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Pourquoi la nouvelle Barbie fait polémique ?

Avec la sortie d’une Barbie atteinte d’un trouble du spectre de l’autisme, Mattel entend renforcer sa gamme de poupées inclusives. Mais en France, l’initiative suscite une vive controverse. Plusieurs associations dénoncent une vision stigmatisante et commerciale de l’autisme.

Une nouvelle Barbie au nom de la diversité

Depuis lundi 12 janvier, Mattel commercialise une nouvelle poupée Barbie présentée comme atteinte d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Ce modèle s’inscrit dans la gamme Barbie Fashionistas, qui vise à « célébrer la diversité ». Depuis 2023, le groupe américain a déjà lancé plusieurs poupées représentant des situations de handicap ou des maladies chroniques, notamment une Barbie porteuse de trisomie 21, une autre aveugle ou encore une diabétique de type 1.

Pour concevoir cette poupée, Mattel affirme avoir travaillé avec l’association américaine Autistic Self Advocacy Network (ASAN), qui milite pour les droits et la représentation des personnes autistes. Selon le groupe, la Barbie « a été créée avec l’aide de la communauté autiste afin de représenter les manières courantes dont les personnes autistes peuvent vivre, traiter et communiquer avec le monde qui les entoure ».

Des accessoires jugés caricaturaux

La poupée se distingue par plusieurs éléments censés illustrer le quotidien de certains enfants autistes : un casque antibruit, un jouet sensoriel de type “hand spinner”, ainsi qu’une tablette de communication alternative. Mattel a également doté la Barbie d’articulations flexibles aux coudes et aux poignets pour permettre de reproduire des mouvements répétitifs. Son regard, légèrement décalé, vise à représenter l’évitement du contact visuel, fréquent chez certaines personnes autistes.

Un portrait qui provoque une vive réaction en France. Olivia Cattan, présidente de SOS Autisme France, dénonce « une réduction abusive de l’autisme à des signes visibles« . « Le problème est de prétendre représenter l’autisme tout en le réduisant à une série de signes caricaturaux », écrit-elle dans une lettre adressée à Mattel. L’association critique également l’appellation de « Barbie autiste », jugée stigmatisante.

Un enjeu aussi économique pour Mattel

Avec cette nouvelle Barbie, Mattel cherche aussi à moderniser l’image d’une marque longtemps critiquée pour son manque d’inclusivité. L’enjeu est également économique. Au deuxième trimestre 2025, le groupe a enregistré une baisse de 6 % de son chiffre d’affaires, avec un recul marqué des ventes de poupées Barbie dans le monde (-25 %).

Dans ce contexte, certains observateurs voient dans cette Barbie autiste un coup marketing, davantage pensé pour le marché nord-américain, où l’initiative semble mieux accueillie. Mattel a par ailleurs annoncé le don de 1 000 poupées à des hôpitaux pédiatriques américains disposant de services spécialisés pour l’autisme.

En France, 700.000 personnes sont atteintes d’autisme selon la Haute Autorité de Santé.

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