Alors que Patrick Bruel doit reprendre sa tournée à l’automne, plusieurs maires s’opposent à la venue du chanteur dans leur ville. Après Chartres, la maire de Dijon a elle aussi fait part de son désaccord concernant un concert prévu en octobre. Mais les élus locaux ont-ils réellement le pouvoir d’empêcher un artiste de se produire ?
Plusieurs maires s’opposent à la venue de Patrick Bruel
La tournée de Patrick Bruel pourrait-elle être perturbée cet automne ? Alors que le chanteur doit reprendre la route pour une série de 35 concerts, plusieurs élus locaux contestent désormais sa venue dans leur ville.
Après le maire de Chartres, Ladislas Vergne, qui s’est fermement opposé au concert prévu dans sa commune, la maire de Dijon, Nathalie Koenders, a à son tour fait part de son désaccord. Dans une publication sur Facebook, l’élue socialiste a indiqué « désapprouver totalement » la venue de Patrick Bruel à Dijon, où un concert est prévu le 23 octobre prochain.
« Si je n’ai pas le pouvoir d’annuler son concert, je tiens toutefois à dire que je désapprouve totalement la venue de Patrick Bruel à Dijon », a-t-elle écrit.
La maire évoque notamment les nombreuses plaintes et témoignages visant le chanteur. Elle estime que « de très nombreuses femmes ont pris la parole ou déposé plainte contre Patrick Bruel pour dénoncer des faits de violences sexuelles ». Selon elle, ces témoignages doivent être entendus.
Nathalie Koenders considère également que, « face au nombre de plaintes et à la gravité des faits dénoncés », la présence de Patrick Bruel sur scène lui paraît « aujourd’hui inappropriée ». Elle estime que le chanteur devrait « faire preuve de responsabilité et de décence » et renoncer à se produire tant que la justice n’aura pas statué.
Patrick Bruel doit reprendre sa tournée en octobre
Patrick Bruel, qui fait l’objet de plusieurs plaintes et enquêtes pour viol et agression sexuelle, avait annulé fin mai ses concerts jusqu’en septembre. Il prévoit toutefois de reprendre ses spectacles à partir du mois d’octobre.
Le chanteur doit ainsi partir pour une tournée de 35 dates, organisée à l’occasion des 35 ans de son album Alors regarde. Les concerts doivent se dérouler du 2 octobre au 21 novembre, dans plusieurs grandes salles françaises, dont le Zénith de Paris.
Cette reprise intervient alors que Patrick Bruel est mis en examen dans quatre dossiers pour des faits de viol, de tentative de viol, d’agression sexuelle et de harcèlement sexuel. Il bénéficie par ailleurs du statut de témoin assisté dans quatre autres dossiers.
Plusieurs maires ont donc décidé de prendre position, certains invoquant notamment le respect de la parole des potentielles victimes.
Un maire peut-il réellement interdire un concert ?
La question se pose désormais dans plusieurs villes : un maire ou un préfet peut-il empêcher Patrick Bruel de se produire ?
La réponse est oui, mais uniquement sous certaines conditions. Un maire ou un préfet peut prendre un arrêté d’interdiction d’un concert s’il est capable de caractériser l’existence d’un risque avéré de trouble à l’ordre public et de démontrer que cette interdiction est nécessaire et proportionnée.
En droit français, le trouble à l’ordre public peut notamment concerner la sécurité, la tranquillité, la salubrité, la moralité ou encore la dignité humaine.
Une simple opposition politique ou personnelle à la venue d’un artiste ne suffit donc pas, en elle-même, à justifier l’interdiction d’un concert.
Une tournée toujours maintenue pour le moment
Malgré les prises de position de plusieurs élus, Patrick Bruel entend maintenir sa tournée d’automne. Les 35 dates doivent s’étaler du 2 octobre au 21 novembre dans plusieurs grandes salles françaises.
La situation pourrait toutefois évoluer en fonction des décisions prises localement et d’éventuels recours devant la justice administrative.
Pour les maires qui souhaitent empêcher le chanteur de se produire, la marge de manœuvre reste donc strictement encadrée. Une opposition politique ou morale ne suffit pas automatiquement à annuler un concert : lorsqu’une collectivité souhaite l’interdire, elle doit pouvoir s’appuyer sur un fondement juridique solide, notamment l’existence d’un risque avéré de trouble à l’ordre public.