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On débriefe pour vous … les premiers épisodes de Love Story : John F. Kennedy Jr. & Carolyn Bessette

Pour ouvrir sa nouvelle anthologie Love story, Ryan Murphy choisit l’un des couples les plus glamours et médiatiques des années 1990 : John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette.

C’est quoi, Love Story ? Nous sommes en 1992. John Kennedy Jr (Paul Anthony Kelly), fils du président assassiné, est l’héritier malgré lui d’un nom écrasant. Scruté par les paparazzi, il fréquente l’actrice Daryl Hannah (Dree Hemingway). Carolyn Bessette (Sarah Pidgeon), elle, travaille pour Calvin Klein et orchestre l’image glamour de la marque. Lorsqu’ils se rencontrent lors d’une soirée, l’attirance est immédiate. Mais malgré le coup de foudre, leur idylle est contrariée par les pressions médiatiques et familiales, qui  menacent de les séparer. 

Créée par Connor Hines d’après le livre d’Elizabeth Beller, Love Story est la nouvelle anthologie produite par Ryan Murphy qui s’intéresse aux histoires d’amour célèbres après l’horreur (American Horror Story), les faits divers (American Crime Story), les tueurs en séries (Monsters) et le sport (American Sports Story). Pour l’inaugurer, il a choisi le couple formé par  John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette, dont l’histoire tragique est racontée en 9 épisodes (en France sur Disney+.) 

Amour, gloire et beauté

Le 16 juillet 1999, sur un petit tarmac, John F. Kennedy Jr., sa femme Carolyn et la sœur de celle-ci montent à bord d’un petit avion ; il n’arrivera jamais à destination. Ce prologue funèbre annonce la fin que nous connaissons ; reste à découvrir le chemin qui y a conduit.

Sept ans plus tôt. John, héritier malgré lui du nom écrasant des Kennedy, tente de devenir avocat. Harcelé par les médias et sous le regard constant du public, il vit une relation intermittente avec l’actrice Daryl Hannah et veille sur sa mère Jackie dont la santé décline. Carolyn, elle, travaille pour Calvin Klein où son style minimaliste chic fait merveille. Leur rencontre lors d’un gala ressemble à un coup de foudre, toutefois contrarié : rythmes de vie incompatibles, secrets, hésitations, attention médiatique permanente. Leur idylle est écartelée entre leur désir de s’aimer et celui d’échapper au regard des autres. 

Si Murphy a refusé de consulter la famille – quitte à s’attirer leurs critiques, et notamment celles de  Jack Schlossberg, petit-fils de John F. Kennedy – les événements majeurs de l’histoire sont globalement fidèles à la réalité. La chronologie, les lieux, les figures secondaires – notamment Jacqueline Kennedy Onassis – correspondent aux sources biographiques. Aux côtés de Naomi Watts dans le rôle de Jackie Kennedy, ce sont deux acteurs quasi inconnus qui endossent les deux rôles principaux. Un choix dans le but d’éviter l’effet “imitation” qui plombe souvent les biopics. 

John Jr et sa mère, Jackie Kennedy Onassis

Une romance médiatisée

Visuellement, Love Story est une réussite : clubs enfumés, lofts baignés de néons, robes glissant sur des silhouettes trop belles pour être vraies. Mais  Murphy renverse ici sa propre tradition du glamour flamboyant : le luxe n’est pas qu’un privilège, il est aussi une cage ; la célébrité n’est pas qu’un avantage, c’est aussi une malédiction qui autorise chacun — paparazzis, public, médias — à s’approprier les vies et les histoires.

Carolyn, sublime blonde élancée, fait les frais d’une surexposition médiatique à laquelle elle n’est pas habituée. Styliste devenue icône malgré elle, elle découvre que l’image qu’elle pensait maîtriser dans son travail lui échappe dès qu’elle tombe amoureuse de John. La série montre avec une acuité rare comment la célébrité, censée être un outil et un avantage, devient une arme braquée contre celle qui en jouit. John Jr, lui, n’est pas seulement un homme : il est une figure d’un récit national. Fils du président assassiné, “prince de l’Amérique”, il est écrasé par l’aura de son père et se débat pour trouver sa place. La série dissèque ce poids avec une délicatesse inattendue. 

Un peu comme l’a fait The Crown, Love story imagine ce que ces figures publiques se disent quand les caméras et les appareils photos s’éteignent. Mais là où la famille royale britannique porte l’histoire d’un pays, John porte surtout un nom, une image, un fantôme. Son combat n’est pas politique : il est identitaire.

Une intimité qui n’existe plus

Comme l’indique son titre, Love Story s’attache à l’histoire d’amour entre John et Carolyn. Dans un environnement glamour, c’est une romance aux airs de coup de foudre, confrontée à des obstacles et vicissitudes dont les protagonistes doivent triompher. Ils sont riches, beaux et célèbres mais justement, leur amour naît et se développe dans l’espace public. Chaque rencontre, chaque dispute, chaque sourire alimente la rumeur. Les scènes intimistes brutalement interrompues traduisent une idée forte : aimer, pour John et Carolyn, n’est jamais un repos. C’est un travail voire une lutte permanente face à un monde qui réclame toujours plus d’images, à partir desquelles extrapoler et s’immiscer dans leur relation.

Carolyn et John, dans un rare moment d’intimité volé

Ryan Murphy, souvent accusé d’excès, opte cette fois pour une retenue où la beauté sert à révéler la fragilité plutôt qu’à la masquer.  Une réflexion presque mélancolique sur ce que la célébrité fait à l’amour, sur la façon dont des êtres humains deviennent des mythes consommables. Cette fin des années 1990 — où les célébrités ne peuvent échapper à une sur exposition  qui signe la fin de l’intimité – annonce notre désir collectif de regarder, de commenter et de juger, prémices d’une sur-attention encore accentuée aujourd’hui par les réseaux sociaux. Dans ce jeu cruel entre image et chair, John et Carolyn deviennent des figures emblématiques et douloureusement familières. 

Love Story retrace l’histoire d’un couple mythique, mais elle analyse aussi notre rapport au regard. Si John et Carolyn nous fascinent encore, ce n’est pas seulement pour leur beauté ou leur destin tragique, mais parce que leur drame — être scrutés en permanence sans jamais vraiment être vus — annonce notre présent saturé d’images, d’expositions plus ou moins volontaires et de vies vécues sous surveillance. Love story ne s’attache pas seulement à une romance du passé, elle met en scène la naissance de notre époque et le besoin vital d’un espace pour aimer et exister sans témoins. 

Love Story
9 épisodes de 50′ environ
Sur Disney+.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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