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Procès de Mélina Boughedir : perpétuité pour la française de l’État islamique

La Française de 27 ans, arrêtée en juillet 2017 à Mossoul, a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité – soit 20 ans de prison- par la justice irakienne. Ses avocats ont fait appel de cette condamnation.

A l’annonce de la décision prise par la cour pénale de Bagdad, la française de 27 ans, Mélina Boughedir, apparaît abasourdie. “Je ne comprends pas, je ne suis pas un membre actif de Daesh”, souffle la jeune femme à quelques journalistes, habillée d’une longue robe noire et d’un foulard violet fleuri. “Pourquoi me garde-t-on ici en Irak avec ma fille?” ajoute-t-elle, le ton larmoyant. « Elle est effondrée, elle va faire appel de la décision », a déclaré l’un de ses avocats.

Au terme d’un procès d’une heure, la jeune femme, capturée par les forces irakiennes à Mossoul le 8 juillet 2017, a été condamnée à la prison à perpétuité par la cour pénale de Bagdad, dimanche 3 juin, pour avoir rejoint le groupe Etat islamique (EI). Un soulagement pour ses avocats français, William Bourdon, Martin Pradel et Vincent Brengarth, leur cliente ayant en effet échappé à la peine de mort. «Personne ne peut se réjouir d’une peine aussi inéquitable », nuance toutefois Maître Bourdon, qui met en cause le rôle « politique » des autorités françaises dans la décision du juge.

La française effondrée

Lors de l’audience, sa fille de 16 mois dans les bras, Mélina Boughedir n’a cessé de clamer son innocence, rejetant l’entière responsabilité des exactions commises sur son conjoint. « Mon mari m’a dupée, et ensuite il a menacé de partir avec les enfants », a-t-elle plaidé en français, assistée d’un traducteur. « Je suis contre les idées de l’État islamique » et « je condamne les actes de mon mari », a-t-elle continué, dans une stratégie de déresponsabilisation . Elle assure ainsi ne pas connaître son sort, depuis qu’il est « parti un jour chercher de l’eau ». De nationalité française, ils s’étaient tous deux rendus à Mossoul fin 2015, avec leurs trois enfants, et aurait été le « cuisinier de Daech ». Sur des photos montrées à la cour, il apparaît au milieu de combattants de l’EI.

Des réactions contrastées

Sur les réseaux sociaux, une pluie de commentaires approuvent la décision, ne croyant guère à l’ignorance supposée de la française.

A contrario, beaucoup s’opposent à cette condamnation irakienne, estimant que la France a renoncé à ses principes fondateurs.

Le dossier de la française illustre bien la complexité diplomatique et judiciaire que représente le sort des ex-djihadistes français et de leur famille dans la zone irako-syrienne. Toutefois, le trio d’avocats est convaincu que les propos tenus par le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ont influencé la décision de la justice irakienne, au détriment de leur cliente. Jeudi 31 mai, le ministre avait ainsi décrit Mélina Boughedir comme une « terroriste » de l’EI ayant « combattu contre l’Irak ».

Dans une lettre adressée au ministre, le trio d’avocats a fustigé une « ingérence inacceptable ». « Le message de Jean-Yves Le Drian a été reçu 5 sur 5 à Bagdad. Ses déclarations ont été perçues comme un encouragement puissant à la fermeté, et personne ne peut douter que cette peine précipitée ne soit en lien avec la volonté de la France qu’elle ne rentre pas », a commenté dimanche Me Bourdon. Les autorités françaises ont, quant à elles, estimé à plusieurs reprises que les djihadistes français capturés en Syrie et en Irak devaient être jugés par les autorités locales et purger leur peine sur place.

 

 

 

 

 

 

 

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Étudiant en science politique, explore l'Art et joue le dimanche à ses heures perdues.
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