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Turquie : Erdogan réélu dès le premier tour

Les élections de dimanche 24 juin ont  été marquées par une nouvelle victoire d’Erdogan, au grand dam de l’opposition, qui conteste les résultats.

Sa victoire n’a pas été une promenade de santé. Comme il l’avait prévu, et ce notamment en raison des sondages qui le montraient en difficulté face à la percée du candidat de la gauche kémaliste, Muharrem Ince, Erdogan a finalement été réélu à la tête du pays, en remportant 52,5 % des suffrages. Au pouvoir depuis 15 ans, la mobilisation de tous les rouages de l’administration et de tous les réseaux de l’AKP, son parti islamo-conservateur, a permis de graver dans le marbre son hyper-présidentialisme, faisant de lui le dirigeant le plus puissant depuis le fondateur de la République, Mustafa Kemal.

Une élection contestée

Toutefois, l’opposition est loin d’admettre si aisément la victoire du président, critiquant l’iniquité de la campagne et relevant de multiples fraudes. Pas surprenant concernant la première allégation, la presse étant à 95 % dans les mains du parti au pouvoir. Cette dernière n’a donc laissé qu’une place minime à l’opposition, le candidat Selahattin Demirtas du parti prokurde HDP ayant même été contraint de mener campagne depuis sa cellule.

L’« Alliance de la nation », une coalition inédite et hétéroclite de divers partis anti-Erdogan, avait pourtant l’espoir de remporter la victoire, et ce notamment en raison d’une situation économique qui se détériore (croissance de l’inflation). La  question est alors de savoir ce qui a motivé le peuple turc a voté une énième fois pour Erdogan. De son côté, le chef de l’Etat peut arguer d’un bilan favorable :  le PIB par habitant a triplé depuis son arrivée au pouvoir, même si la dette a explosé dans les mêmes proportions. En outre, la Turquie est devenue un acteur majeur sur la scène régionale, malgré son échec syrien, et Erdogan joue du nationalisme d’une bonne partie de la population comme de ses nostalgies de grandeur ottomane.

De même, il incarne un bloc religieux conservateur, sunnite et turc, majoritaire au sein de la population, attisant la haine contre les autres : les laïcs, les alévis, courant hétérodoxe issu du chiisme, et les Kurdes. Ces élections permettent à l’AKP d’asseoir sa majorité à la Chambre, grâce à son allié de l’extrême droite nationaliste, le MHP.

Dans tous les cas, si c’était « l’élection de tous les dangers », le président Erdogan en chute dans les sondages a réussi un pari audacieux, mais la victoire n’est pas sans dangers.

 

 

 

 

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Étudiant en science politique, explore l'Art et joue le dimanche à ses heures perdues.
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