Le système de sectorisation a considérablement réduit le quota d’étudiants issus de banlieues au sein des institutions parisiennes, y compris si leurs résultats étaient bons.

Deux tiers des élèves de terminale auraient reçu « au moins une proposition » d’admission sur la plateforme Parcoursup, selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Pourtant, lorsque l’on se penche sur les cas individuels, on constate qu’une grande proportion des lycéens de banlieues n’ont pas été acceptés dans les établissements parisiens. Ainsi, l’année dernière, alors que sur les 110 places de première année de chimie de l’université Paris-Diderot, 40% étaient occupés par des lycéens de banlieue ou de province, cette année, le rectorat, par le biais du logiciel Parcoursup, a fixé à 3% le nombre d’élèves non parisiens.

Cette situation explique que des jeunes de banlieues brillants restent aujourd’hui sur la touche, alors que des lycéens parisiens d’un niveau plus médiocre sont acceptés. «Les treize premiers admis ont des résultats corrects sans plus, concède Benoît Piro, responsable de ce cursus. Mais dès la 14e place, nous avons un élève parisien qui plafonne à 8 de moyenne générale. Malgré ses 17,5 de moyenne, un candidat du Val-de-Marne, lui, est relégué en attente à la 1 010e place!»

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Une violence psychologique

«J’imagine que les élèves de Paris passent avant et qu’on aura les restes. Je sais pas, on ne nous dit rien. Le bac approche, mais on ne pense qu’à réactualiser l’appli, c’est pire que Facebook, témoigne auprès de Marianne un lycéen en terminale S désemparé. C’est compliqué comme situation. C’est pas humain».

De son côté, une enseignante dénonce la «violence psychologique» que subissent des élèves. «Certains se battent depuis des années pour réussir malgré des conditions sociales défavorables et on les renvoie à leur statut de banlieusard», regrette-t-elle.

Il y a quelques semaines, Stéphane Troussel (PS) avait adressé à Frédérique Vidal un courrier dans lequel il enjoignait la ministre de l’Enseignement supérieur à faire preuve de «transparence» en rendant publics «les algorithmes locaux» de la plateforme. «J’aimerais savoir si le lycée d’origine a pu être un des critères déterminant pour les réponses».