La République en marche en opération médiation dans le Rhône. Contestée en interne pour sa gouvernance « autoritaire », la référente Caroline Collomb est priée de « rentrer dans le rang ». Le tout, sur fond de guerre de succession depuis le retour à Lyon de son mari Gérard.

Gérard et Caroline Collomb seraient-ils devenus trop embarrassants pour le parti présidentiel ? A quelques mois des élections européennes, « La République En Marche du Rhône » est sous tension. Une fronde (encore minoritaire) se développe contre Caroline Collomb. La référente départementale – depuis octobre 2017 – et épouse du maire de Lyon est accusée par des adhérents et des parlementaires d’avoir « une gouvernance sans partage ».

Une situation qui embarrasse tout le monde

Le député Thomas Rudigoz, qui a obtenu son investiture aux législatives grâce à Caroline Collomb, est catégorique : « elle tient le mouvement de façon autoritaire car elle a peur de perdre la main », affirme celui qui semble avoir pris la tête de la fronde anti-Collomb. De son côté, le député Jean-Louis Touraine (LaREM également) estime, plus prudemment, que « la situation embarrasse tout le monde ». Pour preuve, une réunion de mécontents prévue aujourd’hui est annulée car « les conditions de sérénité » n’étaient pas assurées nous dit-on.

Accusée de « refuser les comités politiques » (qui décident de la stratégie pour les municipales) et d’avoir créé des « comités locaux » à sa main, Caroline Collomb se défend. « Je travaille en lien direct avec les animateurs des comités et nos parlementaires que je rencontre régulièrement pour qu’ils puissent s’investir dans la vie du mouvement » écrit-elle à l’AFP. Après avoir mis un an à réunir une première fois les députés, elle les a revus le 14 janvier.

Des tensions pour des ambitions électorales fratricides

En réalité, ce sont des ambitions fratricides qui se dessinent. Si Gérard Collomb a repris son fauteuil de maire après sa démission rocambolesque, il n’a pas reçu l’accueil qu’il espérait dans « sa » ville. David Kimelfeld, son ancien lieutenant est lui bien accroché à la présidence de la Métropole de Lyon, siège du véritable pouvoir lyonnais dont il briguera la présidence en 2020. Peu à peu, deux clans se forment et menacent de déchirer le parti présidentiel.

Des tensions lancées par Gérard Collomb lui-même. A peine rentrée de la Place Beauvau, il annonce sa volonté de briguer un quatrième mandat sous une bannière de rassemblement et non avec l’étiquette LaREM. Avant que ne court le bruit selon lequel sa femme figurerait « bien placée » sur sa liste. Le lancement de deux micro-partis, l’un pour Gérard Collomb, l’autre pour David Kimelfeld, renforcent le climat électrique entre les marcheurs, heurtés à la base.

L’éviction de Caroline Collomb écartée par LaREM

Le nouveau patron de « La République En Marche ! » Stanislas Guérini doit mener une « opération médiation » dans la capitale du macronisme. Aperçue il y a 10 jours à Paris pour un séminaire de référents locaux, l’éviction de Caroline Collomb est écartée par le siège. Sa venue à Paris, la première depuis sa nomination en octobre 2017, est interprétée comme le signe que l’épouse du premier des marcheurs compte désormais se plier aux règles.

Face à la fronde et aux lettres ouvertes des adhérents locaux, la direction du parti dit avoir obtenu « l’assurance que des comités politiques se tiendraient ». Stanislas Guérini aurait également assuré aux 11 parlementaires LaREM du Rhône que Caroline Collomb ne « nourrira aucune ambition » pour les élections locales de 2020. « Il y a de la place pour deux », souffle un fin connaisseur de la vie politique lyonnaise. Réponse défintive dans quelques mois.

 

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