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Édito – Succès de EELV chez les jeunes, la victoire du libéralisme vert ?

Ce dimanche 26 mai, EELV a créé la surprise en affichant un score de 13,5% les plaçant à la troisième position des élections européennes en France. Les Verts s’affichent également en vote des jeunes en ayant été choisi par 25% des 18-24 ans. Tout cela, sur une ligne politique “ni de droite ni de gauche”.

Dimanche, on a voté “écolo“, et surtout au sein de la jeunesse. Résultat finalement pas si étonnant vu les mobilisations successives pour le climat rassemblant bon nombre d’étudiants et de lycéens. Prenons du recul, penchons-nous sur des critères économiques. Le parti Europe Écologie Les Verts a choisi une ligne “libéralo-compatible” et “attrape-tout” pendant la campagne. Il y a t-il donc en France, et notamment chez les jeunes, l’admission d’une compatibilité entre l’écologie et le libéralisme économique  ? 


EELV, ce parti européiste.

Vivier de nouveaux représentants LREM (Canfin, Durand, de Rugy…), EELV ne s’est historiquement jamais affirmé en critique radicale de notre système économique. Au cours de ces Européennes, la tête de liste Yannick Jadot répondait même « ni de droite ni de gauche » à la question de la tendance du parti écolo. Et dans le même temps, ce dernier se voulait favorable à “l’économie de marché, la libre entreprise et l’innovation”. Également, Yannick Jadot confia à Le Point ne pas exclure les alliances avec les libéraux d’ALDE. Une position adoubant alors la logique politique d’une compatibilité de la concurrence libre et non faussée avec l’écologie. 

Malgré cela, le programme du parti d’EELV n’est pas dépourvu de mesures sociales. On y retrouve même des points de convergence avec la gauche radicale. La suppression de traités de libre-échange comme le CETA d’abord, mais également une régulation plus poussée dans la financiarisation de notre économie capitaliste. Cependant, toutes ces mesures de bons sentiments s’appliqueraient dans un cadre européiste. Un européisme ne remettant pas fondamentalement en cause les traités européens actuels, mais seulement instaurer comme loi fondamentale au sein de l’Union Européenne un « traité environnemental » dans le but d’une protection de l’environnement et d’une lutte contre le changement climatique. À ce propos David Cormand, secrétaire national d’EELV s’exprime : “Ce que l’on doit placer en haut, c’est la protection du vivant, de la nature. On peut faire bouger les choses avec les traités actuels, mais il nous faut un outil juridique contraignant. Cet objectif va structurer notre combat dans les années à venir.

Pour approfondir : Jadot dans les « petits pas » des libéraux pour ces Européennes ?

Pour une “libéralo-compatibilité” plutôt qu’une refonte radicale.

Ce choix EELV fut donc le choix d’un parti européiste. D’une régulation du système capitaliste plutôt que de sa refonte radicale. De la croyance à une possibilité de modération de la politique libérale que mène l’UE, à travers ses traités. Cette politique libérale que l’on peut démontrée, entre autre, par le choix d’un renforcement du droit européen de la concurrence (et donc de la libre entreprise) dans les années 90 qui s’impose aujourd’hui à l’ensemble des pays de l’UE.

Un choix d’écologie libéralo-compatible donc. Politique qui n’est pas sans rappeler d’ailleurs celle de Nicolas Hulot au début du mandat Macron. Il s’était cependant buté à un mur, l’impossibilité d’une véritable transition écologique dans le cadre d’une politique d’économie libérale, l’impossibilité de sauver le climat avec une politique des « petits pas ». Parce que oui, le surproduction en lien avec la libre entreprise est une des responsable d’une humanité au bord du gouffre. Parce que oui, étonnamment, interdire les pailles et les touillettes ne suffirait pas pour se sauver de la Grande Catastrophe. Un changement radical et structurel de notre système économique s’imposerait donc.

Une réflexion indispensable pour les futures générations.

C’est en cela que les jeunes générations, très concernées par l’écologie au vu de leurs mobilisations sur les réseaux sociaux et au sein de la Marche pour le Climat, feraient bien de mettre en lien les questions climatiques aux questions économiques. Sans quoi, les politiques écologistes n’auront qu’un caractère superficiel. Notre climat est en attente d’un changement radical dans notre façon de consommer, de produire et de vivre. Pas de mesurettes mis en place par nos représentants libéraux, étudier pour ne jamais ébranler le système économique en place. 

Pour l’heure, La République En Marche tend déjà la main à Europe Écologie Les Verts afin de s’unir au Parlement européen et aux municipales. À voir si le parti écologiste et sa tête de liste vont céder un peu plus à ce conformisme libéral.

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Responsable du pôle Bordelais à VL. Étudiant en droit. 🐦 @Lucas_delC
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