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On a vu pour vous… Les Gouttes de Dieu saison 2 (AppleTV)

Adaptation du célèbre manga, Les Gouttes de Dieu revient avec une deuxième saison encore plus ambitieuse, entre héritage et quête initiatique.

C’est quoi, Les Gouttes de Dieu (saison 2) ? Après les événements de la saison 1, Issei (Tomohisa Yamashita) est profondément déstabilisé. Frustré de ne pas posséder les mêmes « visions » liées au vin que sa demi-sœur, il cherche à les provoquer artificiellement, quitte à se mettre en danger. Quant à Camille (Fleur Geffrier), sa relation avec son père défunt reste une plaie ouverte. Mais voilà qu’elle reçoit une bouteille accompagnée d’un ultime message d’Alexandre Léger : un vin exceptionnel qu’il n’a jamais réussi à identifier, et qu’il confie à ses successeurs comme un dernier défi. Le geste rallume immédiatement la flamme d’Issei, mais provoque chez Camille un rejet violent. Contre toute attente, elle accepte pourtant d’accompagner Issei dans la quête. A travers l’Europe, ils vont suivre des traces fragiles pour tenter d’identifier ce vin fantôme, tout en se confrontant à leurs propres histoires, leurs blessures et leurs liens.

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Unanimement saluée par la critique avec sa première saison, l’adaptation du manga Les Gouttes de Dieu revient sur Apple TV. Si elle avait déjà pris de nombreuses libertés avec l’œuvre originale, elle s’en éloigne encore en proposant une extension narrative libre,  tout en conservant le thème de la transmission tout comme l’esprit sensoriel et culturel qui fait le charme de l’œuvre papier.

Une extension de l’univers, au-delà du vin et de l’héritage

    Pour rappel, la première saison commençait par la mort d’Alexandre Léger, critique œnologique français de renommée mondiale installé à Tokyo. À la lecture de son testament, sa fille Camille — qu’il n’a pas vue depuis des années — apprend qu’elle hérite d’une cave d’exception à condition de participer à une série d’épreuves vinicoles l’opposant à Issei Tomine, protégé de Léger qui s’avère être son demi-frère. 

    Cette deuxième saison confirme ce que la première avait esquissé : le vin est un prisme sensoriel à travers lequel se raconte une histoire beaucoup plus vaste. Alors que la saison 1 restait centrée sur l’héritage d’un homme et une compétition structurée entre ses successeurs potentiels, cette suite élargit l’exploration vers d’autres terroirs, notamment en Géorgie. Cette extension offre une richesse visuelle impressionnante — entre montagnes verdoyantes, vignobles perdus et paysages historiques — qui transforme chaque épisode en une carte postale viticole.

    Mais au-delà du simple tourisme œnologique, la série puise dans ces nouveaux lieux des enjeux narratifs forts, faisant du vin le vecteur d’une quête sur l’origine, la mémoire, le lien humain et surtout le vécu personnel. Il ne s’agit plus seulement de savoir d’où vient le cru exceptionnel au centre du récit, mais de comprendre d’où viennent les émotions, les histoires et les traditions qui façonnent ce vin — et, à travers lui, les personnages.

    Camille et Issei, à la recherche d’un vin d’exception

    Rivalité, complicité et quête initiatique

      Si le récit se focalise davantage sur Issei, c’est toujours sa relation avec Camille qui porte le récit. Le lien se complexifie et s’enrichit dans cette saison : après la compétition acharnée de la saison précédente, l’enquête sur les origines du cru mystérieux et les conséquences remettent en question leur dynamique, à la fois intime et ambivalente. Entre jalousie et tendresse, incompréhension et empathie, leur relation rend l’expérience émotionnelle plus riche et plus touchante.

      La performance des acteurs Fleur Geffrier et Tomohisa Yamashita est l’un des éléments les plus forts de cette évolution. Leur jeu subtil rend les émotions visibles sans jamais les forcer : Geffrier excelle à traduire la vulnérabilité, la détermination et les contradictions d’une Camille en colère contre son père, tandis que Yamashita apporte à Issei une rigueur discrète qui cache une profonde fragilité et la frustration de se sentir inférieur à la sensibilité œnologique presque instinctive de sa partenaire. Ensemble, ils incarnent une véritable chimie narrative qui donne à cette quête un poids dramatique bien au-delà de la simple enquête.

      Pour autant, cette deuxième saison n’atteint pas toujours la profondeur intimiste qui faisait la force de la première. Si le récit se concentre davantage sur Issei — notamment à travers l’exploration d’un traumatisme d’enfance structurant — il peine parfois à retrouver la même intensité émotionnelle. Et lorsque Camille et Issei sont séparés à l’écran, la série semble perdre une partie de sa tension dramatique. 

      Une adaptation audacieuse hors des sentiers du manga

        En s’émancipant du manga d’origine, Les Gouttes de Dieu prend un pari narratif audacieux. Alors que la saison 1 avait déjà procédé à plusieurs ajustements (notamment en féminisant le protagoniste principal), la suite creuse encore cette liberté créative en proposant une intrigue originale qui n’existe pas dans l’œuvre papier.

        Issei est au cœur de cette deuxième saison

        Ce choix ouvre la porte à une interprétation plus large de ce que la série peut être : pas seulement une adaptation, mais une œuvre autonome. En élargissant le cadre narratif et les enjeux symboliques, la série explore la quête du sens et la complexité des relations humaines tout en restant ancrée dans son cœur sensoriel et émotionnel.

        En fin de compte, cette audace donne à Les Gouttes de Dieu une identité propre, capable de séduire à la fois les amateurs du manga et ceux qui découvrent cet univers à travers l’écran.

        Avec cette deuxième saison, Les Gouttes de Dieu passe de la « simple » adaptation à un récit plus autonome. En arpentant d’autres territoires — géographiques comme émotionnels — la série élargit son univers tout en respectant son essence. Si cette expansion se fait parfois au détriment de la profondeur intimiste qui faisait la singularité de la première saison, elle confirme néanmoins la richesse de son univers et la force de son duo central. Entre enquête œnologique et quête personnelle, la série distille ses arômes avec la délicatesse et la puissance d’un grand cru — parfois moins concentré, mais toujours élégant. À la vôtre ! 

        Les Gouttes de Dieu — Saison 2
        8 X 42′ environ
        Le 21 janvier sur Apple TV

        About author

        Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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