Prestataires et artistes non rémunérés, coupures de courant, absence de transports et falsification de virements, le festival, qui s’avérait prometteur, a viré au fiasco, mettant sur le carreau les festivaliers.

Un petit coin de paradis à l’écart de la pollution ambiante qui émane de Paris. Une programmation dense, qui fait la part belle à des artistes avant-gardistes de la scène électronique. Sur le papier, le festival devait promettre aux participants de passer trois jours exceptionnels, dans un camping sécurisé.

Mais la réalité fut tout autre, plongeant les festivaliers et les artistes dans une incompréhension généralisée, les scandales se succédant à une vitesse folle. Derrière ce désastre se cachent des années de pratiques douteuses de membres de la direction, au premier rang desquels figure Léon Kaisala, l’organisateur, déjà connu dans le milieu pour faire défaut sur ses dettes.

L’individu, sujet principal du groupe Facebook  « les mauvais payeurs », une discussion sur les fraudes et les arnaques dans le monde de la nuit parisienne, est la cible des festivaliers sur les réseaux sociaux, celui-ci étant en effet soupçonné d’avoir volé la caisse.

Qui plus est, la veille de l’évènement, celui-ci se serait rendu compte qu’ils allaient être déficitaires, et a donc annulé des navettes ou des prestataires, si bien que de nombreux festivaliers ne pouvaient se rendre sur le lieu de l’évènement, où seules deux scènes sur les trois prévues bénéficiaient d’un système son. Quant aux lumières, elles seront inexistantes…

Certains artistes ont par ailleurs été déprogrammés sans raison, et d’autres la puce à l’oreille ont pris la décision d’annuler leur venue. C’est le cas de l’artiste roumain, Teluric, qui témoigne ainsi : « Je ne pensais pas que c’était une bonne idée de venir. Beaucoup de raisons m’ont permis de prendre cette décision. D’abord, ils ont mis du temps à payer l’acompte (pour lequel j’ai dû insister à plusieurs reprises). Après deux semaines à demander où en étaient mes billets d’avion, ils ont finalement acheté un aller trois jours avant la date (je les ai averti que j’étais à deux doigts d’annuler) ».

L’artiste poursuit : « Ils m’ont promis un vol retour dans les deux jours. Je leur ai donné une chance. Je les ai à nouveau contactés mais ils n’ont pas refait surface. J’ai du les appeler pour savoir où ça en était avec mon retour et j’ai alors découvert que rien n’était prêt. Au même moment j’ai appris que beaucoup de personnes se plaignaient d’eux et c’est pour cela que j’ai décidé de ne plus les croire et de rester à la maison. C’était la bonne décision et c’est vraiment une honte. Je suis vraiment désolé pour ceux qui ont participé à ce festival, artistes comme festivaliers »

Par ailleurs, plusieurs virements ont été falsifiés via Photoshop par Léon, provoquant la colère des participants. Antonin Dony, en charge de la scénographie et après s’être rendu compte de la supercherie, a ainsi déserté la soirée de vendredi, tout en prenant le temps de s’excuser sur les réseaux.

« Les dizaines d’heures de travail, beaucoup d’argent et le trop d’énergie dépensés sont considérables autant pour moi que pour tous les bénévoles, tous les autres prestataires et toute l’équipe du staff qui se sont fait embarquer dans une escroquerie dont personne ne se doutait. Mon travail est indépendant, j’espère tout de même qu’il a illuminé cette première nuit aux côtés de ceux qui ont réussi à être là. C’est une bonne leçon pour moi, sûrement aussi pour le monde de la nuit parisienne. C’est un appel à être pro, à s’unir sur des projets de confiance où le trop d’ambition, l’argent et la “fame” ne sont pas les premiers buts. » a-t-il ainsi déclaré.

Un passif avec VL

Invité à l’une de nos émissions, Léon Kaisala avait déjà fait défaut, annulant sa venue à quelques minutes du lancement. Contacté à plusieurs reprises, celui-ci n’avait jamais répondu.

Le Micro Love Festival, qui aurait dû prendre fin à 16h dimanche après-midi, n’a pas passé la nuit malgré les efforts des volontaires. Les festivaliers ont été bloqués sur place et n’ont eu d’autres choix que de commander des taxis pour se rendre à la gare située à 20km du site pour rentrer à Paris. Ces derniers se souviendront alors toute leur vie de l’évènement, malheureusement à leurs dépens.