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Zodiaque (Bruno Garcia) : « Un véritable cadeau pour un réalisateur »

TF1 vient d’annoncer le retour de Zodiaque pour le 18 juin prochain et réalisé par Bruno Garcia à qui l’on doit Brocéliance.

Vingt ans après le succès phénoménal de la saga originale de TF1, le célèbre tueur Zodiaque s’apprête à frapper de nouveau. Entre codes du thriller à respecter, gestion d’un casting choral et secrets de montage, le réalisateur Bruno Garcia se confie sur les coulisses de ce projet très attendu, conçu pour happer un public d’aujourd’hui.

L’art de poser la charpente d’une série chorale

Quand on reçoit le cadeau de réaliser une série comme Zodiaque après avoir orchestré Brocéliande, on imagine que c’est extrêmement valorisant. Comment ce projet s’est-il mis en place pour vous ?

Bruno Garcia : C’est le mot juste, c’est un véritable cadeau. Je remercie vraiment TF1, notamment Céline François avec qui j’avais fait Brocéliande. C’est elle qui a suggéré à Anne Didier de me confier Zodiaque, qui était alors dans les duos mais pas encore validé (greenlighté). Tout s’est ensuite mis en place après avoir eu Marie Guillemont et David Amselem au téléphone. C’est un superbe challenge, même si ce n’est pas évident. Zodiaque demande de gérer énormément de personnages. Hier encore, nous travaillions sur un épisode très technique où il faut présenter une dizaine de personnages qui ont tous une importance capitale. Il n’y en a pas un qui est mis à l’écart.

Le premier épisode doit poser tout un univers. Comment réussit-on à introduire autant de visages sans perdre le téléspectateur ?

Bruno Garcia : C’est tout le travail d’échafaudage de base de la série. On sait pertinemment que tout se joue dans les 10 ou 15 premières minutes. Durant ce laps de temps très court, je dois présenter tout le monde sans saouler, sans que ça fasse trombinoscope. Il faut poser les états d’esprit, les humeurs, les caractérisations des personnages et poser aussi les enjeux : qui veut quoi à qui, qui était l’amant de qui ou qui a couché avec qui… Ce travail s’installe dès l’écriture avec Franck et Malina et les auteurs, puis se prolonge dans la préparation avec la production, au casting avec Julie David, à la mise en scène, et pour finir au montage. Le montage est vraiment le moment où on est sur quelque chose de très rythmé, où l’on enlève deux ou trois images par-ci par-là pour parfaire les petites pauses synchro.

Vous qui avez également réalisé des polars ou des drames beaucoup plus intimistes, la gestion d’une telle série chorale est-elle très différente ?

Bruno Garcia : Oui, j’aime bien les films intimistes aussi, j’ai fait du polar ou du social intime. Il y a un film dont je suis très fier qui s’appelle L’enfant que je n’attendais pas avec Alix Poisson, sur le déni de grossesse avec un magnifique scénario. C’était quelque chose de très intime avec trois ou quatre personnages, et c’est très plaisant à faire car la concentration y est différente. Sur des séries chorales comme ça, de six fois 52 minutes, le challenge est un peu plus grand. Mais c’est bien de changer et d’avoir à faire des choses où tu te dis : « Bon ben là, il ne faut pas que je me plante sur le premier épisode ». Une fois que le premier épisode est passé, on prend plus de temps.

Un rythme plus nerveux et moderne

La série originale Zodiaque avait déjà une cadence plus rapide que les sagas de l’époque. Avez-vous encore accéléré le tempo pour cette version?

Bruno Garcia : Absolument. Zodiaque va encore plus vite aujourd’hui, et j’ai même l’impression qu’elle va plus vite que Brocéliande. Brocéliande était très, très bien écrite aussi, mais on avait quelque chose de différent, peut-être à cause de l’ambiance de la forêt. On y avait ces mystères, les racines qui poussaient, la forêt était un personnage un peu mystique et mystérieux. On a moins cela dans Zodiaque. Dans Zodiaque, on est dans un polar très tôt, très vite. On rentre plus vite dans le vif du sujet, c’est plus nerveux.

Les codes des séries policières ont-ils fondamentalement changé en vingt ans ?

Bruno Garcia : Le format a changé : il y a vingt ans, ils étaient sur du 90 minutes, alors que nous sommes sur du 52 minutes. Forcément, le rythme et la narration changent. Sur les codes à respecter, je ne saurais pas vraiment dire, c’est d’abord à l’écriture. Après, nous sommes tous un peu nourris par beaucoup de séries sur les plateformes ou les chaînes de télévision, par la qualité du travail qui est fait aujourd’hui. J’essaie de regarder beaucoup le travail des autres, tant sur le rythme que sur le degré de musique. Parfois, il y a des choses très audacieuses faites sans musique, c’est un code qui n’est pas inintéressant.

Il y a bien sûr des codes de base sur le thriller qu’on respecte de façon presque innée, parce qu’on sait comment ça marche : le bruit suspect dans la maison, on sort voir ce qui se passe, on marche en croyant que quelqu’un va nous tomber sur le coin de la figure … Ce sont des trucs qui nous arrivent à nous-mêmes quand on descend au garage. Mais pour ma part, je me nourris aussi de ce qui se fait autour. Ça m’arrive souvent de voir des choses en me disant : « Putain, ça je vais le tester ». Je le dis ouvertement sur le plateau : « On va faire un truc, je l’ai vu dans telle série ou tel film et ça a marché plutôt pas mal ».

