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On débriefe pour vous… les deux premiers épisodes de WandaVision

Références sympathiques et appuyées aux grandes sitcoms d’antan, indices sur l’univers Marvel et touches de mystères : les premiers épisodes de WandaVision attisent la curiosité.

C’est quoi, WandaVision ? Wanda (Elizabeth Olsen) et Vision (Paul Bettany) forment un couple heureux qui emménage dans une banlieue résidentielle américaine. Elle est femme au foyer, il est employé de bureau et dans ce joli quartier pavillonnaire, leur vie a tout d’une sitcom des années 1950…  Bien que Wanda soit dotée de pouvoirs et puisse par exemple faire léviter les objets, bien que Vision soit un robot qui peut prendre une apparence humaine, ils aspirent à mener une vie aussi normale que possible. Mais quelque chose ne va pas, dans ce décor digne des feuilletons classiques.

S’ils sont soignés, spectaculaires et divertissants, les films Marvel reposent toutefois sur une formule certes efficace mais éprouvée et sans trop de surprises. Pour l’instant (et sans doute cela se confirmera-t-il), la série WandaVision avec laquelle Disney Plus élargit le MCU détonne complètement dans cet univers.  Les deux premiers épisodes de 25 minutes environ sont disponibles, les sept autres suivront au rythme d’un par semaine. 

Comme l’indique le titre, on suit Wanda et Vision, deux personnages apparus dans les années 1960 parmi les Avengers mais en retrait par rapport à d’autres, plus connus. Il n’y a aucune contextualisation au début : si on ne sait rien des deux héros, qu’on n’a pas lu les comics ou vu les films, on plonge en aveugle dans cette série étrange, déstabilisante et audacieuse qui mélange le style des comédies classiques de la télévision américaine avec une histoire de super-héros. 

Bienvenue dans les années 1950, chez Wanda et Vision

Les deux premiers épisodes nous font voyager bien loin de l’univers Marvel, dans les sitcoms américaines des années 1950 puis 1960, telles que I Love Lucy, Ma sorcière bien-aimée, The Dick Van  Dyke Show ou  Jinny de mes rêves. Les deux génériques ne laissent du reste aucun doute quant aux références. On est moins dans la parodie que dans l’hommage avec tous les codes et tous les passages obligés du genre. La photographie en noir et blanc, les costumes et les coiffures qui changent subtilement entre les deux décennies, les innombrables clins d’œil, cet humour innocent et naïf, les «coupures publicitaires», les rires du public devant qui sont jouées les scènes, les personnages archétypaux, la place des femmes à l’époque et le jeu volontairement outré des acteurs s’ajustent sur ce modèle. C’est le stéréotype du couple de banlieue américaine dans des intrigues classiques.

A écouter aussi : La loi des séries, 60 ans de sitcoms et de comédies américaines

Dans le premier épisode, le couple s’apprête à célébrer une date importante mais ils ont oublié de quoi il s’agit ; en l’occurrence, ils doivent recevoir à dîner le patron de Vision et son épouse, et vont tenter de gérer les conséquences d’un quiproquo grâce aux pouvoirs de Wanda. Dans le deuxième épisode, Wanda et Vision essayent de se fondre dans la communauté dans laquelle ils vivent, en participant à un spectacle organisé par les femmes du quartier et en s’intégrant au voisinage. 

Elizabeth Olsen est charmante dans le rôle de Wanda, et elle infléchit légèrement son jeu au fil des scènes en  naviguant entre les mimiques innocentes et son interprétation habituelle du personnage. Quant à Paul Bettany, il est irrésistible et peut se permettre une outrance et des expressions faciales que le personnage de Vision, normalement impassible, n’autoriserait pas en temps normal. Au casting, on retrouve également Kathryn Hahn alias l’incontournable voisine certainement appelée à jouer un rôle plus important, Debra Jo Rupp (alias Kitty Forman dans That 70’s Show – ici épouse du patron de Vision) ou encore Teyonah Parris qui nous réserve de toute évidence des surprises… 

WandaVision est donc une sitcom dans la forme… mais il y a quelques séquences étranges qui surgissent comme des éclairs, lorsque le passé et la réalité de nos super-héros s’insinuent subrepticement. Des scènes énigmatiques qui fournissent  de maigres indices sur ce qui se passe vraiment et qui titillent la curiosité. Wanda et Vision ne se souviennent pas de leur passé récent ou d’événements communs à leur couple ; de furtives touches de rouge, seule couleur à l’écran, apparaissent brièvement ; même chose pour les noms familiers de Stark Industries, Strücker ou Hydra dans les spots publicitaires ; un mystérieux message parasite la radio ; un personnage inattendu sort de nulle part…. Il y a de toute évidence autre chose, derrière ce scénario a priori banal – d’autant que le premier épisode s’achève avec une sorte de mise en abyme et que la conclusion du deuxième est encore plus surprenante.

Wanda et une certaine Monica Rambeau…

La bande-annonce (voir plus haut) indique clairement que l’on va parcourir l’histoire des sitcoms américaines d’une décennie à l’autre. Mais il semble que l’on soit dans une sorte de fantasme idyllique avec un écran qui se fissure par endroits et par moments pour laisser entrevoir une réalité plus sombre. Tout semble parfait, mais quelque chose ne « colle pas » en arrière-plan. Quand la linéarité narrative ou esthétique se rompt brièvement, on pense alors à d’autres séries : The Twilight Zone et son quotidien qui bascule dans la science-fiction, voire à Rabbits de David Lynch qui renversait les codes de la sitcom pour en tirer le récit le plus cauchemardesque possible. Dans WandaVision, il y a un mur entre le rêve et la réalité, le décalage soulevant beaucoup de questions et suggérant beaucoup de mystères…  

Hommage à des séries bien connues, références pour l’instant absconses mais bien présentes au MCU, mise en place d’un puzzle intrigant : WandaVision joue sur la nostalgie, l’humour et l’originalité du mélange entre sitcoms et univers Marvel. Sans que l’on puisse pour l’instant savoir où la série veut en venir, ni si le résultat sera juste bizarre ou vraiment convaincant. En attendant, WandaVision est amusante, charmante et très mystérieuse. Pour les amoureux des séries, elle est extrêmement réjouissante et sympathique ; pour ceux qui ne connaissent rien de ses deux héros, elle suscite au moins la curiosité et  donne envie de voir la suite. 

WandaVision (Disney +)
9 épisodes – durée variable.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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