leurs consultants santé verbalisés dans un restaurant clandestin

Retrouvez VL. sur les réseaux sociaux