Une violente explosion rue de Trévise à Paris a coûté la vie à quatre personnes et en a blessé 66, le 12 janvier 2019. Le procès de ce drame s’ouvre ce mardi 20 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris. Le syndicat de copropriété de l’immeuble et la ville de Paris sont sur le banc des accusés.
Il est peut-être temps pour les parties civiles de l’explosion de la rue de Trévise d’obtenir des réponses. Le procès contre la ville de Paris et le syndicat de copropriété s’ouvre aujourd’hui et se tiendra jusqu’au 7 décembre au tribunal correctionnel de Paris.
Le 12 janvier 2019 la matinée est calme et fraîche dans les rues du IXème arrondissement de Paris. Des ouvriers venus faire des travaux au 6 rue de Trévise détectent une forte odeur de gaz dans l’immeuble et préviennent immédiatement les habitants, il est 8h30. Dix minutes plus tard, ce sont les pompiers qui arrivent sur place. C’est à ce moment qu’une violente explosion retentit.
Le rez-de-chaussée de l’immeuble est complètement soufflé. Les façades des hôtels Mercure et Ibis Style, en face de l’immeuble, prennent de plein fouet l’onde de choc. L’immeuble voisin est aussi touché, les vitres explosent et les planchers s’effondrent. Un violent départ de feu s’ajoute au chaos qui règne alors rue de Trévise. Deux pompiers, de 27 et 28 ans, meurt des suites de leurs graves brûlures. Côté civil, une touriste espagnole de 38 ans, cliente de l’hôtel Mercure, décède des suites d’un grave traumatisme crânien. Le lendemain, les secours retrouvent le corps sans vie d’une femme de 28 ans dans les décombres. Une cinquantaine de blessés seront pris en charge dans les hôpitaux parisiens. 66 blessés sont dénombrés ce jour là par la mairie du IX arrondissement.
#Explosion rue de #Trévise à #Paris : les nombreux @PompiersParis et policiers de la @prefpolice sont entièrement mobilisés pour secourir les victimes et sécuriser le périmètre #HérosDuQuotidien https://t.co/y2ZGlkHm2G
— Ministère de l’Intérieur (@Interieur_Gouv) January 12, 2019
Qu’est-il reproché à la ville de Paris et au syndic ?
Rapidement, une enquête est ouverte. Différents experts mettent en avant la faute de la Ville de Paris à travers des « imprudences et négligences« . L’accusation avance que « les investigations nécessaires pour rechercher les causes de l’affaissement du trottoir ». L’explosion du 12 janvier 2019 était due à un affaissement du trottoir constaté en octobre 2017. C’est cet affaissement qui a causé à la rupture d’une canalisation de gaz, menant à l’explosion.
La SAS CIOPA « Agence Étoile », syndicat de copropriété de l’immeuble, est aussi mise en cause. Le syndicat a tardé à réparer le collecteur d’eaux usées de l’immeuble. Des manquements « qui ont contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage« , soulignera le parquet dans son réquisitoire.
Une partie des habitants du 6 rue de Trévise ont pu rentrer chez eux en août 2024. Le procès qui s’ouvre aujourd’hui est avant tout « un aboutissement après un long combat » pour Linda Zaourar, présidente de l’association des victimes et rescapés de l’explosion de gaz de la rue de Trévise, interrogée par ICI Paris Île-de-France.