Le Festival de Luchon s’apprête à illuminer la ville thermale du 4 au 7 février 2026 pour sa 27ème édition, promettant une nouvelle fois quatre jours intenses dédiés à la fiction et au documentaire. Après une édition 2025 qui a marqué une véritable « Renaissance » avec plus de 3000 festivaliers et un souffle renouvelé, le rendez-vous pyrénéen confirme son retour en force avec l’édition 2026.
« Ouverture et exigence »
Sous la houlette d’Éric Azémar, Maire de Bagnères-de-Luchon, le festival se positionne comme une « vitrine de la créativité audiovisuelle », un espace de rencontres et d’échanges où professionnels, talents émergents et passionnés se côtoient. Pour 2026, la ligne éditoriale est claire : aucune thématique imposée. Cette liberté permet d’accueillir une programmation résolument ouverte, exigeante et éclectique, misant avant tout sur la qualité et la singularité des œuvres. Les fictions et documentaires en compétition n’hésiteront pas à aborder des sujets de fond, ancrés dans les réalités contemporaines : la société, les identités, l’égalité, la ruralité, la santé, la mémoire ou encore l’exil. Un éventail de thèmes qui promet de susciter la réflexion, l’émotion et le divertissement, faisant écho à l’engagement du festival à mettre en lumière les histoires qui nous touchent.

Des fictions entre humour, suspense et drame
La compétition fiction s’annonce riche et variée, avec Valérie Bonneton à la présidence du jury. À ses côtés, des personnalités reconnues comme Thierry Neuvic, Elsa Bennett, Samir Boitard, Léa Gabrié et Philippe Kelly auront la lourde tâche de décerner les prix. Parmi les productions unitaires et séries qui capteront l’attention des spectateurs, on retrouve des titres aux univers contrastés. C’est la série L’affaire Laura Stern qui fera l’ouverture de cette édition.
« Un Noël sans fin« , réalisé par Philippe Dajoux et interprété notamment par François-Xavier Demaison, nous plongera dans le quotidien d’un Ludo au chômage, qui, menacé d’expulsion, doit prouver à son ex-femme sa capacité à s’occuper de leurs trois enfants. L’intrigue prend un tour inattendu lorsqu’il revit sans cesse la même journée de Noël, offrant une chance inespérée de réparer ses erreurs. Autre fiction unitaire, « Papa malgré lui« , de Chris Briant, met en scène Arnaud Ducret dans le rôle d’Alex, un journaliste fêtard qui voit sa vie bouleversée en découvrant l’existence de sa fille de 17 ans, victime de harcèlement scolaire. Il s’infiltre alors dans son lycée comme professeur d’histoire pour lui venir en aide.
Le festival explorera aussi des thèmes plus sombres avec « Impacts« , d’Alain Tasma, qui retrace les conséquences d’une collision et d’une fuite après un accident. Le drame rural sera à l’honneur avec « Un dimanche de chasse » de Catherine Klein, où l’emménagement de la famille Cellier dans un village se transforme en cauchemar après un tir accidentel en forêt. Des histoires familiales complexes seront également à découvrir, comme dans « Triple Je » de Gaël Leforestier, où trois inconnus (Barbara Schultz, Arnaud Ducret) découvrent qu’ils sont triplés séparés à la naissance et doivent s’entraider malgré leurs différences.
La thématique de la maternité et de la trahison sera abordée dans « Une relation dangereuse » de Nadège Loiseau, avec Ophelia Kolb et Grégory Fitoussi, retraçant le combat d’une brillante reporter de guerre confrontée à une dépression post-partum. Les séries ne seront pas en reste, avec notamment « La Mère et l’Assassin » de Sandra Perrin, qui suit Morgane (Hélène de Fougerolles) dans une quête solitaire après la disparition de sa fille et le meurtre de son amant. L’originalité sera de mise avec « Ma femme est une espionne ! » de Léo Karmann, où Isabelle Brunet (Marie Gillain) redécouvre un passé d’espionne effacé de sa mémoire. Enfin, la série « Phoenix« , créée par Matthieu Bernard et Louis Aubert, proposera un thriller engagé autour d’activistes environnementaux kidnappant les enfants de dirigeants d’entreprises pour dénoncer le « greenwashing ».
En dehors de la compétition principale, la section « Hors Compétition Collections » offrira au public l’opportunité de décerner un prix. Deux fictions unitaires sont d’ores et déjà annoncées : « Crimes à Cluny » de Céline Guerraz, avec Sonia Rolland, qui mêle festivités et enquête policière autour d’un meurtre ancien, et « Monsieur Parizot – Cure mortelle » de François Guérin, où Patrick Paroux enquête sur un décès inexpliqué lors d’un séjour thermal.
Des documentaires tournés vers le monde
Le jury documentaire, présidé par Lionnel Astier, et composé de personnalités telles que Ketty Rios Palma, Olivier de Bannes, Princess Erika, Patrick Jeudy et Olivier Brumelot, aura la charge d’honorer des œuvres qui éclairent notre monde. Le festival a sélectionné des documentaires qui osent explorer des facettes souvent méconnues de l’expérience humaine.
« À la vie, à la mort » d’Antoine Dabin offrira une immersion poignante dans le métier du funéraire, confrontant les préjugés et la réalité de l’accompagnement du deuil. Le portrait intime d’un artiste engagé sera dressé avec « Claude McKay, errances d’un poète révolté » de Matthieu Verdeil, un regard sur ce poète jamaïcain précurseur de la Négritude. Des questions sociales cruciales seront soulevées par « Jusqu’à preuve du contraire » de Jean-Baptiste Renaud, qui donnera la parole aux femmes demandeuses d’asile à Marseille, confrontées à la violence des parcours migratoires.
Le débat éthique sera au cœur du « Dilemme d’Hippocrate » de Guillaume Estivie, suivant le premier comité d’éthique dans un hôpital, questionnant la médecine entre science et conscience. Des thèmes difficiles mais essentiels seront abordés, comme dans « Inceste, le combat d’une vie » de Stéphanie Pillonca, qui, à travers le témoignage de Steffy, interrogera les défaillances des institutions face à l’inceste.
Plus léger mais non moins inspirant, « La leçon de violon » de Julie Bertuccelli suivra Rachel Routier, une professeure de violon passionnée qui enseigne bien plus que la musique. L’histoire méconnue sera révélée par « La vente secrète des Juifs de Roumanie » de Pierre Goetschel, une enquête sur un trafic d’êtres humains durant l’ère communiste. Des sujets d’actualité résonneront également, comme dans « Les visages de la guerre » de Didier Cros, qui nous emmènera dans un hôpital ukrainien dédié aux blessés de guerre, ou « Notices rouges » de Jean-Christophe Brisard, explorant l’utilisation abusive des notices Interpol pour traquer des opposants politiques. Enfin, « Oceania, les gardiens de l’océan » de Raynald Merienne mettra en lumière l’engagement des peuples du Pacifique face aux défis environnementaux.