Le géant américain est accusé par la Commission européenne d’avoir entravé la concurrence avec son système d’exploitation mobile Android.

C’est une sanction dispendieuse. Google va en effet devoir s’acquitter d’une somme de 4,3 milliards d’euros pour abus de position dominante. Trois ans plus tôt, c’est la « tax lady » Margrethe Vestager qui accusait Google de violation de la loi antitrust européenne. Cette décision de la Commission européenne conclut donc les allégations portées à l’encontre de son système d’exploitation pour smartphones, Android.

Concrètement, l’entreprise américaine est accusée de profiter du système pour asseoir la suprématie de ses propres applications. La Commission vise avant tout Google search, le moteur de recherche en ligne de Google, dont la pré-installation était rendue obligatoire pour les fabricants de smartphones, ainsi que le paramétrage comme service de recherche par défaut sur la grande majorité des appareils sous Android vendus en Europe. La Commission accusait également Google d’avoir empêché les fabricants de vendre des smartphones fonctionnant sous des systèmes d’exploitation concurrents, et enfin d’avoir accordé des incitations financières aux fabricants et aux opérateurs de réseaux mobiles à la condition qu’ils préinstallent en exclusivité Google Search sur leurs appareils.

« Google utilise Android comme un véhicule pour consolider la position dominante de son moteur de recherche. Ces pratiques ont privé ses concurrents de la possibilité d’innover et de lui livrer concurrence par leurs mérites. Elles ont privé les consommateurs européens des avantages d’une concurrence effective sur le marché important des appareils mobiles. Cette pratique est illégale au regard des règles de l’UE en matière de pratiques anticoncurrentielles. » a ainsi déclaré Margrethe Vestager.

Lancé en 2007, Android équipe désormais 80 % des smartphones dans le monde et assure à Google une diffusion inédite de l’ensemble de ses autres services. En tout, 2,2 milliards de smartphones tournent aujourd’hui sur Android.

Une décision contestée

Le géant américain dispose alors de 90 jours pour mettre fin à ses pratiques illégales, sous peine de se voir infliger des astreintes allant jusqu’à 5% du chiffre d’affaires journalier moyen mondial de sa maison-mère, Alphabet.

Mais celui-ci ne compte pas se laisser faire, et a immédiatement annoncé dans un communiqué son intention de faire appel de cette décision : « Android a créé davantage de choix pour tout le monde, pas moins. Un écosystème vivant, des innovations incessantes, et des prix plus faibles qui sont des marqueurs classiques d’une concurrence robuste », a répliqué Al Verney, porte-parole de Google.

Par le passé, l’entreprise avait déjà été condamnée à une amende de 2,4 milliards d’euros-le précédent record- pour avoir favorisé son comparateur commercial, Google Shopping, aux dépens d’autres sur son moteur de recherche.