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Interview : Christelle Meslé-Génin : “Jobirl donne du réseau aux jeunes qui n’ont pas de réseau”

Vous ne savez pas où aller après le lycée? Jobirl peut vous aider! C’est le premier réseau d’orientation à connecter les jeunes avec des professionnels. Créée en 2013, cette plateforme propose des solutions gratuites pour aider les 14-25 ans à trouver leurs voies. Christelle Meslé-Génin est la fondatrice de Jobirl. Pour VL, elle explique les possibilités qu’offre son association aux jeunes.

Comment avez-vous eu l’idée de créer Jobirl?

À 18 ans, j’ai moi-même manqué de réseau. J’ai grandi en banlieue parisienne. J’ai fait de bonnes études mais je n’avais pas de réseau. Depuis toujours, je rêvais d’être dans le milieu associatif et d’aider les autres de manière générale. Au début de ma carrière, je me suis occupée de sans-abris et de jeunes de banlieue. Je m’occupais également de chômeurs de longue durée et de fil en aiguille, j’ai eu l’idée de créer Jobirl en me disant : je vais donner du réseau aux jeunes pour qu’ils puissent s’orienter au mieux en comprenant les métiers, l’entreprise et pour avoir une orientation éclairée. Les jeunes ne doivent pas se dire “Je vais faire ça on verra bien”. “Est-ce que ça me plait? Ai-je des chances de réussir? Est-ce que je vais trouver du boulot derrière?” Ce sont les vraies questions qu’ils doivent se poser.

Comment Jobirl aide-t-il les jeunes dans leur orientation professionnelle?

Jobirl est un réseau social qui connecte les jeunes en direct et gratuitement avec des professionnels pour qu’ils puissent leur poser des questions sur les métiers, sur l’avenir, ou sur les débouchés des formations. Actuellement, nous sommes plus de 70 000 membres sur l’ensemble de la France. Parmi eux, il y a 6 000 professionnels issus de tous les secteurs d’activités.

Concrètement, si un jeune hésite entre devenir architecte ou avocat, nous allons l’inviter à échanger avec des avocats et des architectes sur la plateforme pour voir quel métier lui plait le plus. Il pourra leur demander : Pourquoi aiment-ils ce métier ? Quels sont les contraintes ? Combien gagnent-ils ? Quelle vie privée ont-ils en exerçant ce métier ? Les jeunes se posent beaucoup de questions et l’avis d’un professionnel est plus objectif qu’une simple fiche métier. Jobirl participe à améliorer l’orientation des jeunes et leur employabilité. Lorsqu’ils savent vers quel domaine se tourner, les jeunes peuvent ensuite poser des questions à des étudiants pour choisir leur formation.

Quelles actions mène Jobirl durant la scolarité des jeunes?

Nous proposons des programmes sur le terrain. Nous organisons plusieurs forums métiers avec des élèves dans leurs établissements ainsi que plusieurs ateliers, tous adaptés en fonction de l’âge des élèves. En quatrième, on opte par exemple pour la découverte des métiers et du monde de l’entreprise. En troisième, on est exclusivement centré sur le stage de troisième. Dès la seconde, nous travaillons avec les jeunes sur la notion de réseau, sur la diversité des métiers. On leur apprend également comment interviewer des professionnels et nous réorganisons des forums métiers. En classe de première, nous leur présentons les différentes formations et leurs aprioris. Enfin, en terminale, nous aidons les futurs bacheliers à finaliser leurs choix sur ParcourSup.

Le 11 mars sera le dernier jour pour formuler les voeux sur ParcourSup. Que propose Jobirl pour aider les jeunes sur cette plateforme?

Cette année, Jobirl est intégré à la plateforme ParcourSup. Nous avons alors créé une communauté d’entraide où des étudiants, qui ont vécu ParcourSup l’année dernière, aident et partagent leur expérience avec les élèves de terminale. Des professionnels se sont également engagés à relire les lettres des jeunes de projet de formation motivé. Ils seront donc bien accompagnés pour remplir leurs vœux!

Que proposez-vous pour les étudiants qui recherchent un stage?

Jobirl est l’un des opérateurs du gouvernement pour le stage de troisième. Emmanuel Macron avait annoncé 30 000 stages de qualité. Nous en proposons ainsi 5 000 chaque année. Nous avons alors une bourse de stage sur notre site et nous donnons également les codes de l’entreprises aux jeunes avant leur stage pour une meilleure intégration. Jobirl propose aussi d’autres stages étudiants et même des alternances.

Qu’entendez-vous par “métier d’avenir” ?

Notre volonté, avec Jobirl, c’est que les jeunes découvrent les métiers d’avenir. Aujourd’hui, les métiers évoluent rapidement. Les jeunes devront s’adapter. Avec l’intelligence artificielle, certains emplois risquent malheureusement de disparaitre. Les jeunes doivent en avoir conscience. Alors, nous les sensibilisons et les préparons au mieux pour rentrer sur le marché du travail avec les réalités actuelles.

Avec la situation actuelle, les étudiants ont encore plus de mal à se projeter et à s’orienter. Que diriez-vous à ces jeunes en difficulté ?

Il faut qu’ils restent optimiste ! En France, on aime bien démoraliser et se plaindre (rires). Les jeunes construiront les solutions dans les 20 prochaines années. Ils seront face aux contraintes écologiques et aux nouvelles technologies. Il y aura donc tellement de choses à inventer et à créer pour la bonne continuité de notre monde. Il y aura plein d’opportunités. Pour les jeunes motivés, avec de bonnes idées, il y aura des boulevards devant eux ! J’en suis convaincue !

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