Alors que le monde ne se remet pas du drame survenu à Crans-Montana, on redécouvre la série « Tous les jours la même nuit » disponible sur Netflix.
Lorsqu’un incendie dans une discothèque tue 242 personnes, les familles des victimes n’ont d’autre choix que de faire leur deuil – et de se battre pour que justice soit faite.
La fiction comme catharsis ?
Une discothèque remplie de jeunes, une fête jusqu’au bout de la nuit, des bougies étincelantes et le plafond qui prend feu … Nous ne sommes pas en train d’évoquer le terrible drame de Crans-Montana survenu dans la nuit du 31 décembre 2025. Nous parlons ici des séquences survenues dans la série Tous les jours la même nuit disponible depuis 2023 sur Netflix. Cette série brasilienne adaptée du livre éponyme de la journaliste Daniela Arbex, réalisée par Julia Rezende et écrite par Gustavo Lipsztein, est sortie sur la plateforme 10 ans jour pour jour après le terrible drame survenu au Brésil en 2013.
L’incendie de la discothèque Kiss à Santa Maria dans la nuit du 27 janvier 2013. Une soirée tourne au drame quand des bougies étincelantes enflamme la mousse isolante au plafond. Puis une épaisse fumée toxique envahit les lieux et le bilan est lourd : 241 mots et plus de 600 blessés. S’ensuit toute une affaire judiciaire pour les familles des victimes pour obtenir réparation. Comme dans la série, la discothèque s’appelle le « KISS » et comme c’est souvent le cas, la fiction est utilisée comme élément pour raconter un drame qui semble indicible. Des familles des victimes vont reprocher à la plateforme de surfer sur un drame en produisant la série mais ce n’est pas la première fois qu’une telle décision est prise.
Une série de retour sur le devant de la scène
Si la série est plutôt passée inaperçue lors de sa sortie sur Netflix, elle revient aujourd’hui à la faveur de l’algorithme qui pousse la série en home page de Netflix à coup d’extraits de bougies étincelantes et d’incendie qui ne sont pas du meilleur effet. Si on ne fait pas partie de ceux qui pensent que la fiction ne doit pas s’emparer de sujets vrais et graves (Des vivants), on pense en revanche que le choix des extraits est un peu discutable et que ça apparaît un racoleur en ces temps douloureux.
De même on ignore si le public a en masse trouvé cette série sur Netflix pour qu’elle se retrouve en « home page » ou si la plateforme la pousse. Dans un pays comme le nôtre où habitude est prise de déprogrammer des fictions proches d’un drame, le choix de Netflix peut surprendre.

Dans les premières minutes, la série Tous les jours la même nuit se focalise sur quelques figures de jeunes hommes et femmes dans le bonheur le plus total et qui vont converger pour une soirée qu’ils souhaitent inoubliable vers la boîte de nuit « Kiss » : un anniversaire, des retrouvailles frère-sœur, des dates, … On assiste ensuite aux premières heures du concert quand tout se passe bien. Puis l’incendie se déclare et la panique, l’affolement s’empare des lieux. Mais ce n’est que le premier des 5 épisodes de la série.
Le reste se penchera à la fois sur le travail de deuil des familles comme de la reconstruction des survivants. Mais la série s’intéressera aussi au procès qui va en découler et au verdict. Même sans le drame de Crans-Montana, la série est bouleversante et résonnera fortement. Mais en repensant au drame suisse, les images seront malheureusement lourde de sens dans leur évocation. Une série nécessaire ? A n’en pas douter !
