Au sein de la RATP, ce ne seraient pas moins de 200 élus qui auraient bénéficié d’un emploi de complaisance. Autrement dit, plusieurs postes à la fois. Le maire LFI, Bally Bagayoko, serait l’un d’entre eux selon les révélations du Canard enchaîné. Voici tout ce que l’on sait sur cette affaire !
C’est le 6 août dernier que le canard le plus connu des journalistes a fait ses révélations. Le journal affirme que Bally Bagayoko aurait bénéficié de plusieurs emplois en même temps. Il est sous le coup d’une plainte de l’association AC !! Anti-Corruption pour emploi fictif et détournement de fonds publics à la RATP. L’association dénonce le cumul de fonctions à temps plein qu’il exerçait à la RATP et en tant qu’élu municipal.
Retour sur les révélations
Selon les informations publiées début août par Le Canard enchaîné, Bally Bagayoko aurait cumulé pendant plusieurs années ses fonctions d’élu local avec un emploi de cadre à temps plein au sein de la RATP. L’hebdomadaire satirique souligne la difficulté d’assurer ces deux activités professionnelles, pointant du doigt une présence simultanée théorique à l’hôtel de ville de Saint-Denis et dans les bureaux de la Régie des transports du lundi au vendredi.

L’actuel responsable politique aurait été embauché en 2000 sur proposition directe de Jacques Marsaud, ancien directeur chargé du développement au sein de l’entreprise publique. Ce dernier justifie cette démarche en expliquant que la régie menait alors une politique active d’ouverture : « C’était un moment où la RATP recrutait beaucoup dans la diversité et dans les quartiers. » Le journal dénonce toutefois une embauche sans concours ni entretien préalable, assortie d’horaires qualifiés d’« élastiques » et de confortables gratifications.
Gravissant les échelons politiques, Bally Bagayoko devient adjoint au maire puis vice-président du conseil départemental, tout en maintenant son contrat à la RATP rémunéré à hauteur de 6 000 euros par mois, primes et treizième mois inclus. En décembre 2015, Le Parisien révélait que la municipalité communiste de Didier Paillard avait voté une hausse de 102 % de son indemnité d’adjoint — passant de 1 577 à 3 183 euros brut — pour compenser la perte de son mandat départemental, une décision assumée par l’élu affirmant « suivre la loi ». Pour sa défense, Bally Bagayoko soutient que ce double statut lui permettait de « garder les pieds sur terre » face aux exigences politiques. Jacques Marsaud précise quant à lui qu’il s’agissait d’une pratique courante pour soigner l’image de marque de la Régie.
La plainte d’AC !! Corruption
Dès le 6 août, l’association dépose plainte auprès du Parquet national financier pour « prise illégale d’intérêts », « détournement de fonds publics », « favoritisme » et « manquement à la probité ». La plainte n’est pas adressée directement contre le maire de Saint-Denis, elle est déposée contre X. Le but de l’association est d’informer la population.
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Dans la plainte que Franceinfo a pu consulter, l’association AC !! Anti-Corruption présume « un double emploi rémunéré dans deux structures publiques, une absence de transparence sur les autorisations de cumul et une possible utilisation de ressources publiques à des fins personnelles ou politiques ». En effet, si Bally Bagayoko ne peut exercer à temps plein son poste à la RATP, l’association indique « qu’il s’agirait d’une utilisation indue de fonds publics ».
Dans ce cas précis, l’association demande à pouvoir consulter plusieurs documents. En premier lieu, elle souhaite prendre connaissance des contrats et des fiches de paie de l’élu à la RATP. Mais elle souhaite aussi voir l’autorisation de cumul d’activités que lui aurait délivrée son employeur du rail ou la préfecture. Pour finir, elle veut aussi vérifier si le maire était bien présent durant ses heures de travail à la RATP.
Les réponses de Bally Bagayoko et la RATP
Le premier concerné a répondu sur X (anciennement Twitter). Dans son long message, il indique d’abord se concentrer sur sa priorité : « l’action au service des habitants ». Il dénonce l’ensemble des attaques politiques dont il fait l’objet depuis son élection le 15 mars 2026. Sur cette affaire, il entend dénoncer celles et ceux « qui cherchent à détourner le débat ». Il évoque « une succession d’attaques, de mises en cause, d’insinuations et de polémiques » qui participeraient à une volonté de le discréditer politiquement. Il conclut en disant : « Ils cherchent à nous arrêter, nous continuerons à avancer. »
La RATP, sollicitée par l’AFP, « affirme se tenir très sereinement à la disposition de la justice pour lui fournir tous les éléments nécessaires, si celle-ci décidait de donner suite à cette plainte ». Concernant les 200 élus qui auraient bénéficié de ces avantages, elle dément « les allégations d’emploi de complaisance au sein de l’entreprise« . Puis la RATP assure observer « les règles de droit commun, dont la loi du 22 décembre 2025« . « Cette loi prévoit notamment que les élus locaux peuvent bénéficier d’autorisations d’absences et de crédits d’heures pour leur permettre d’exercer leur mandat. Ces absences ne sont pas rémunérées par la RATP« , assure la Régie.
De son côté, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, demande à ce que la lumière soit faite sur les autres élus employés par la Régie. Selon Le Canard enchaîné, la présidente de région veut connaître le nombre d’élus qui auraient bénéficié de cette complaisance et demande davantage de transparence sur ces recrutements. Elle évoque même l’idée d’une mission flash à l’Assemblée nationale. Cette procédure permet à une commission permanente de se saisir d’un sujet d’actualité, de mener des auditions ciblées et de publier un rapport de synthèse en quelques semaines au lieu de plusieurs mois.