L’adolescente de 18 ans a été arrêtée par la cyberpolice iranienne, pour avoir exprimé ses talents de danse sur le célèbre réseau social.

Maedeh Hojabri, une gymnaste de 18 ans, est devenue une star d’Instagram, l’un des derniers réseaux sociaux non censurés en Iran. Avec 600 000 abonnés sur sa page, ses vidéos, où on l’aperçoit danser devant son lit sur des musiques occidentales, Rihanna en tête, sont chaque fois visionnées par plusieurs milliers d’internautes, aussi bien en Iran qu’à l’étranger, où vit une importante diaspora.

Comme nombre de jeunes iraniens, dont 24 millions disposent d’un compte Instagram, Maedeh Mahi s’y affiche sans hijab. Mais celle-ci va encore plus loin en dévoilant son nombril et son déhanchement oriental, attirant l’appétence de nombreux fans. Rare espace de liberté sur lequel se ruent les Iraniens, Instagram était jusqu’ici relativement épargné par les autorités. En pleine rue, le foulard islamique est obligatoire dans l’espace public, et la danse interdite. Les prestations de Maedeh Mahi lui vaudraient donc une arrestation et elle s’exposerait à une amende, une peine de prison, ou même des coups de fouet.

Mais deux jours après son arrestation, le dimanche 8 juillet, la chaîne de télévision du gouvernement iranien a diffusé une interview de la jeune fille. Apparaissant le visage flouté, on la voit pleurer, tout en s’excusant. « Je ne l’ai pas fait pour attirer l’attention. Je n’avais aucune intention d’encourager les autres à faire la même chose. Je ne fais partie d’aucune équipe, je n’ai reçu aucun entrainement », assure-t-elle. Son compte Instagram a quant à lui été fermé, et trois autres instagrameurs ont également été interpellés pour « leurs actes immoraux ».

Une pluie de réactions

Selon les informations de la station iranienne privée Radio Farda, relayées par Courrier International, Maedeh Hojabri aurait ensuite été libérée sous caution.

Depuis, les internautes n’ont cessé de poster des messages ou des vidéos d’eux sur les réseaux sociaux en train de danser, en signe de soutien. Mais aussi de nombreuses associations, militants politiques ou journalistes, comme l’a fait dans un tweet la reporter iranienne basée à Washington, Negar Mortazavi.