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Esclaves sexuelles : la justice sud-coréenne s’attaque à Tokyo

La justice sud-coréenne a condamné le Japon à dédommager douze ex-esclaves sexuelles de la Seconde Guerre mondiale.

Première victoire pour celles qui étaient appelées “femmes de réconfort” durant la Seconde Guerre mondiale, et qui étaient en réalité des esclaves sexuelles des militaires japonais. La justice sud-coréenne a condamné le 8 janvier le Japon à dédommager douze femmes concernées. C’est le tribunal du district central de Séoul qui a décidé que le gouvernement japonais devrait payer à chacune des victimes — ou à leurs familles — 100 millions de won (74 000 euros).

Le tribunal attribue dans son jugement la responsabilité au système de “femmes de réconfort” au Japon impérial. “Les plaignantes (…) furent soumises à une exploitation sexuelle prolongée. Cela relevait d’un acte illégal contre l’humanité et le défendeur a l’obligation de compenser les victimes pour le préjudice mental.” affirme-t-il.

Une décision sans précédent puisqu’il s’agit du premier dossier civil présenté à la justice en Corée du Sud contre Tokyo. La capitale japonaise a fermement condamné la décision de son voisin. Tokyo conteste la légalité de ces poursuites et estime que ces différents ont été réglés par le traité nippo-sud-coréen de 1965 qui avait permis la normalisation des relations diplomatiques bilatérales et qui impliquait le versement de réparations. Ce traité stipulait d’ailleurs que toutes les réclamations entre les Etats et leurs ressortissants se trouvaient “réglées complètement et définitivement”.
Selon le tribunal de Séoul, cet accord ne portait pas sur le droit des femmes à réclamer des dédommagements au Japon.

Extrait de Libération / avril 2018

En apparence le Japon et la Corée du Sud sont deux alliés que tout rassemble. Leurs relations avec les Etats-Unis dans une région dominée par la Chine, tous deux ennemis de la Corée du Nord qui les menace de sa puissance nucléaire. Mais la période où la Corée était une péninsule japonaise (1910-1945) revient sans cesse brouiller les relations diplomatiques. Depuis l’élection du président sud-coréen Moon Jae-in, avocat de centre-gauche engagé dans les dossiers des droits de l’Homme, ces relations ne s’arrangent pas.

Selon les historiens, près de 200 000 femmes ont été réduites en esclavage durant la Seconde Guerre mondiale et forcées de se prostituer dans les bordels militaires japonais. Elles étaient principalement originaires de Corée mais également d’autres pays asiatiques comme la Chine.
Il y a huit ans, douze plaignantes ont intenté des poursuites envers le Japon, cinq sont encore en vie pour voir le jugement. Les autres sont représentées par leurs familles.

L’un des avocats des victimes a déclaré aux journalistes être “profondément émue par la décision rendue aujourd’hui. C’est le premier verdict du genre pour les victimes qui ont souffert à cause des troupes japonaises”.
Kim Dae-wol, de la Maison du partage, une organisation de soutien aux victimes, affirme que ce qui motive ces dernières, ce ne sont pas les dédommagements : “Ce qu’elles veulent, c’est que le gouvernement japonais informe ses citoyens des atrocités qu’il a commises”. Car à l’époque, la question tragique des “femmes de réconfort” ne faisait l’objet d’aucune discussion de la part des autorités.

A lire aussi : Nouvelle garde à vue de Patrick Balkany pour détournement

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