À Roland-Garros, personne n’est vraiment à l’abri. Même les plus grandes légendes du circuit ont connu des sorties précoces porte d’Auteuil, avant le troisième tour. Retour sur cinq éliminations qui ont marqué l’histoire du tournoi.
Une saison de tennis, c’est dix mois de compétition, des centaines de matchs et une accumulation de pression qui finit par peser même sur les plus solides. La terre battue parisienne est une des surfaces les plus exigeantes. Et même pour les champions qui ont tout gagné, un faux pas est vite arrivé. Voici cinq moments où des géants du tennis ont chuté prématurément à Roland-Garros.
Nadal battu par Soderling au premier tour de Roland-Garros en 2009
En 2009, Rafael Nadal débarque à Roland-Garros avec quatre titres consécutifs et aucune défaite dans le tournoi depuis 2005. Robin Soderling, lui, n’avait jamais remporté le moindre match contre le numéro un mondial. Personne ne le voyait déranger l’Espagnol. Et pourtant, le Suédois produit une performance monumentale. Il déroule un tennis limpide et inflige à Nadal sa première défaite à Roland-Garros. Une victoire qui reste à ce jour l’une des plus grandes surprises de l’histoire du Grand Chelem parisien. Mettant ainsi fin à la série d’invincibilité de Nadal porte d’Auteuil.
Agassi sorti au deuxième tour en 2000 par Kucera
Andre Agassi était champion en titre et numéro un mondial au départ de Roland-Garros en 2000. Il arrive donc avec le statut de grand favori, un an après son sacre sur la terre battue parisienne. Et pourtant, dès le deuxième tour, il est éliminé sèchement. L’Américain s’incline face au Slovaque Karol Kucera, joueur moyen sur le papier. Pour le tenant du titre et meilleur joueur du monde, se faire sortir au deuxième tour sans jamais vraiment exister dans le match représente l’une des plus grandes humiliations de sa carrière. Une anomalie totale pour un homme qui avait réalisé le Grand Chelem en carrière quelques mois plus tôt en remportant l’Open d’Australie.
Sampras éliminé au troisième tour de Roland-Garros en 1998
Pete Sampras est le joueur le plus dominateur des années 90. Numéro un mondial pendant six années consécutives, vainqueur de quatorze titres du Grand Chelem, il est le visage du tennis mondial à cette époque. Mais Roland-Garros lui a toujours résisté. En 1998, après deux premiers matchs convaincants, il s’écroule. Un problème de santé le met K.O. physiquement au moment d’affronter Magnus Norman. Il s’incline en quatre sets. On apprendra plus tard qu’il souffrait d’une thalassémie. L’Américain ne parlera pleinement de cette maladie qu’en fin de carrière. Une élimination cruelle, mais qui symbolise bien sa relation compliquée avec la terre battue d’Auteuil.
Serena Williams chute au premier tour en 2012
Forfait en 2011, Serena Williams signait son retour à Roland-Garros l’année suivante, et faisait partie des favorites pour le sacre. Mais contre toute attente, elle s’incline au premier tour. Sa pire performance en Grand Chelem. Une défaite face à Virginie Razzano, joueuse française classée bien en dessous d’elle, dans un match où l’Américaine n’a jamais réussi à trouver ses repères. Pour la meilleure joueuse de sa génération, ce premier tour perdu reste pour beaucoup la plus grande contre-performance de sa carrière. Un rappel brutal de la complexité de remporter le Grand Chelem français.
Sinner éliminé par Cerundolo au deuxième tour
C’est peut-être l’une des remontées les plus folles de ces dernières années. Jannik Sinner débarque à Roland-Garros 2026 comme grandissime favori. Invaincu depuis février, vainqueur des cinq premiers Masters 1000 de la saison, il est seul au monde en l’absence de Carlos Alcaraz. Menant tranquillement 6-3, 6-2, 5-1, il est sur le point de conclure quand tout déraille. Blessé à la cuisse et écrasé par la chaleur, il finit par s’incliner en cinq sets face à l’Argentin Juan Manuel Cerundolo, 56e mondial. Un résultat complètement inattendu qui relance le suspens dans cette édition 2026.