Si vous aimez Virgin River, Retour à Sullivan’s Crossing est pour vous : romance, famille cabossée au bord d’un lac paisible et la promesse d’une série douce et feel good.
C’est quoi, Retour à Sullivan’s Crossing ? Maggie Sullivan (Morgan Kohan), brillante neurochirurgienne de Boston, voit sa carrière et sa vie personnelle s’effondrer après des affaires qui ternissent sa réputation. Lâchée par son compagnon et mise à l’écart de l’hôpital, elle décide de tout quitter pour retourner à Sullivan’s Crossing, un camping isolé en Nouvelle-Écosse, tenu par son père, Sully (Scott Patterson) avec qui elle est en froid depuis des années. Alors qu’elle tente de se reconstruire, Maggie rencontre le beau Cal Jones (Chad Michael Murray), qui pourrait devenir bien plus qu’un simple voisin.
Lancée en 2023 et disponible sur Netflix et TF1+, Retour à Sullivan’s Crossing a été créée par Roma Roth, déjà productrice exécutive de Virgin River. Ce n’est pas un hasard : non seulement la série s’inscrit dans la même veine, mais elle est adaptée des romans éponymes de Robyn Carr, autrice de… Virgin River.
Une héroïne en reconstruction
Au cœur de la série, Maggie (la charmante Morgan Kohan) est une neuro-chirurgienne promise à une carrière exceptionnelle, jusqu’à ce que tout bascule. Son nom est associé à une affaire judiciaire, une procédure médicale tourne mal et son petit ami la quitte. Épuisée, Maggie prend une décision radicale : retourner à Sullivan’s Crossing, un camping rustique et isolé en Nouvelle-Écosse, au bord d’un lac. Un lieu chargé de souvenirs, tenu par son père Sully, avec qui elle n’a plus de relation.
A mille lieues de la vie qu’elle connaît, Maggie va se reconstruire auprès d’anciennes connaissances et de nouvelles rencontres. Son évolution passe notamment par deux relations centrales. D’abord celle qu’elle entretient avec son père, Sully. Après le divorce de ses parents, Maggie ne lui a jamais pardonné son silence et son absence. Leur relation, faite de non-dits, est l’un des piliers émotionnels de la série, autour du pardon et de la réparation. Le choix de Scott Patterson (Luke dans Gilmore Girls), ajoute une touche de nostalgie au personnage, à la fois bourru et profondément tendre.
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Ensuite, il y a Cal. Tout, chez lui, relève du fantasme romantique : grand, blond, taciturne, marqué par un passé douloureux. Mais la série évite d’en faire un simple cliché : Cal (c’est un plaisir de retrouver Chad Michael Murray – Les frères Scott – dans le rôle) est un homme blessé, qui craint autant l’amour qu’il le désire. Le spectateur sait dès le départ que Maggie et lui finiront ensemble, mais là n’est pas l’essentiel. Ce qui compte, c’est le chemin : lent, hésitant, ponctué de malentendus, à mesure que chacun apprend à faire confiance, à laisser tomber ses défenses et à accepter d’être vulnérable.
La force d’une communauté
Tournée en Nouvelle-Écosse, la série bénéficie de paysages de lacs, de forêts et de côtes atlantiques qui lui donnent une vraie identité visuelle, plus douce que celle de Virgin River. Mais comme dans Virgin River, la force de la série, ce sont les personnages qu’elle inscrit dans son décor. Autour de Maggie, chacun porte sa propre blessure : Edna et Frank Cranbear, le couple amérindien qui travaille au Crossing ; Sydney, l’amie d’enfance ; Rob, le veuf qui élève seul son fils. Ensemble, ils forment un filet de sécurité, pour Maggie comme pour le spectateur.
La série cultive volontairement une forme d’utopie : ici, on se parle, on s’aide, on prend le temps. Les drames existent — incendies, maladies, secrets, grossesses surprises — mais ils sont absorbés par la solidarité collective. On ne regarde pas Retour à Sullivan’s Crossing pour être choqué, mais pour retrouver une foi simple dans les relations humaines. Roma Roth suit d’ailleurs de très près les réactions des fans, ajustant parfois intrigues et rebondissements selon leur attachement aux personnages.
Un drama “fleur bleue” assumé
Retour à Sullivan’s Crossing n’a aucune intention de bousculer les codes, ni de livrer une radiographie sociale acide ou un drame existentiel radical. Son cœur battant, c’est la romance, les liens familiaux, les blessures intimes et la capacité à aimer à nouveau. C’est une série « fleur bleue », et elle l’assume pleinement : des regards prolongés au bord du lac, des réconciliations sous la pluie, des secrets de famille révélés à la lumière d’un feu de camp… Mais c’est aussi ce qui fait tout son charme.

La série n’est jamais cynique ni cruelle. Il y a des ruptures, des accidents, des deuils, des décisions difficiles — toujours abordés avec douceur et bienveillance. Les conflits existent, parfois intenses, mais ils servent moins à créer du choc qu’à faire évoluer les personnages et à les rapprocher. On n’est pas dans le suspense angoissant, mais dans l’attente émotionnelle : va-t-elle lui pardonner ? va-t-il oser l’aimer ? vont-ils enfin se parler ?
Cette approche rend la série très addictive. Parce que les enjeux ne sont pas de savoir « qui va mourir » ou « qui va trahir », mais « est-ce qu’ils vont guérir », « est-ce qu’ils vont se retrouver », «est-ce que cette famille va se réparer ». Ce sont des enjeux modestes, humains, profondément universels. Et c’est pour cela qu’on s’y attache autant.
Retour à Sullivan’s Crossing est une série qui fait du bien. Elle ne cherche pas à impressionner mais à réconforter – et elle y parvient avec une efficacité désarmante. Elle assume son ADN de feuilleton romantique, prévisible et parfois naïf — et c’est précisément ce qui fait sa force. Regarder Retour à Sullivan’s Crossing, c’est accepter de ralentir, de s’asseoir au bord d’un lac et de croire, le temps de 45 minutes, que les blessures peuvent guérir, que l’amour peut revenir et que les familles, même fracturées, peuvent se réparer. Une bulle de douceur et de romantisme, tendre et obstinément humaine.