Situé dans le 10ème arrondissement de la capitale, le collège-lycée Rocroy-Saint-Vincent-de-Paul a décidé d’équiper ses élèves de porte-clés connectés, suscitant l’indignation des élèves et des parents.

C’est une nouvelle digne d’un épisode de « Black Mirror », série dystopique où les dérives technologiques menacent les habitants d’un futur proche. A partir de septembre, les élèves de Rocroy-Saint-Vincent-de-Paul devront en effet porter dans l’enceinte de l’établissement parisien un porte-clé connecté via Bluetooth, « afin de prévenir plus rapidement les équipes et les parents en cas d’absence ».

Publié sur le site internet de l’école, le nouveau règlement précise en effet que « celui-ci sera désormais une aide afin de s’assurer de la présence de chacun d’eux en classe, sur les installations sportives, au CDI et lors des sorties, mais aussi au cours des exercices de sécurité ». De même, il stipule que « la perte ou l’oubli de ce ‘badge’ entraînera une sanction appropriée ; le badge perdu est facturé 10 euros ».

 

Une atteinte à la vie privée

Mais cette nouvelle technologie n’est pas au goût de tous les élèves, qui craignent d’être « suivis à la trace ». Une pétition en ligne avait ainsi été lancée afin de retirer cette mesure, et recueillait 3500 signatures avant le repli de son auteur ce lundi. « Il n’y a eu aucune information pour prévenir les élèves ou leurs parents », déclare une autre élève, avant d’ajouter : « Ce n’était pas non plus évoqué dans l’e-mail de prérentrée envoyé au début de l’été. Personne n’a donné son accord, ce qui pose des problèmes de légalité comme de moralité. Il y a bien eu quelques problèmes d’absentéisme l’an dernier dans le lycée, mais rien qui justifie la mise en place d’un tel système. Ce sont des petites classes, on voit tout de suite si quelqu’un est absent. »

Afin d’apaiser les craintes, la direction de l’établissement a publié un article sur son site, expliquant son objectif : la « modernisation (…) pour faire l’appel en classe, afin de gagner en sécurité, en simplicité et en efficacité ». « À terme, le porte-clé permettra l’emprunt de livres ou le passage à la cantine. » Celle-ci assure par ailleurs que les porte-clés seront utilisés « sans géolocalisation et avec une protection élevée des données » : « le Bluetooth ne s’active que lorsque l’enseignant fait l’appel. Le reste du temps, les porte-clés s’éteignent automatiquement ». « Les données personnelles (nom de l’élève, emploi du temps…) sont protégées et cryptées, en accord avec la Commission nationale de l’informatique et des libertés. »

Le lycée assure enfin que la mise en place de ces porte-clés est issue d’un partenariat avec Newschool, une start-up « qui a remporté de nombreuses distinctions ». L’établissement met en ligne un document de l’entreprise (PDF) qui explique le fonctionnement du porte-clé connecté et assure que les données sont sécurisées par cette jeune entreprise « soutenue par l’Éducation nationale ».

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