Il y a 25 ans le 11 septembre 2001, quatre attentats coordonnés frappaient le cœur des États-Unis. En l’espace de deux heures, le World Trade Center s’effondrait, le Pentagone était touché et près de 3 000 personnes trouvaient la mort. Récit d’une matinée d’effroi qui a redéfini la géopolitique mondiale.
Il est un peu plus de 8 heures du matin à New York, ce mardi 11 septembre 2001. Le ciel d’arrière-saison est d’une pureté aveuglante. Rien ne laisse présager que, dans quelques minutes, ce bleu limpide deviendra le théâtre de la plus grande tragédie sur le sol américain depuis Pearl Harbor. En l’espace d’une matinée, dix-neuf terroristes de l’organisation Al-Qaïda vont détourner quatre avions de ligne, les transformant en armes de destruction massive.
Le choc et le doute : Manhattan sous le feu
À 8 h 46, le vol 11 d’American Airlines percute de plein fouet la tour Nord du World Trade Center entre le 93ᵉ et le 99ᵉ étage. Initialement, la confusion règne. Les télévisions interrompent leurs programmes, diffusant l’image d’un gratte-ciel béant d’où s’échappe une épaisse fumée noire. On évoque un accident, une défaillance technique, la collision d’un appareil de tourisme.
Cette illusion vole en éclats dix-sept minutes plus tard. À 9 h 03, en direct sous les yeux de millions de téléspectateurs, le vol 175 d’United Airlines s’encastre dans la tour Sud.
« Un second avion a frappé la deuxième tour. L’Amérique est attaquée. »
— Andrew Card au président George W. Bush, à 9 h 05.
Le doute n’est plus permis : les États-Unis subissent une attaque terroriste coordonnée. Pendant ce temps, en Floride, le président George W. Bush apprend la nouvelle dans une classe d’école primaire. Son visage s’immobilise.
La paralysie d’une nation
À 9 h 37, le cœur de la puissance militaire américaine est touché : le vol 77 d’American Airlines s’écrase sur la façade ouest du Pentagone, à Washington, tuant 125 personnes au sol en plus des 64 occupants de l’avion.
L’Autorité fédérale de l’aviation (FAA) prend alors une décision sans précédent : l’interdiction totale de vol (ground stop). L’ensemble de l’espace aérien américain est fermé.
Dans le ciel de Pennsylvanie, un quatrième drame se joue. À bord du vol 93 d’United Airlines, les passagers, informés par téléphone des attaques à New York et Washington, comprennent la nature de leur sort. Plusieurs d’entre eux mènent un assaut contre les terroristes dans le cockpit. À 10 h 03, l’appareil s’écrase dans un champ près de Shanksville. L’objectif initial — vraisemblablement le Capitole ou la Maison-Blanche — est manqué. Aucun des 44 occupants ne survit.
L’effondrement et l’enfer de poussière
À New York, le cauchemar prend une dimension apocalyptique. Frappée plus bas dans sa structure, la tour Sud ne résiste pas aux températures extrêmes du kérosène en feu. À 9 h 59, après 56 minutes d’incendie, le bâtiment de 110 étages s’effondre dans un rugissement fracassant. Un nuage gigantesque de poussière toxique se propage à travers le sud de Manhattan.
À 10 h 28, la tour Nord s’écroule à son tour. En moins de deux heures, le paysage de New York a été rayé de la carte. Le site devient « Ground Zero ». Les secours — pompiers du FDNY, policiers, paramédicaux — paient un tribut très lourd : des centaines d’entre eux périssent lors des évacuations. En fin d’après-midi, à 17 h 20, la tour World Trade Center 7, également fragilisée, finit par s’effondrer.
| Les 4 vols détournés | Trajet initial | Heure du crash | Lieu de l’impact |
| Vol 11 American | Boston – Los Angeles | 8 h 46 | Tour Nord (WTC) |
| Vol 175 United | Boston – Los Angeles | 9 h 03 | Tour Sud (WTC) |
| Vol 77 American | Washington – Los Angeles | 9 h 37 | Le Pentagone |
| Vol 93 United | Newark – San Francisco | 10 h 03 | Shanksville (Pennsylvanie) |
Le jour d’après
Le bilan humain s’élève à 2 977 victimes innocentes de 90 nationalités différentes, auxquelles s’ajoutent les 19 terroristes.
Le soir même, à 20 h 30, le président George W. Bush s’adresse à la nation depuis le Bureau ovale. Il pose les jalons de la politique étrangère à venir : « Nous ne ferons aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et ceux qui les abritent. »
Du Patriot Act aux interventions militaires en Afghanistan et en Irak, en passant par le durcissement de la sécurité aérienne mondiale, le 11 septembre 2001 a ouvert une nouvelle ère de lutte globale contre le terrorisme, marquant la vraie rupture d’entrée dans le XXIᵉ siècle.