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On a vu pour vous … le premier épisode de Un prophète (Canal+)

Une adaptation de plus d’un film avec Un prophète ? Non une série coup de poing sur la prison dont on manquait en France.

Marseille, aujourd’hui. Pris dans l’effondrement d’un immeuble, Malik, un jeune Mahorais, réussit à s’en sortir mais est arrêté pour possession de drogue. En prison où la guerre des clans fait rage, il doit vite trouver des alliés. Massoud, un promoteur immobilier aux activités plus ou moins légales, lui propose sa protection en échange de sa loyauté. Mais Malik se rend vite compte qu’il n’est qu’un pion dans le jeu de Massoud et qu’il devra s’emparer du pouvoir pour survivre.

L’essentiel

Porter à l’écran télé une version série avec une nouvelle histoire du grand film de Jacques Audiard qui a révélé Tahar Rahim semblait être une gageure, une fausse bonne idée. Et ça tombe, Un prophète ne fait que reprendre le concept pour raconter autrement cette histoire. Celle d’un jeune homme, paumé qui arrive en prison et va devoir vite en comprendre les codes pour survivre. Mais c’est bien la rencontre avec son destin que va faire Malik durant les 8 épisodes de cette saison.

Trois auteurs sont impliqués dans l’écriture de la série dont Abdel Raouf Dafri déjà auteur du film d’Audiard qui renoue ici avec le projet d’une vie et une manière si singulière qu’il a de raconter, voire de faire parler ceux qu’on entend, comme il le faisait dès sa grande série pourtant injustement méconnue que fut La commune (Canal+) et qui portait en elle les germes d’un travail que l’on retrouve jusqu’ici. A ses côtés, on retrouve Nicolas Peufaillit qui a donné vie à ses personnages tandis que le réalisateur Enrico Maria Artale met en images leur destinée avec beaucoup de sobriété.

On aime ?

Face à une adaptation, on a parfois le réflexe de ne regarder que le premier épisode et ainsi se confirmer qu’on avait raison d’être méfiant et que rien ne vaut l’original. L’avantage ici est que ce sont deux histoires différentes face à un point de départ commun. Et si vous ne décidez de regarder que le premier épisode, vous allez littéralement prendre une claque. Dès sa scène d’ouverture dans un immeuble miteux de Marseille où échoue littéralement Malik qui sert de « mule » à des trafiquants et qui vient « rendre » la cargaison. A croupi dans une salle de bain insalubre, il n’a pas le temps de rendre quoi que ce soit que l’immeuble s’effondre sur lui. Il survit miraculeusement mas sa cargaison retrouvée, il termine au Beaumettes. Et son cauchemar de commencer. Pour nous, c’est un voyage sériel incroyable qui s’amorce. Nous n’avons eu que très peu de séries en prison (Marion Mazzano était une intéressante tentative sur France 2) mais Un prophète est la série qu’on pouvait attendre.

A peine arrivé, Malik est soumis au clans, à la violence qui s’exerce contre les nouveaux qui ont vite intérêt à trouver un protecteur, dans ce cas ce sera d’abord Rony, incarné par le génial Moussa Masskri. Mais une menace plus grande arrive quasiment en même temps que Malik, c’est l’impitoyable Massoud qui accepte de faire de la prison pour servir de fusible. Et c’est vers lui que Malik va petit à petit devoir évoluer. Dans cette série collégiale incroyable s’élève une révélation incroyable, qui porte et emporte tout, à savoir Mamadou Sidibé. Il donne à Malik toute l’épaisseur nécessaire, celle qui commence par l’innocence basculant en plein cauchemar pour aller vers cet homme qui observe, dissèque, et s’affirme en ayant toujours d’être celui qu’il n’est pas. Dans ce premier épisode, il impose sa présence par un mutisme paradoxal. Sa prestation est absolument remarquable et on aura aucun mal à lui prédire un parcours comme celui de son prédécesseur, Tahar Rahim. Un exemple de ce que le charisme et la présence peuvent apporter à un comédien.

Un prophète est donc bien une série solide, remarquablement écrite et emporte ses personnages sans jamais tomber dans un excès de violence qui aurait tout anéanti. Les personnages ne sont jamais oubliés au détriment d’un bon rebondissement ou d’un effet de manche et c’est sans aucun doute ce qui rend la série à ce point forte.

Un prophète
8x 52 minutes
Dès le 2 mars sur Canal+

About author

Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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