À la uneInternational

5 éléments pour comprendre les narcotrafiquants : Pablo Escobar (Partie 1)

pablo escobar

Les actes de violences ne s’arrêtent pas en Amérique latine. La région mexicaine du Michoacàn est sous le joug des gangs. Ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres dans cette région du Monde.

C’est une vague de violence qui déferle sur l’Amérique latine en ce moment. La région mexicaine du Michoacàn fait l’objet de règlement de comptes depuis plusieurs mois. Des affrontements entre gangs rivaux qui causent de nombreuses morts. Les forces de l’ordre se retrouvent généralement impuissantes. Mais ce n’est pas une nouveauté dans cette partie du monde. L’Amérique du Sud, latine en particulier, est connue pour la violence qui réside dans ses rues. Des guerres de gangs majoritairement dues à la drogue produite et vendue sur le territoire ou dans les pays voisins. Ces rivalités entraînent de nombreuses tueries et n’épargnent pas les simples civils. D’autant que ces derniers prennent généralement part à ce système de narcotrafiquants, devenant eux-mêmes des « narcos » ou acceptant des pots de vins et travaillant pour eux d’une manière ou d’une autre.

Le narcotrafiquant le plus connu est sans aucun doute Pablo Escobar. Simple petit voyou de Colombie, il est devenu le plus grand baron de la drogue du monde dans les années 80, écrivant ainsi sa légende et celle des cartels d’Amérique latine.

De petit voleur à trafiquant mondial

Comme beaucoup de jeunes colombiens à cette époque, Pablo Escobar commence par de simples vols. Un échec scolaire universitaire le tournera définitivement vers la criminalité. À l’âge de 20 ans, il forme un duo avec Oscar Benel Aguirre. Les deux complices se lancent dans des petites arnaques, de la vente de cigarette de contrebande ou de faux ticket de loterie. Puis, il s’associe au début des années 70 au contrebandier Alvaro Prieto. Il deviendra alors millionnaire (en pesos colombien) à l’âge de 22 ans.

Jeune et ambitieux, Pablo Escobar rencontre alors un « gringo » dans une discothèque de Medellin avec qui il va commencer ses premiers trafics de cocaïne. L’américain était un pilote d’avion et voulait acheter de la poudre blanche pour la faire passer de Colombie aux États-Unis. Le jeune Pablo fait affaire et embarque avec lui de nombreux amis. C’est ainsi que commence la légende « du roi de la cocaïne ».

À la tête du cartel de Medellin, « El doctor » devient l’un des principaux barons de la drogue dans les années 1980. Son « commerce » fonctionnait si bien qu’il fournissait jusqu’à 80 % de la cocaïne consommée aux États-Unis. Un chiffre d’affaires annuel d’environ 21,9 milliards de dollars. Ce qui fait de lui le criminel le plus riche à l’époque avec une fortune personnelle estimée à 30 milliards de dollars au début des années 90. Une fortune qui a d’ailleurs aujourd’hui disparue, personne ne sait ce qu’elle est devenue. Sauf peut-être la veuve de Pablo Escobar, Maria Victoria Henao. La légende raconte que le narcotrafiquant détenait tellement d’argent en cache qu’il se retrouvait obligé de l’enterrer ne sachant plus quoi en faire.

C’est en 1975 que sa notoriété commence réellement à se faire lorsqu’il assassine un trafiquant de Medellin, Fabio Restrepo. Il commence à vouloir soudoyer les représentants de l’autorité ou de les tuer.

À cette époque, il n’y a pas vraiment de cartel de drogue seulement des barons, c’est un trafic en pleine expansion avec un ensemble de territoire à définir. Pablo Escobar sera d’ailleurs le pionner dans l’usage des « mules ». Des personnes qui ingurgitent des capsules de caoutchouc remplies de cocaïne avant de passer la frontière. Elles sont récupérées de manière naturelle lors de leur évacuation par le corps du porteur. Mais ce moyen de transport n’est rien comparé aux 70 à 80 tonnes de cocaïne expédiées de la Colombie vers les États-Unis chaque mois. À l’apogée de sa puissance (milieu années 80), « El Patron » transfert jusqu’à 23 tonnes de poudre blanche que ce soit en bateau, en avion, en sous-marins.

« Don Pablo » le généreux

Adulé par une partie du peuple colombien, surtout les plus pauvres, pour lesquels Pablo Escobar est une sorte de « Robin des bois ». Les riches le voyaient comme une menace. Perçu comme un ennemi pour les gouvernements colombien et américain, il est considéré comme un héros par une partie de la population de Medellin.

Malgré son image de trafiquant sanguinaire (il aurait tué plus de 100 personnes de lui-même sans compter les meurtres qu’il a ordonnés), « Don Pablo » a aidé les quartiers défavorisés. Fan de football, il a construit plusieurs terrains. Il a participé à la construction d’hôpitaux, d’écoles, d’églises en Colombie. Il veillait à son image auprès des populations les moins riches s’assurant ainsi de leur soutien.

Ce qui lui permettait dans un même temps d’orchestrer des centaines de meurtres. Ses « sicarios » ont tué plus de 600 policiers sous les ordres de Pablo Escobar. Ce combat entre cartel pour garder la suprématie fit des villes de la Colombie, les endroits les plus meurtriers du monde. Avec plus de 25 000 morts violentes dans le pays en 1991 et en 1992 alors que le trafiquant est au sommet de sa gloire.

