Journaliste, chroniqueuse et maintenant romancière avec Spécimen, Pauline Clavière signe son quatrième roman. Un livre dont tout le monde parle depuis sa parution le 11 mars dernier.
Spécimen, de Pauline Clavière, est paru chez Grasset le 11 mars 2026. Un thriller ancré à Marseille, qui aborde de front un sujet tabou. Spécimen raconte les déviances sexuelles d’un jeune homme à peine majeur sur des enfants. Dans un contexte où le scandale du périscolaire parisien secoue la France, le roman tombe à pic.
Qui est Pauline Clavière, journaliste devenue romancière ?
Originaire de Nîmes, Pauline Clavière étudie à Sciences Po où elle se spécialise dans les relations internationales. En 2011, elle rejoint BFMTV comme journaliste reporter d’images. C’est le début d’un parcours médiatique dense. Elle passe par les rédactions de Radio France Bleu, RMC Découverte, puis par les journaux du 12h45 et du 19h45 sur M6. Elle rejoint ensuite Stéphane Bern sur France 2 dans l’émission Visites Privées.
On l’a aussi écoutée sur France Inter, RTL et Europe 1, et vue dans Quotidien sur TMC et pendant six saisons dans Clique sur Canal+. Mais Pauline Clavière a alimenté sur le côté une autre vie, celle de romancière. Elle publie son premier roman « Laissez-nous la nuit « chez Grasset en 2020, suivi des « Paradis gagnés « en 2022. Son troisième roman, « Wunderland » , paraît en août 2024 chez Albin Michel. Et aujourd’hui, Spécimen vient couronner cette trajectoire littéraire. Journaliste et romancière, elle tisse un fil rouge constant dans son œuvre. Elle dispose d’un intérêt profond pour les questions de violence réelle et sociale, ainsi qu’un sens aigu de la justice.
Un roman né d’une obsession personnelle
Spécimen ne sort pas de nulle part. Pauline Clavière confie que le point de départ du roman est né de la collision de deux choses. La première est liée à l’angoisse partagée par de nombreux parents, quand ceux-ci confient la garde de leurs enfants à quelqu’un d’extérieur. La seconde fait suite à une histoire dans son entourage concernant un jeune garçon accusé de faits d’exhibition sexuelle sur mineur. « Tout cela s’est télescopé dans mon esprit jusqu’à créer une sorte d’obsession. Mes angoisses de mère se sont mêlées à une sorte d’intuition journalistique, d’enquête à suivre, et cela a donné ce roman. »
Dans Spécimen, la narratrice est une écrivaine qui vit depuis quatre ans à Marseille avec son mari Alex et son jeune fils Lucas. Pour se concentrer sur l’écriture, elle confie son fils à Mina, une assistante maternelle. Mina vit seule avec Rafael, son fils de 18 ans. Quand celui-ci, recherché par la police, disparaît, elle confie son carnet intime à la narratrice.
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« Très vite, je me suis rendu compte que le personnage central de mon roman n’était pas le monstre archétypal auquel on peut penser, mais un adolescent qui se débattait avec ses déviances, ses problèmes. » Cette nuance change tout et caractérise l’approche de Pauline Clavière. Tout au long du récit l’écrivane n’est jamais frontale, toujours en retenue. « Il y a beaucoup de silence dans le texte, de manière à ce que chacun puisse y mettre son histoire, ses propres peurs et sa façon de regarder le monde. Je ne voulais pas être trop directive. »
Spécimen, un roman qui résonne avec l’actualité
Le timing de Spécimen est saisissant. Dans un climat de prédation où 84 établissements scolaires sont ciblés par une enquête du parquet parisien, le roman de Pauline Clavière acquiert un écho puissant et glacial. L’autrice pose une question simple « Jusqu’où irions-nous pour protéger nos enfants, et de qui ? «
🗣️ "Considérer qu'un enfant puisse agresser un autre enfant, c'est impossible."
— Quelle Époque! (@QuelleEpoqueOff) May 24, 2026
Dans son autofiction "Spécimen", @paulineclaviere affronte le tabou des violences sexuelles entre mineurs et explore la psyché complexe de ces jeunes agresseurs. ⬇️ pic.twitter.com/Bj9rqRLxDv
L’accueil critique est lui partagé. Certains saluent le refus des réponses simples et une exploration des zones grises de l’âme humaine. D’autres soulignent la fluidité de l’écriture et le rythme haletant porté par l’enchaînement de courts chapitres. Une chose est certaine le roman ne laisse personne indifférent. Et Pauline Clavière, elle, s’impose définitivement comme l’une des voix les plus singulières de la rentrée littéraire de ce printemps 2026.