La société américaine Lime va lancer ce vendredi un service de trottinettes électroniques en libre-service dans la capitale, avec pour commencer plusieurs centaines d’appareils dans deux arrondissements centraux.

Arthur-Louis Jacquier, directeur général de Lime France, en est convaincu : ce nouveau service va être « la solution de mobilité qui manquait à la capitale ». La start-up américaine va ainsi déployer ses premiers appareils dans les 1er et 6ème arrondissements de la capitale, avant de les étendre à d’autres : « très rapidement, notre flotte grandira pour répondre à la demande (…) dès les prochains jours, les prochaines semaines » assure le directeur.

Contrairement aux Vélib’, le système ne reposera pas sur des bornes de stationnement : la location s’effectuera par l’intermédiaire d’une application mobile, qui affichera sur une carte les trottinettes situées à proximité. Celles-ci seront alors disponibles pour un euro, puis 15 centimes par minute, et pourront atteindre une vitesse de 25 kilomètres par heure. Une fois arrivé à destination, il suffira simplement de les laisser sur le trottoir, les engins seront alors récupérés le soir pour être rechargés et le cas échéant réparés, assure Lime.

Un phénomène croissant

Si en France une tentative de ce genre avait déjà eu lieu à Saint-Denis et Montrouge, hélas sans succès par faute de moyens, c’est aux Etats-Unis que l’offre s’est généralisée. Depuis le début de l’année, ces trottinettes ont en effet envahi de nombreuses villes américaines, non sans créer des problèmes. Début juin, Lime et ses rivales, Bird et Spin, ont ainsi dû retirer de San Francisco leurs flottes, qu’elles avaient lancées sans autorisation. Elles ne pourront reprendre leur activité qu’après avoir obtenu l’un des cinq permis mis en jeu dans le cadre d’un programme pilote et à condition de respecter une série de nouvelles règles.

Par ailleurs, ce marché fait de l’œil aux plates-formes de voitures de transport avec chauffeur (VTC) Uber et Lyft, qui ont ainsi déposé un dossier auprès de la mairie de San Francisco pour participer au programme pilote. Avec les trottinettes, les deux groupes ciblent le créneau des petits trajets, qui, pour l’essentiel, leur échappe encore.

Les trottinettes électriques sont avant tout destinées aux courtes distances. Elles n’entrent donc pas directement en concurrence avec les services de VTC, davantage utilisés pour des courses plus longues. « Bon marché et omniprésentes, elles sont en compétition avec la marche », estime ainsi Andrew Chen, associé au sein du prestigieux fonds de capital-risque Andreessen Horowitz, qui a investi en 2017 dans Lime. « Imaginez la taille du marché », s’enthousiasme-t-il.