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458 enfants esclaves découverts dans un foyer de l’horreur au Mexique

Les autorités mexicaines ont fait une macabre découverte lors du raid qu’ils ont effectué dans un foyer de l’est du pays. Sous leurs yeux se trouvaient des centaines d’enfants violentés et malnutris, prisonniers dans un bâtiment insalubre depuis parfois des années.

C’est dans un foyer de Zamora, dans l’Etat mexicain de Michoacan, que les autorités ont découvert à l’issue d’une enquête environ 600 personnes qui y vivaient pratiquement comme des esclaves. Parmi elles, 138 adultes âgées de 18 à 40 ans, et 458 mineurs dont six bébés. Tous étaient retenus prisonniers par la chef et fondatrice de cette « Gran Familia » (la Grande Famille) : Rosa del Carmen Veruzsco.

Le foyer de la Gran Familia se trouve à Zamora, au Mexique

Le foyer de la Gran Familia se trouve à Zamora, au Mexique

Selon sa page Facebook, l’internat accueillait des enfants « abandonnés par leurs parents : délinquants, drogués ou enfants des rues » et leur offrait un enseignement primaire, secondaire et même supérieur, conforme au programme du ministère de l’Education, ainsi que d’autres activités comme des ateliers de haute couture et de menuiserie. Le foyer «avait du prestige», selon le ministre de la Justice, Jesus Murillo Karam. Mais en réalité, les enfants dormaient à même le sol au milieu des rats et de la vermine, étaient à peine nourris, et lorsqu’ils l’étaient, c’était de la nourriture avariée voire en décomposition qui leur était servie.

D’après les premiers témoignages recueillis par la police, Rosa del Carmen obligeait les enfants à mendier et à subir des violences sexuelles et psychologique. Les jeunes nés dans le foyer étaient enregistrés comme étant de la fondatrice. Leurs parents biologiques n’avaient aucun droit sur eux, ne pouvaient pas les récupérer, et les enfants eux-mêmes ne pouvaient pas quitter le foyer, même une fois majeurs. Ainsi, l’une des victimes aurait demandé à Rosa del Carmen de partir à 18 ans. Mais la chef le lui aurait interdit, et ordonné de rester treize ans de plus. La femme serait ensuite tombée enceinte et aurait accouché de deux filles, elles aussi emprisonnées à la « Gran Familia ». Leur mère ne pouvait les voir qu’une fois tous les deux mois lors d’une rencontre de trois heures maximum placées sous surveillance.

La honte du Mexique

Ce scandale révélé, le foyer – qui a plus de quarante ans – est devenu la honte du Mexique. Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’on le soupçonnait de maltraiter les enfants. Cinquante plaintes à l’encontre des administrateurs du lieu avaient déjà été déposées en vingt ans, visant notamment Rosa del Carmen pour « privation illégale de liberté ». Ces sont d’ailleurs ces plaintes, ainsi qu’une déposition relatant l’enlèvement de cinq enfants, qui étaient à l’origine du raid mené par les autorités.

En 2010, la presse avait déjà évoqué le cas de ce foyer aux allures de prison pour enfants. Elle évoquait alors les cas de parents qui dénonçaient le fait de ne pas pouvoir récupérer leurs enfants et accusaient les autorités de fermer les yeux sur ce qui se passait. La raison pour laquelle la police n’agissait pas alors est certainement la même que celle qui expliquerait le silence des enfants, devenus adultes, retenus pendant des années par « Mama Rosa » et qui n’ont jamais osé raconter leur calvaire : Rosa del Carmen, en plus d’exercer une pression psychologique énorme sur des enfants, a certainement beaucoup d’influence dans toute la région, du fait de ses relations politiques…

Mais pour des centaines de personnes, l’arrestation de Rosa del Carmen marque la fin d’un calvaire. Huit de ses employés ont également été interpelés. Pour les enfants qui se retrouvent sans toit, c’est la fin d’un cauchemar, mais le début d’un autre…

Un groupe d'enfants au Mexique

Un groupe d’enfants au Mexique

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