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“Echec et Mat” | Sériefonia #22

Pour ce nouvel épisode, Seriefonia dispute une partie d’échec redoutable avec ses auditeurs. Qui saura nous mettre “mat” ? Réponse à la fin de ce numéro … ou pas.

[Extrait Sonore « Columbo, Saison 2 / Episode 7 : The Most Dangerous Match, 1973 »]

[« SérieFonia : Season III : Opening Credits » – Jerôme Marie]

[« The Queen’s Gambit – Main Title » – Carlos Rafael Rivera]

Mieux vaut tard que jamais : j’ai enfin visionné (et donc écouté) Le jeu de la dame sur Netflix. Et plutôt que de provoquer en moi une irrépressible envie de me mettre aux échecs comme Columbo voulez le faire dans « The Most Dangerous Game » – septième épisode de la saison 2 en 1973 -, j’ai préféré m’en tenir à mon modeste petit SérieFonia de la semaine. Car de la musique, il y en a beaucoup dans Le jeu de la dame… Presque omniprésente, elle oscille entre narration, introspection et, de temps à autre, mise sous tension bien naturelle dès qu’on parle d’échecs. Dans l’ensemble, elle assez minimaliste et laisse la part belle au piano…  

[« The Queen’s Gambit – Beth Alone » – Carlos Rafael Rivera]

Cette bande originale, on la doit à Carlos Rafael Rivera. Celui-là même qui avait précédemment composé la musique de la mini-série Godless, avec Michelle Dockery (l’inoubliable Lady Mary de Downton Abbey), et Godless, mini-série sur fond de western vengeur, c’était déjà pour Netflix en 2017… 

[« Godless – Main Title » – Carlos Rafael Rivera]

Ainsi que Balade entre les tombes (avec Liam Neeson en 2014)…

[« A Walk Among the Tombstones – Main Title » – Carlos Rafael Rivera]

Et… C’est à peu près tout. En dehors de quelques premiers projets plus ou moins tombés dans l’oubli, on peut dire qu’après des années plutôt tournées vers la musique classique et contemporaine, sa carrière filmo-discographique reste à écrire. Gageons que le succès international et plus que mérité du Jeu de la dame ne va pas manquer de le propulser au rang des compositeurs ultra-convoités… En attendant de voir où tout ça le mènera, revisitons plutôt quelques-unes des plus mémorables parties d’échecs s’étant déroulées sur les écrans… Parfois en étant totalement au cœur de l’intrigue… Ou parfois moins, à l’image de la scène d’ouverture de Bons baisers de Russie, deuxième opus de la saga 007, qui voyait le champion du monde en titre des échecs remporter un match avant de se rendre directement à un rendez-vous secret avec les membres de SPECTRE… en écoutant du John Barry, bien évidemment.

[« From Russia with Love – Opening Titles » – John Barry]

En 1984 sortait La diagonale du fou de Richard Dembo, avec Michel Piccoli. Lors d’un championnat organisé en Suisse, deux grands joueurs Lituaniens que tout oppose (l’un étant réfugié en Occident et l’autre soutenant le régime soviétique) se retrouvait face à face dans une redoutable partie aux enjeux finalement beaucoup plus politiques que sportifs, et mise en musique par Garbiel Yared… 

[« La diagonale du fou – Parties d’échecs » – Gabriel Yared]

Cette thématique autour des échecs me permet de replacer un p’tit coup de John Williams. Car… qui a oublié le sacrifice de Ron, en cavalier émérite dans la partie qu’il livre sur l’échiquier grandeur nature qui les sépare (Harry, Hermione et lui) de la pierre philosophale dans Harry Potter à l’école des sorciers en 2001 ?!

[« Harry Potter and the Sorcerer’s Stone – The Chess Game » – John Williams]

Dans un tout autre registre, Christophe Lambert incarnait un champion d’échecs accusé à tort d’être un tueur en série dans le toujours aussi efficace thriller : Face à face. Sorti en 1992, il est l’un des premiers gros films de la compositrice Anne Dudley (Miss Poldark et American History X), que j’aime beaucoup et qui avait enchainé direct avec le Crying Game de Neil Jordan… D’ailleurs, c’était peut-être bien elle la « Dame du jeu » après tout ?…

[« Knight Moves – The Tarakoss Opening » – Anne Dudley]

Incontournable : A la recherche de Bobby Fischer, de Steven Zaillian en 1993. Et ce pour deux raisons. La première : Bobby Fischer est un personnage bien réel… Joueur professionnel américain : c’est lui qui, le premier, remporta le championnat du Monde face à la Russie en 1972, soit en pleine guerre froide et après un règne soviétique inébranlé depuis 1948 ! Mais attention : le film ne se focalise absolument pas sur lui ! Et non… c’est en fait le parcours du jeune Joshua Waitzkin qu’il propose de suivre. Joueur prodige « à la » Bobby Fischer, et tout aussi réel que lui, il fut champion des Etats-Unis à seulement 14 ans ; au prix d’un apprentissage et d’une discipline pour le moins drastiques… Quant à la seconde raison, elle s’appelle James Horner…

[« Searching for Bobby Fischer – Final Tournament (Film Version) » – James Horner]

Mais si c’est Bobby Fischer lui-même qui vous intéresse et non son successeur, vous pouvez vous tourner vers le long-métrage d’Edward Ewick, Le prodige, sorti en 2015 avec Tobey Maguire en champion névrosé et persuadé d’être la cible du KGB… A la musique, en revanche, pas de Horner mais du James Newton-Howard quand même…

[« Pawn Sacrifice – Forfeit » – James Newton-Howard]

J’aurais pu encore vous parler du talent de l’intelligence artificielle HAL pour les échecs dans 2001, l’odyssée de l’espace… ou encore de l’allégorie qu’en fait Roy, le répliquant de Blade Runner interprété par Rutger Hauer en 1982, lorsqu’il découvre le plateau de jeu installé chez le généticien J.F. Sebastien… Mais s’il y a bien une partie d’échecs qui m’aura marqué à vie, c’est celle que se livrent le chevalier Antonius Block et… la Mort elle-même… dans Le septième sceau d’Ingmar Bergman en 1957.

[« The Seventh Seal – Dies Irae, Dies Illa » – Erik Nordgren]

Récit métaphysique en noir et blanc, de toute beauté et mis en musique par Erik Nordgren, Le septième sceau pose les plus grandes questions existentielles en déplaçant progressivement les pions d’un damier humain évoluant, « case après case » et en pleine épidémie de peste, vers la quête du savoir universel… Porté par un magistral Max Von Sydow en sursis ; de même que par le tout aussi envoutant Bengt Ekerot en imperturbable faucheuse se jouant des règles selon sa propre couleur. Mais comme je ne voulais pas forcément plomber l’ambiance avant de vous laisser « échec et mat », c’est sur un nouvel extrait du Jeu de la dame que je vais vous quitter. Fort et symbolique, il parlera sans doute aux amateurs de la mini-série devenue, depuis, un maxi-phénomène… puisqu’il s’agit du morceau « The Green Pills », les pilules vertes. Pour le coup, à consommer sans modération ! Allez, je vous dit à la s’maine prochaine… Parce qu’il y a des drôles de trucs qui commencent à bouger tout seuls sur mon plafond… 

[« The Queen’s Gambit – The Green Pills » – Carlos Rafael Rivera]

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Journaliste spécialiste des musiques de films et de séries sur VL
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