Pendant près de 6 ans, le corps de Delphine Jubilar est resté là, à 11 kilomètre du domicile du couple. Les ossements retrouvés dans un champ de la commune de Mailhoc (Tarn) sont bien ceux de l’infirmière disparue. Le parquet général de Toulouse le confirme. Selon les aveux de Cédric Jubilar, il l’a enterrée dans ce champ le soir de sa disparition, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Mais que va permettre cette identification ? Quelles sont les suites ?
Cédric Jubilar : des aveux à l’identification du corps
Cédric Jubillar avoue tout début juillet dans le secret d’un parloir avec ses avocats : « Il faut que je vous dise la vérité, c’est moi qui suis à l’origine de la disparition de ma femme« . Le quotidien La Dépêche révèle aussi une lettre manuscrite adressée à ses avocats, dans laquelle il avoue formellement sa culpabilité.
C’est alors que le lundi 6 juillet, les avocats de Cédric Jubilar rendent publics ses aveux. Le peintre-plaquiste reconnait sa culpabilité dans la disparition de son ex-femme après des années à nier son implication. Le 15 juillet il renouvelle ses aveux, devant une magistrate de la cour d’assises de la Haute-Garonne.
Le 16 juillet, il oriente les enquêteurs vers la zone où il affirme avoir enfoui le corps de son épouse, en leur fournissant un plan dessiné de mémoire. Grâce à ces renseignements, les fouilles permettent de découvrir, jeudi 18 juillet, des ossements dans un champ en bordure de bois. Les fragments, issus du bas du corps de la disparue, rejoignent immédiatement un laboratoire en région parisienne. L’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) confirme très vite qu’ils appartiennent bien à Delphine Jubillar.
Difficile d’établir les causes de la mort

Les premières analyses visaient à identifier la victime au plus vite, mais d’autres expertises vont suivre. Selon RTL, il faut toutefois nuancer ces avancées. Si elles ont confirmé l’identité de Delphine Jubillar, elles n’indiqueront probablement pas les causes de sa mort. Les os reposaient dans un monticule de fumier au cœur d’un champ, un environnement acide qui les a fortement dégradés.
Au fil des années, les travaux agricoles ont sans doute éparpillé les os dans les alentours, compliquant fortement le travail des experts. Seuls les os du haut du corps, comme le crâne ou le cou, permettraient de déterminer la cause exacte du décès. Dans tous les cas, ces expertises approfondies prendront beaucoup plus de temps que la simple identification.
Qu’est-ce qui a provoqué le décès ? La mort est-elle le résultat d’un accident, « après une énième dispute qui dégénère« , comme le prétend Cédric Jubillar dans son courrier ? Son avocat, Me Guy Debuisson, affirme qu’il n’a « jamais eu l’intention de tuer son épouse« . Cette prise de position annonce la stratégie de la défense pour le procès en appel : contester la qualification de meurtre pour privilégier celle de coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Et le procès ?

Le parquet de Toulouse garde le silence sur la suite des expertises et sur les éventuels autres restes en sa possession. D’ici au 21 septembre, la justice peut toutefois ordonner de nouvelles investigations et réentendre Cédric Jubillar. Dans ces conditions, la tenue du procès dès la rentrée paraît hypothétique. L’avocat du mis en cause juge d’ailleurs « inconcevable » un procès à cette date.
L’avocat de l’oncle et de la tante de la disparue redoute un report de la date. Me Battikh, l’avocat, rappelle la découverte de seulement 5 % du corps. Il espère surtout que Cédric Jubillar cessera ses mensonges et son jeu de maître des horloges. L’avocat réclame le maintien du procès à la date prévue, malgré ces nouveaux éléments.
L’attitude de Cédric Jubillar, muet sur le déroulé exact de la soirée du 15 décembre 2020, orientera en partie la décision. Les résultats des expertises sur les ossements, susceptibles de révéler la cause du décès, pèseront tout autant dans la balance.