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5 éléments pour comprendre l’histoire du conflit entre l’Algérie et le Maroc

L’Algérie a annoncé, ce mardi 24 août, la rupture de ses relations diplomatiques avec le Maroc en raison d’ « actions hostiles » du royaume chérifien. Cette annonce n’est que la suite d’une longue série d’épisodes de conflits diplomatiques… On vous explique aujourd’hui en 5 éléments, les origines de cette rivalité entre les deux frères ennemis.

1. La Guerre des Sables

Nous sommes en octobre 1963, peu après l’indépendance de l’Algérie en 1962. Suite au retirement des troupes françaises, les frontières entre le Maroc et l’Algérie au niveau du désert du Sahara demeurent très floues. 

Le conflit débute avec le Maroc et ses réclamations territoriales de la région de l’ouest du Sahara algérien dans le but de former un « Grand Maroc ». Le gouvernement d’Algérie de Ben Bella refuse toute négociation.

À la fin du mois de septembre 1963, les premières offensives marocaines commencent. C’est le début de la Guerre des Sables. L’Algérie, en difficulté, a cependant un large soutien international composé notamment des pays récemment décolonisés.

Après 3 semaines de conflit militaire, le président malien Mobido Keita a invité Hassan II et Ahmed Ben-Bella à Bamako. La rencontre débouche finalement sur un cessez-le-feu qui prend effet en novembre, au nom de l’unité africaine. 

Cette guerre qui n’a jamais vraiment été conclue, marque le début de longues années d’hostilité entre les deux voisins. 

2. Le Front Polisario et le conflit du Sahara occidental

Au milieu des années 1970, l’Espagne quitte le Sahara occidental, un départ qui a réveillé les appétits expansionnistes du Maroc qui revendique ces territoires. Le Front Polisario, d’un autre côté (parti représentant les Sahraouis ou habitants du Sahara), se retourne contre le Maroc et réclame son indépendance. 

L’Algérie s’affirme comme un des fervents soutiens du Front Polisario, aussi une façon de tenir tête au Maroc et freiner ses appétits expansionnistes. Suite à la Marche verte du Maroc qui sert de revendication de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, l’Algérie expluse 35 000 à 45 000 marocains d’Algérie. 

La question du Sahara occidental demeure encore aujourd’hui une source de conflit entre l’Algérie et le Maroc.

3. L’attentat de Marrakech

Le 24 août 1994, un attentat a lieu dans l’hôtel Atlas Asni à Marrakech et le Maroc accuse l’Algérie d’être responsable de ces derniers. S’en suit alors une fermeture de la frontière entre les deux pays par l’Algérie. 

Les deux pays instaurent l’obligation des visas pour ceux qui veulent voyager entre eux. Il faudra attendre 2004 pour que le Maroc lève l’obligation de visa pour les Algériens, et 2005 pour que l’Algérie fasse de même…

4. Le terre, le feu, Pégasus…

Aujourd’hui, les tensions entre les deux pays du Maghreb sont plus que vives… Le conflit du Sahara a resurgi : l’Algérie continue de soutenir le Front Polisario tandis que Donald Trump a reconnu la souveraineté marocaine sur ce territoire en échange d’une entente entre Rabat et Israël. 

Le pays voisin a dès lors critiqué l’intervention de forces étrangères dans la politique marocaine qui voit d’un très mauvais œil cette entente entre le Maroc et Israël.

À la suite des feux en Kabylie et le lynchage d’un homme accusé d’être à leur origine, le pouvoir algérien a accusé le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie de recevoir « le soutien de parties étrangères, en tête desquelles le Maroc et l’entité sioniste ». D’autant plus, l’Algérie a accusé le royaume chérifien d’être impliqué dans les incendies qui ont ravagé le nord du pays. 

Le régime algérien s’est retourné contre son ennemi extérieur qui avait déjà montré son soutien au mouvement indépendantiste kabyle. En effet, le représentant du Maroc à l’ONU, Omar Hilal, a déclaré lors d’une réunion du Mouvement des pays non alignés «  Le peuple Kabyle en Algérie mérite plus que tout autre de jouir pleinement de son droit à l’autodétermination ».

Enfin, les ondes de Pegasus, le système de surveillance israélien utilisé par de nombreux régimes, aurait été utilisé par le Maroc qui en aurait profité pour espionner de nombreux hauts responsables algériens. L’Algérie a exprimé sa « profonde préoccupation » face à cette utilisation du logiciel qu’il condamne.

5. Le Maroc et l’Algérie, les frères ennemis et rivaux du Maghreb

Bien que voisins, et frères soudés durant et quelques temps après la guerre d’indépendance d’Algérie, les deux pays peinent à s’entendre et à enterrer l’âge de guerre même 60 ans plus tard…

Aujourd’hui, l’annonce d’Alger est surtout destinée à défendre son rang sur la scène diplomatique internationale face à la montée en puissance de l’influence marocaine. La décision de l’Algérie de rompre ses relations diplomatique avec le Maroc annonce un point de non retour entre les deux pays.

Ces querelles prennent surtout sens dans une rivalité et un conflit d’influence nord africains. Ces conflits ont également généré une fracture entre marocains et algériens qui continuent d’entretenir des préjugés et stéréotypes l’un sur l’autre. 

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