Le prisonnier de luxe

C’est alors qu’un sommet antidrogue se réunit à Carthagène le 15 février 1990. Sont présents les présidents des États-Unis (Bush père), Colombie (Barco), Bolivie (Paz Zamora) et du Pérou (Garcia). Résulte de cette réunion la décision d’en finir avec Pablo Escobar. Une attaque du siège d’ « El patron » est lancée. 510 morts plus tard, Pablo Escobar est introuvable, il a réussi à s’échapper, grâce à une véritable force armée composée d’environ 3 000 tueurs : les sicarios. Certains d’entre eux ne sont pas encore majeur.

Après l’assassinat de Luis Carlos Galan, un journaliste candidat à l’élection présidentielle, le président César Gaviria négocia avec Escobar pour que celui-ci se rende et cesse ses activités. En échange, sa peine serait réduite.

Le 19 juin 1991, Pablo Escobar se rend et est emprisonné à Envigado, une prison qu’il a lui-même construite et fait aménager. La Cathedral est donc équipée d’un terrain de football, un bar, un jacuzzi, une cascade et bien d’autres choses.

Malgré l’enfermement, Escobar fait toujours tourner son cartel. Il fait venir des gens qu’il suspectait de l’avoir voler pour les tuer. La Cathédral devient son nouveau QG. Il fut décidé de le transférer dans une autre prison, mais le président Gaviria, craignant des représailles, avertit le chef du cartel de Medellin, ce qui lui permit de s’échapper afin d’éviter l’extradition vers les États-Unis. Sa tête fut mise à prix pour 6 millions de dollars.

Le talon d’Achille d’ « El patron »

C’est à ce moment-là, en 1992 que la chasse à l’homme commence. Deux entités américaines : le Joint Special Operations Command (constitué de membre de l’USN DEVGRU et Delta Force) ainsi que l’Intelligence Support Activity, se joignent au Bloc de Recherche afin de faire tomber le baron de la drogue. Ils sont aidés par le gouvernement Colombien et les frères Rodriguez du cartel de Cali. Ces derniers financent un réseau d’écoutes téléphoniques et le développement d’une technique de localisation électronique.

Puis en 1993, c’est la création de « Los Pepes », les persécutés de Pablo Escobar. Ils font régner la terreur sur la ville en utilisant les armes et techniques de Pablo Escobar contre qui ils se sont retournés. Ils vont réussir à éliminer plus de 300 associés d’Escobar ainsi que plusieurs propriétés du Cartel de Medellin.

L’ensemble de ces groupes réalisa plus de 20 000 perquisitions sans réussir à mettre la main sur leur cible. Pablo Escobar arrive toujours à s’en sortir. S’engage alors une opération américaine appelée « Heavy Shadow », autrement dit : Ombre pesante.

Sentant le danger se rapprocher de plus en plus, Pablo Escobar choisit d’envoyer sa famille à l’étranger pour les mettre à l’abri. Seulement, ils sont refusés d’entrer sur les territoires, notamment allemand, et renvoyés en Colombie. C’est le début de la fin. Le narcotrafiquant perd en lucidité et commet des erreurs. Habitué a appelé sa femme et son fils tous les jours, il ne restait jamais au même endroit. Utilisant un taxi et des relais téléphonique pour brouiller les pistes. Il ne le fit pas cette fois-là permettant au Bloc de surveillance de mettre la main sur lui.

La mort d’un homme le début d’une légende

On est le 2 décembre 1993, les téléphones sonnent aux quatre coins du monde : Escobar est mort. Touché par plusieurs balles dont une fatale à la tête. C’est la fin d’un des plus grands narcotrafiquants. Personne ne sait précisément qui a tiré le coup fatal, certains l’attribut même à Escobar comme le pense son frère Roberto : « Il s’est suicidé, ils ne l’ont pas tué. Durant toutes ses années, ils étaient après lui, il me le disait tous les jours : s’il était coincé sans moyen de s’enfuir, il se tirerait lui-même une balle dans l’oreille ».

De nombreux documentaires ou séries/film ont été réalisés sur Pablo Escobar. Certains cherchent encore à percer les secrets qu’a laissé derrière lui celui qui est considéré comme le plus grand narcotrafiquant ayant existé.

Encore une incertitude qui viendra compléter la légende du « roi de la cocaïne », tout comme les milliards de dollars du Don qui reste introuvables. Profitant de la mort de son grand rival, Pablo Escobar, et l’implosion du cartel de Medellin (dans lequel il a joué un rôle), c’est le cartel de Cali qui reprend le flambeau.

About author

Journaliste
Related posts
À la uneMode

C'est quoi le Chalet de l'Hôtel Mahfouf qui ouvre le 2 décembre ?

À la uneFaits DiversInternational

Qui était Issei Sagawa "le cannibale japonais" qui vient de mourir à 73 ans ?

À la uneCinémaPop & Geek

Les Gardiens de la Galaxie 3 : Adam Warlock pointe le bout de son nez dans la bande annonce

À la uneSéries Tv

The Midnight Club : pourquoi la série n'aura pas de saison 2 sur Netflix ?

Retrouvez VL. sur les réseaux sociaux