Alors que deux des quatre syndicats ont renoncé à poursuivre la grève pendant l’été, la CGT est bien décidée à continuer le mouvement.

C’est un combat difficile mais persistant. La grève des cheminots, entamée début avril, compte bien se poursuivre pendant les vacances, du moins si l’on en croit la CGT, premier syndicat représentatif de la compagnie ferroviaire. Ainsi, ce jeudi a été déposé un préavis de grève de vingt-quatre heures, afin de protester une nouvelle fois contre la réforme ferroviaire, adoptée fin juin par le Parlement.

Problème : cette journée de grève nationale est la première organisée par la seule CGT, depuis la fin du mouvement unitaire à quatre syndicats (avec l’UNSA, SUD et la CFDT). La SNCF prévoit donc un trafic normal, seuls les TER des régions Occitanie et Aquitaine devraient connaître « de légères adaptations […] même pas visibles des usagers. »

Une réunion syndicats-patronat

Le choix de cet énième jour de grève n’est pas un hasard, une réunion patronat-syndicats sur la convention collective nationale (CCN) de la branche ferroviaire étant prévue en parallèle. Ce texte devra préciser, entre autres points, les conditions de transfert des cheminots s’ils quittent la SNCF pour une entreprise rivale, après l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs à partir de décembre 2019.

Mais le syndicat SUD Rail, principal allié de la CGT, n’a pas apprécié que celle-ci décide de manière unilatérale la date de grève, et a fait le choix par conséquent de ne pas appeler à la grève au niveau national, mais laisse localement ses militants faire leur choix.

« Cette journée de grève va être un flop, prédit alors un militant de la CGT qui ne fera pas grève. Après trois mois de lutte, j’ai plus la tête à me battre. J’ai perdu beaucoup d’argent et je suis fatigué. » Une analyse loin d’être minoritaire au sein de la confédération. « La décision de poursuivre pendant les vacances a été prise en juin, en pleine euphorie, confie un responsable du syndicat qui souhaite garder l’anonymat. Mais après les résultats de la mobilisation des 6 et 7 juillet, il aurait fallu avoir le courage de suspendre pour mieux revenir à la rentrée. »

Lors de ce week-end de grands départs en vacances, seulement 6,5 % des cheminots avaient cessé le travail… Quoi qu’il en soit, une nouvelle journée de grève est d’ores et déjà prévue le 27 juillet, date à laquelle se tiendra le conseil de surveillance de la SNCF.