Adults revient avec une deuxième saison toujours aussi déjantée. Mais entre soirées sous acide, situations grotesques et galères du quotidien, la série a grandi.
C’est quoi, Adults (Saison 2) ? Samir, Billie, Paul Baker, Issa et Anton vivent toujours ensemble dans la maison des parents de Samir, dans le Queens. Et le quotidien de colocataires est loin de s’être calmé : tandis que le groupe découvre le secret honteux de Paul Baker, Billie est confrontée à son mini-moi à cause d’une fausse carte d’identité, Anton galère au boulot et avec sa famille, Issa commence à s’interroger sur son avenir. Chacun va affronter à sa manière les petits et grands problèmes qui accompagnent l’entrée dans l’âge adulte : carrière, couple, famille, responsabilités et choix de vie. Avec une capacité assez impressionnante à transformer chaque petit problème en catastrophe collective.
Une bande qui gagne en assurance
Adults s’inscrit dans la lignée de ses séries de «bandes de potes», sorte de How I Met Your Mother ou Friends 3.0. La série, justement souvent qualifiée un peu vite de Friends version Gen Z, suit cinq jeunes d’une vingtaine d’années censés entrer dans l’âge adulte. Mais entre situations absurdes et décisions franchement catastrophiques, ils n’ont apparemment pas reçu le mémo.
Si la première saison avait été remarquée, elle était loin d’être parfaite. Humour trivial, personnages souvent exaspérants et frôlant la caricature, absence de cohérence entre les épisodes… Et pourtant, on sentait qu’il y avait quelque chose. Cette deuxième salve de huit épisodes confirme cette impression : Adults a trouvé son rythme, son ton. Et contrairement à ses personnages, elle a gagné en maturité : la série sait désormais exactement ce qu’elle est.
La première saison devait présenter ses cinq personnages, installer leurs caractères et leur dynamique. Ils pouvaient parfois sembler tellement outranciers qu’ils en devenaient agaçants. Mais maintenant que le travail est fait, qu’on connaît la bande, ses travers, ses habitudes et ses petites rivalités, les scénaristes peuvent s’amuser davantage à mélanger les personnages et à créer des duos ou des groupes différents.
Cette mécanique fonctionne étonnamment bien. Que Samir se retrouve avec Billie, qu’Issa partage une intrigue avec Anton ou que Paul Baker soit au centre d’une situation complètement improbable, l’alchimie reste intacte. On ne regarde plus seulement les personnages pour savoir ce qui va leur arriver. On regarde aussi parce qu’on aime les voir ensemble.

Et ensemble ou séparément, leurs problèmes sont universels. Les loyers sont hors de prix, les carrières sont précaires, les relations amoureuses sont compliquées, les identités sont plus fluides et les réseaux sociaux font partie intégrante du quotidien. Mais derrière tout ça, les questions restent les mêmes : est-ce que je suis au bon endroit ? Est-ce que je fais les bons choix ? Et pourquoi tous les autres ont-ils l’air de mieux savoir ce qu’ils font que moi ?
L’entrée dans l’âge adulte, sans mode d’emploi
Le titre de la série reste parfaitement ironique. Parce que ces cinq-là sont adultes sur le papier. Dans les faits, c’est une autre histoire. La saison 2 continue ainsi à confronter ses personnages à des problèmes qui deviennent progressivement plus sérieux : travail, argent, relations sentimentales, avenir professionnel, famille… Mais Adults refuse justement de traiter ces sujets avec le sérieux attendu.
On peut passer d’une discussion sur l’avenir à une situation complètement grotesque en quelques secondes. La série ne cherche pas à expliquer la génération Z : elle préfère montrer comment cinq personnes réagissent à un monde qu’elles trouvent parfois aussi absurde qu’elles-mêmes.
Le résultat est souvent très drôle, mais aussi étonnamment tendre. Parce que derrière leurs comportements parfois insupportables, ces personnages sont surtout paumés. Et cette sensation dépasse largement leur génération. On peut ne pas avoir vingt ans, ne pas comprendre certaines de leurs références ou trouver leurs comportements légèrement épuisants : l’impression d’être un adulte qui improvise en permanence, elle, est plutôt universelle. Son univers est très marqué par son époque, mais ses angoisses ne le sont pas forcément.
Et puis il y a… le raton laveur
S’il fallait retenir un épisode emblématique, ce serait probablement « Raccoon ». Le pitch suffit à résumer l’esprit de Adults : les cinq amis organisent une soirée sous acide… sauf qu’un raton laveur s’invite dans leur maison. Ils ont environ trente minutes pour le faire sortir avant d’être complètement défoncés.

La situation donne lieu à des décisions absurdes, des malentendus et situations particulièrement gênantes. Mais, derrière cette grosse blague, l’épisode fait surtout avancer les relations entre les personnages. L’absurde n’est plus uniquement là pour faire rire. Il permet de raconter quelque chose.
Le même principe fonctionne dans les autres épisodes. Une fausse carte d’identité, un post sur les réseaux sociaux, l’utilisation malvenue d’un certain mot au travail deviennent autant de prétextes pour parler de ce moment étrange où l’on commence à comprendre que les choix que l’on fait peuvent avoir de vraies conséquences.
La série peut donc continuer à faire de très grosses blagues, pas toujours très fines, tout en donnant progressivement davantage de profondeur à ses personnages. Et c’est probablement ce qui manquait parfois à la première saison : cette impression que derrière le chaos se cachent les doutes et les peurs de jeunes… adultes ?
Cinq amis vivent ensemble, se disputent, tombent amoureux et font n’importe quoi : Adults ne révolutionne pas la sitcom de bande. Mais cette saison, la série trouve son équilibre et un ton particulier, où l’absurde et le chaos servent à raconter moins une époque qu’un sentiment universel d’inadéquation avec ce que la société attend de nous. Adults n’est décidément pas le nouveau Friends. Mais elle n’a pas besoin de l’être. Parce qu’au fond, ses personnages ne cherchent pas à devenir nos nouveaux meilleurs amis. Ils cherchent simplement à survivre à leurs vingt ans, à payer leurs factures, à trouver l’amour, à ne pas ruiner leur carrière… et accessoirement à faire sortir un raton laveur de leur salon.