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C’est quoi les Enhanced Games, ces Jeux Olympiques pour les dopés ?

Ce week-end, Las Vegas a accueilli les Enhanced Games. Il s’agit d’une compétition sportive où le dopage est non seulement autorisé, mais encouragé. Un concept qui fait autant parler de lui pour son étrangeté que pour son bilan décevant.

Dans le monde du sport professionnel, le dopage est l’un des sujets les plus sensibles. Lance Armstrong, le système de dopage d’État russe révélé avant les Jeux de Rio, Ben Johnson en 1988, les scandales ont marqué l’histoire et ont poussé les grandes instances à adopter des règles toujours plus strictes. Aujourd’hui, un athlète contrôlé positif risque une suspension pouvant aller jusqu’à plusieurs années, voire une exclusion à vie. C’est dans ce contexte que les Enhanced Games ont choisi de prendre tout cela à contrepied.

Enhanced Games, les Jeux des dopés

Derrière ce projet, on retrouve Aron D’Souza, un entrepreneur australien qui avance que le dopage dans le sport est déjà généralisé. Selon lui, les instances sportives font preuve d’hypocrisie en l’interdisant. Sa réponse : créer une compétition qui encourage le dopage. Les Enhanced Games autorisent les « substances qui améliorent la performance », même celles interdites par les fédérations. Le protocole est décrit comme « sûr, légal et guidé par la science ». Selon les organisateurs, les dotations seront bien plus importantes que celles accordées aux athlètes olympiques. Cette opportunité financière a convaincu une poignée d’athlètes.

En athlétisme, la tête d’affiche est Fred Kerley, champion du monde du 100m en 2022. Il avait été suspendu pour avoir manqué trois contrôles antidopage. Côté francophone, le sprinteur Mouhamadou Fall, multiple champion de France sur 100m et 200m, a annoncé sa participation malgré une suspension en cours de l’AFLD. Les drogues récréatives comme la cocaïne restent interdites, et l’événement devait rassembler environ 40 athlètes dans trois disciplines : natation, athlétisme et haltérophilie. La diffusion des Enhanced Games s’est déroulé ce dimanche 24 mai en live, sur Kick notamment.

Un bilan extrêmement décevant

Évidemment, les critiques sont très nombreuses. La spécialiste Maryse Lapeyre-Mestre s’est indigné au micro de Brut. Elle décrit ce concept comme très dangereux. Elle met également en garde vis à vis des substances dopantes : « C’est un peu jouer à l’apprenti sorcier. Les stéroïdes favorisent les atteintes aux artères et donc, au bout d’un certain temps, le risque va augmenter pour la santé ». Les Enhanced Games disent assurer un suivi médical sur cinq ans des athlètes. Mais de nombreux experts critiquent le cadre des tests effectués. L’ AMA, l’Agence mondiale antidopage a caractérisé ce projet de « contraire à l’intégrité sportive ».

L’autre critique, plus inattendue, concerne les résultats eux-mêmes. Sur plusieurs heures d’épreuves en haltérophilie, athlétisme et natation, un seul athlète a battu un record du monde : le nageur grec Kristian Gkolomeev sur le 50 m nage libre, en 20 secondes 81. Il a reçu une prime d’un million de dollars pour sa performance. Fred Kerley, censé faire exploser les compteurs sur 100m, a terminé en 9 secondes 97. Usain Bolt avait lui couru la même distance en 9 secondes 58 en 2009. Un bilan maigre pour un événement qui avait pour promesse de révolutionner le sport. Dans la presse américaine, le verdict est clair : les Enhanced Games sont un flop monumental.

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