TF1 organisait la 19ᵉ édition des Rencontres de l’Info à Marseille. Anne-Claire Coudray a échangé avec 600 collégiens et lycéens sur les enjeux de l’information de nos jours. La présentatrice du 20H alerte sur la responsabilité des jeunes, futurs citoyens, face à la masse d’informations et plaide pour une cohabitation intelligente entre médias traditionnels et plateformes numériques.
Comment raconte-t-on l’info aux jeunes à l’ère des réseaux sociaux ?
Selon un dernier rapport de l’Arcom, plus de 50% des moins de 25 ans en France s’informe via les réseaux sociaux. Les jeunes découvrent l’actualité en scrollant. Une notification, une vidéo courte, un post viral : l’information circule vite, parfois trop vite. Elle se consomme en continu, fragmentée, souvent sans hiérarchie claire, et parfois sans vérification.
Pour Anne-Claire Coudray, qui présente le 20H de TF1 depuis plus de 10 ans, il faut accepter cette évolution plutôt que la combattre. « On coexiste dans un même monde : réseaux sociaux et médias traditionnels », affirme-t-elle.
Selon la présentatrice du 20H, le rôle du JT change : il ne révèle plus seulement l’information, il la contextualise.« Je suis presque ravie de savoir que quand les téléspectateurs arrivent sur le 20h, ils sont déjà au courant des informations essentielles de la journée. Ce qu’ils viennent chercher chez nous, c’est la couleur de la chaîne, les images qui vont leur envoyer des informations et parfois la confirmer ».
Anne-Claire Coudray pointe la responsabilité qui attend les jeunes citoyens
Face à cette rapidité de l’information sur les réseaux sociaux, Anne-Claire Coudray admet quelques inquiétudes : « Ce qui m’inquiète, c’est que les futurs citoyens que vous êtes n’identifient pas qui vous parle. ».
Elle rappelle que sa génération n’avait pas à affronter cette complexité. « Nous, on avait un dictionnaire, une encyclopédie, nos parents, un journal télé avec trois chaînes. » Aujourd’hui, la situation est différente. « La responsabilité qui vous attend si jeunes, c’est de faire le tri dans toutes les informations qui vous sont diffusées. ».
Pour Anne-Claire Coudray, les jeunes doivent développer une méthode. « Vous allez devoir vraiment développer des compétences pour vous y retrouver. Vous avez le droit de tout regarder, mais il faut que vous vous armiez pour savoir si c’est du vrai ou du faux, du marketing ou de la vraie info. ».
Le message d’Anne-Claire Coudray se veut clair et presque solennel : « Ce n’est pas pour recruter des jeunes téléspectateurs pour notre chaîne. Je suis en train de vous supplier de faire attention à ce que vous regardez. », conclut la journaliste.
Les réseaux sociaux, moteur de curiosité pour Anne-Claire Coudray
Pour autant, Anne-Claire Coudray ne diabolise pas les réseaux sociaux. Elle leur reconnaît même un rôle positif. « Les réseaux sociaux peuvent vous amener à devenir curieux d’un sujet », reconnaît-elle.
Un jeune peut découvrir un thème sur son réseau préféré et décider ensuite d’approfondir : « Vous pouvez vous dire dans la journée : tiens, ce sujet m’intéresse, je vais aller regarder le journal télévisé le soir ou lire un article du Monde pour en être sûr ».
Anne-Claire Coudray croit « beaucoup à cette dynamique de la curiosité qu’apportent les réseaux sociaux ». Pour elle, « l’un n’est pas concurrent de l’autre ». Au contraire : « Si les réseaux vous donnent envie de vous intéresser à un sujet, merci les réseaux sociaux. », déclare-t-elle en souriant.
TF1 à la conquête des jeunes publics
Face à ces nouveaux usages, le groupe TF1 adapte sa stratégie. Christelle Chiroux, directrice adjointe de l’information du groupe TF1, détaille les initiatives mises en place.
« On travaille avec des créateurs de contenus qui font de l’information », explique-t-elle. La chaîne va notamment collaborer avec Gaspard G. « Il peut nous apporter sa connaissance de ces terrains, ceux des réseaux sociaux. ».
Christelle Chiroux défend cette ouverture : « C’est important de travailler avec ces créateurs de contenus qui n’ont pas forcément de carte de presse mais qui font du journalisme et travaillent avec leur rédaction. ».
TF1 adapte aussi ses formats. « On a lancé toute une série de podcasts », précise la directrice adjointe. L’objectif est clair : aller là où se trouvent les jeunes, sans renoncer aux exigences journalistiques.