L’association de consommateurs dénonce les dysfonctionnements des mutuelles dans une étude parue mardi 12 juin, réclamant plus de transparence dans les frais de gestion.

Les cotisations aux complémentaires santé ont « explosé » ces dix dernières années, a dénoncé mardi l’UFC-Que choisir, pointant notamment une « dérive des frais de gestion » et le manque de « lisibilité des offres », ce qui empêcherait les consommateurs de comprendre le montant qui reste à leur charge. Depuis 2006, ces cotisations ont en effet connu une inflation de 47%, si bien qu’elles sont passées de « 468 euros par personne et par an en moyenne en 2006 à 688 euros en 2017 ». Toujours en 2017, les complémentaires disposaient de 40,5 milliards d’euros de cotisations.

Des frais de gestion exorbitants

Pourtant, les hausses de la fiscalité ne justifient « que moins du tiers de la progression », a assuré l’UFC, soulignant le rôle majeur des frais de gestion dans cette inflation. Ceux-ci ont en effet représenté « 7,2 milliards d’euros » de dépenses en 2016, dont 2,8 milliards en frais d’acquisition de clients (publicité, communication), et ont augmenté de 30% depuis 2010, soit « deux fois plus que celle des prestations remboursées aux assurés » (+15%). Ils s’élèvent pour les contrats individuels à 21,5% de la cotisation, les taux pouvant grimper à 42% pour certains contrats, selon des calculs basés sur l’analyse de documents commerciaux et de 207 avis d’échéance.

En revanche, le taux de redistribution, c’est-à-dire la part des cotisations revenant aux assurés sous forme de prestations, « s’effondre », a regretté l’UFC, estimant que « seulement 66% des cotisations en moyenne », et moins de 50% pour certains contrats, reviennent aux assurés individuels », contre 76% pour les contrats collectifs.