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La Turquie prive Twitter et Pinterest de leurs publicités

La Turquie a interdit le 19 janvier Twitter et Pinterest de revenus publicitaires dans son pays. Une mesure punitive pour faire passer une nouvelle loi.

Les réseaux Twitter et Pinterest ne peuvent désormais plus publier de publicités sur leurs plateformes en Turquie. Une mesure punitive qui vise à contraindre les réseaux sociaux à nommer un représentant local et obéir aux demandes de retrait de contenus des tribunaux. Le réseau Périscope est aussi visé par cette mesure.

Cette nouvelle interdiction“sera minutieusement supervisée par nos institutions (…) Des contraventions seront dressées contre les entreprises qui leur versent des revenus publicitaires”, a prévenu — sur son compte Twitter justement — le vice-ministre turc des Transport et des Infrastructures, Omer Fatih Sayan. Il a défendu cette loi en affirmant qu’elle visait à lutter contre “le fascisme numérique. Le harcèlement, la diffamation et les violations des droits ne sont pas des libertés, mais des délits”.

Cette sanction est directement liée à une loi entrée en vigueur en octobre. Elle oblige les principaux réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Instagram…) à nommer un représentant en Turquie et obéir aux tribunaux qui demanderaient le retrait de certains contenus sous 48 heures. Cette dernière fait aujourd’hui l’objet de critiques. Pour ses détracteurs, cette loi ouvre la porte à la censure.

Facebook de son côté a cédé, le 18 janvier, en annonçant qu’il nommerait un représentant en Turquie, tout en réaffirmant son attachement à la liberté d’expression. YouTube et TikTok ont fait de même. L’ONG Amnesty International a estimé le même jour que les réseaux sociaux risquaient de “devenir les instruments d’une censure d’Etat”. De nombreux procès pour “insulte au chef de l’Etat” ou “propagande terroriste” ont déjà été intentés sur la base de simples tweets, permis notamment par l’étroite surveillance du gouvernement.

“Nous appelons les réseaux sociaux à ne pas participer à la censure en ligne en Turquie et à se garder de transmettre les données privées de leurs utilisateurs qui pourraient les exposer à des arrestations et poursuites arbitraires”, a déclaré Sarah Clarke, de l’association de défense de la liberté d’expression Article 19.

En 2019, la Turquie a bloqué l’accès à 408.000 sites, 40.000 tweets, 10.000 vidéos YouTube et 6.200 partages sur Facebook, selon un rapport de l’Association de la liberté d’expression. Le pays pourrait en dernier recours réduire la bande passante graduellement, ce qui rendrait de fait les réseaux sociaux récalcitrants inaccessibles.

A lire aussi : Mein Kampf : Une version annotée publiée en Pologne

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