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On débriefe pour vous…Vikings, la fin d’une saga

Vikings scelle le sort de ses personnages de manière plus ou moins réussie, mais offre un bon final qui devrait convenir aux fans. 

C’est quoi, Vikings (Saison 6b) ? Au lendemain de l’affrontement entre les Vikings et les Rus pour le contrôle de Kattegat, Bjorn (Alexander Ludwig) a été laissé pour mort. Grièvement blessé, il est pourtant prêt à lutter jusqu’au bout pour défendre son peuple face à l’armée de Oleg (Danila Koslovsky),qui compte dans ses rangs Ivar (Alex Høgh Andersen) et Hvitserk (Marco Ilsø ). Au loin, en Islande, Ubbe (Jordan Patrick Smith) et Torvi (Georgia Hirst) s’apprêtent à partir vers l’Ouest, à la recherche de nouvelles terres pour perpétuer le rêve de Ragnar…

Lancée en 2013, Vikings s’achève avec la seconde partie de sa sixième saison, désormais disponible sur MyCanal. Dix épisodes qui scellent le destin des personnages de la série de Michael Hirst mais aussi d’une certaine manière du monde des Vikings qui a radicalement changé depuis que Ragnar Lothbrok (Travis Fimmel), héros des premières saisons, s’est lancé dans la conquête de nouveaux territoires et a pris le pouvoir à Kattegat. 

Il est à noter que deux personnages (Gunnhild et Harald) prononcent quasiment la même phrase : le temps des héros est révolu. Et ce n’est pas un hasard si l’on a mentionné Ragnar puisque, mort à la fin de la saison 4, il joue un rôle fondamental dans ces derniers épisodes. Son souvenir et sa légende guident ceux qui lui ont survécu et en particulier ses enfants. Chacun cherche à perpétuer sa mémoire et porte en lui quelque chose de l’écrasante figure paternelle. Ivar a hérité de sa soif de pouvoir, Bjorn l’incarne dans la légende et l’héroïsme, Ubbe  perpétue son esprit d’aventure et de découverte, et Hvitserk a pris de lui les doutes existentiels et les fragilités. Chacun des arcs narratifs qui leur est consacré est refermé au terme de ces épisodes. 

Cette saison, nous voyageons beaucoup : de Kattegat à la Russie en passant par l’Angleterre, l’Islande, le Groenland et même vers d’autres territoires plus inattendus. Dans un premier temps, Vikings se consacre essentiellement à conclure l’arc narratif dédié à la guerre entre Vikings et Rus ; une lutte plus politique se met en place pour occuper le trône vacant de Kattegat ; on retrouve ensuite de vieux ennemis lorsque Ivar persuade Harald de rouvrir le conflit contre les Saxons, tandis que d’autres personnages partent vers des  terres inexplorées.

Une dernière bataille pour Ivar

Il n’y a pas grand-chose à reprocher à Vikings sur le plan de la réalisation : scènes de bataille impressionnantes, costumes superbes, photographie définissant parfaitement les différentes zones géographiques, séquences oniriques invoquant brièvement d’anciens personnages. En revanche, l’écriture est un peu plus aléatoire, tant on a parfois l’impression que les auteurs ont conclu à la hâte certaines intrigues, soucieux de ne laisser aucune question en suspens. 

Outre une chronologie très approximative, certains arcs narratifs reposent sur des rebondissements mal amenés, avec des conclusions expéditives (par exemple, la redoutable armée Rus balayée en un instant), et des personnages sacrifiés. On pense notamment à Oleg, leader rus apathique face à une conspiration pourtant évidente ; ou les personnages féminins, les farouches shield maiden disparaissant au profit de reines calculatrices dominées par les hommes ou de figures maternelles impuissantes. (Même la flamboyante Torvi passe l’essentiel de la saison prostrée au fond d’un navire, son bébé dans les bras.)

En outre, cette ultime salve d’épisodes reprend des dynamiques déjà vues précédemment, où ne changent finalement que  les lieux ou les alliances : Bjorn et Ubbe contre Ivar et Hvitsek. Bjorn contre Harald. Harald et Bjorn contre Ivar et Oleg. Bjorn en Afrique du Nord, Floki en Islande, Ivar sur la route de la soie, Ubbe au Groenland… Une répétition qui crée une légère confusion et enlève une certaine cohérence aux personnages, dont on a parfois du mal à saisir les motivations.  Ensuite, il faut reconnaître une certaine lenteur, un « ventre mou » : entre la guerre contre les Rus de l’épisode 11 et celle contre les saxons de l’épisode 20, Vikings développe une partie centrale où les intrigues ont tendance à stagner entre longs dialogues et navires à la dérive. Ce choix permet toutefois à la série de refléter  le sentiment d’incertitude qui saisit les différents personnages, désormais en quête de nouveaux objectifs. 

Go west ! Les Vikings en quête de nouvelles terres.

Mais heureusement, dans la dernière ligne droite, Vikings retrouve le bon rythme pour refermer ses intrigues. D’un côté, la bataille de Ivar contre le roi Alfred et les Saxons, pour venger Ragnar et accomplir son désir de conquête, offre aux spectateurs une dernière scène de combat pleine de fureur viking. Elle permet de dire adieu à Ivar et Harald, tandis que Hvitsek devient le symbole du déclin définitif des anciens dieux en faveur du nouveau dieu chrétien. En parallèle, Ubbe entreprend un voyage vers l’Ouest, fidèle à l’esprit d’aventure et de découverte de son père. La conclusion de la série est donc à chercher de ce côté-là : l’arrivée de Ubbe et de sa famille dans un territoire inexploré riche en ressources, où ils vont entrer en relation avec ceux qui étaient là avant eux (dont une vieille connaissance…) Et c’est avec Ubbe que nous quittons Vikings : alors qu’il contemple un coucher de soleil sur l’océan, la nuit tombe sur l’Amérique et sur la série de Michael Hirst.

A lire aussi : Séries historiques, le nécessaire mensonge de la fiction

Comme la traversée maritime de Ubbe, notre voyage avec les Vikings aura été long (sept ans) et fluctuant : après la disparition de Ragnar, Vikings a parfois donné l’impression de s’égarer sans personnage aussi charismatique que le paysan devenu roi de Kattegat. Mais au terme de ces derniers épisodes, on se dit que si le voyage a été mouvementé, la destination en valait la peine. Vikings s’achève sur une saison loin d’être parfaite, mais avec une conclusion intelligente à la saga de Ragnar Lothbrok. En attendant le spin off Vikings : Valhalla, annoncé prochainement sur Netflix. 

Vikings 
Saison 6 – partie 2 
10 épisodes de 45′ environ.
Disponible sur MyCanal.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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