L’identité du tueur : entre hommage et réinvention

Dans la première saison de Zodiaque, le tueur (Mathias Rousseau) portait une simple capuche. Certains spectateurs avaient regretté l’absence d’un véritable costume iconique, à la manière d’un Ghostface dans Scream ou de la tenue de pêcheur dans Souviens-toi… l’été dernier. Qu’en sera-t-il cette fois-ci?

Bruno Garcia : Dans cette nouvelle saison, le Zodiaque initial, Mathias Rousseau, on va le chercher via les documents d’archives, en photo. De toute façon, on connaît sa tête puisqu’il y a eu ces deux saisons auparavant. Pour le tueur actuel, on affiche effectivement un Zodiaque sur des codes télévisuels qui sont beaucoup vus : le gars qui fonctionne avec sa capuche chez lui, ses gants noirs … On le fait tous de mettre notre capuche chez nous ou de se cacher comme ça. C’est ce qu’on appelle de la convention. Après, est-ce qu’on a envie d’aller plus loin et d’être celui qui va initialement créer un costume au Zodiaque ? C’est quelque chose qu’il va falloir découvrir, je ne peux pas en dire plus. Ça se trouve, on aura les deux. C’est tout l’enjeu de cette première soirée : est-ce un retour du Zodiaque d’il y a 20 ans ou une décalque?

La réplique emblématique de la série, « Les enfants paieront pour les crimes de leurs parents », est de retour. Elle prend un sens très particulier ici, non?

Bruno Garcia : C’est la bonne idée de la reprise, cette phrase initiale peut vouloir tout dire. Y compris qu’on veut faire payer aux enfants de Mathias ses propres meurtres d’il y a 20 ans. Ce qui est amusant, c’est que cette phrase est en même temps très abstraite parce qu’on est sur trois ou quatre couches de générations. Il y a les enfants, les petits-enfants, la génération des 20 ans, celle des 40 ans… Comme on est tous l’enfant de quelqu’un, la quête de savoir qui a fait le crime et qui est l’enfant de qui devient une espèce de micmac et de jeu de piste qu’on va découvrir.

Le piège des fins ouvertes

Pour un réalisateur, réussir la découverte du Zodiaque et la fin de l’histoire est-il aussi crucial que d’installer le début?

Bruno Garcia : Très clairement. Je me dis toujours qu’un film ça se soigne du début à la fin, peu importe l’endroit où on se trouve. Les 10-15 premières minutes sont essentielles parce que c’est ce qui nous permet de rester ou de zapper. Aujourd’hui, on a la zappette facile sur les plateformes ; si on n’a pas compris ou s’il n’y a pas d’enjeu posé, on dégage. Je me rappelle très bien d’Emmanuel Daucé qui me disait, pour l’ouverture de la première saison des Hommes de l’ombre (qui était d’ailleurs extrêmement bien réussie par Fred Tellier) : « Si aujourd’hui on ne chope pas les gens dans les 5 premières minutes, c’est fini ». En tant que téléspectateur, si dans les 15-20 premières minutes je ne suis pas accroché, je n’ai souvent pas la patience d’aller jusqu’au bout, même si on me dit que je vais être surpris au deuxième épisode. Sur le début, il faut poser les enjeux, et si je prenais trop mon temps, je me ferais rattraper par les producteurs ou les diffuseurs qui demanderaient de changer le montage, et ils auraient raison.

Mais sur la fin, j’ai toujours fait en sorte de soigner les fins de films. Je n’ai pas envie qu’on se dise : « Ah tiens, c’est bâclé la fin », surtout pas. C’est très important parce que je crois profondément au bouche-à-oreille. Quand un film se termine au cinéma ou à la télé et qu’on reste sur une fin qui claque, on a envie d’en parler, de dire : « Mais va le voir, tu vas kiffer ». La fin est le vecteur qui va véhiculer la promo du film entre les gens.

Justement, proposez-vous une véritable conclusion ou cédez-vous à la mode de la fin totalement ouverte pour appeler une suite ?

Bruno Garcia : Je n’ai rien de plus emmerdant que de regarder une série, d’arriver à la fin et d’avoir une fin pas seulement à moitié ouverte, mais très ouverte. Même s’il y a une promesse de retour, ça m’agace de devoir attendre un an et demi ou deux ans pour avoir la suite. Donc là, on essaie quand même de donner des éléments, il y a une fin avec une conclusion, heureusement. Mais forcément, on laisse un peu la porte ouverte à une suite, inévitablement, parce qu’on en a envie.

Depuis que Bouvier m’a laissé un message pour me dire qu’il voulait revenir, j’avoue que ça m’a fait plaisir ; c’est quelqu’un que j’aime beaucoup. Après, c’est vrai que mis à part Francis, Claire était pressentie pour le faire mais elle ne pouvait pas pour une histoire de planning. Le seul à avoir échappé (escapé) pour l’instant dans ce Zodiaque-là, c’est lui. On pourrait lier la gameplay et Saint-André, ce serait drôle!

Zodiaque
6X52 minutes
Dès le 18 juin 2026






































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. Entre codes du thriller à respecter, gestion d’un casting choral et secrets de montage, le réalisateur Bruno Garcia se confie sur les coulisses de ce projet très attendu, conçu pour happer un public d’aujourd’hui




































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. Entre codes du thriller à respecter, gestion d’un casting choral et secrets de montage, le réalisateur Bruno Garcia se confie sur les coulisses de ce projet très attendu, conçu pour happer un public d’aujourd’hui




































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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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