L’ex-ministre comparaît mercredi pour violences volontaires sous l’emprise de l’ivresse, outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique et injure publique à caractère racial.

La nuit du 4 au 5 avril fut tumultueuse. L’ancien secrétaire d’État et ex-sénateur Jean-Vincent Placé a en effet enchaîné les verres au restaurant, en compagnie de plusieurs convives engagés en politique, dont le sénateur de la Haute-Savoie Loïc Hervé. Puis, les deux hommes se dirigent vers le bar la Piscine, dans le 6ème arrondissement de la capitale.

C’est à ce moment que la soirée dérape. Après avoir essuyé le refus de jeunes femmes qu’il a invité à danser, celui-ci insiste en leur proposant un verre, en saisissant le bras de l’une d’entre elles. « Sale pute » aurait-il alors lancé, après un nouveau refus. Le portier du bar intervient pour demander au quinquagénaire de quitter les lieux, et la situation s’envenime. Jean-Vincent Placé invective le videur: «On n’est pas au Maghreb ici», «On n’est pas à Ouagadougou, Ryanair fait des promotions», «le prix de ma chemise, cela fait un RSA complet pour ta famille». Le portier le gifle en retour, brisant ses lunettes de vue.

Expulsé du bar, Jean-Vincent Placé se retrouve dehors avec le videur, qui expose la situation à une brigade anticriminalité qui patrouillait dans le secteur. Les insultes continuent, cette fois envers les policiers: «Espèce de tocards», «Ils arrivent quand ces connards». Interpellé à 2h15, l’ancien sénateur est placé en garde à vue avec deux grammes d’alcool par litre de sang. Il n’en sortira que le 6 avril à 12h30, soit plus de 34 heures plus tard.

Un comportement honteux

Dix jours après les faits, l’ancien ministre a fait amende honorable, en accordant un unique entretien à Paris Match. « Je mesure bien la honte et l’indignité d’avoir été en état d’ébriété, d’avoir eu un comportement déplacé et inconvenant » peut-on ainsi lire. En attendant son procès, Jean-Vincent Placé est suivi par un addictologue et un psychologue depuis plusieurs mois, pour en finir avec son alcoolisme. «J’assume le mot» ajoute-t-il.

Jean-Vincent Placé, qui risque jusqu’à quatre ans et demi de prison à l’issue du procès mercredi, a quitté la vie politique et conseille désormais des entreprises françaises qui souhaitent s’installer en Corée du Sud.