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La guerre au Yemen vue par les enfants

La guerre au Yémen est peu connue du grand public. Pourtant, depuis mars 2015, le conflit fait des ravages et a engendré la “pire crise humanitaire de la planète” selon l’ONU. France 2 diffuse ce soir, dans “Envoyé Spécial”, le reportage choc de la réalisatrice yéménite Khadija Al-Salami “Yémen : les enfants et la guerre”. Elle s’est rendue à Sanaa, capitale du pays, où elle a rencontré des enfants traumatisés et aux futurs incertains.

 

La situation au Yémen au 30 octobre 2017. En violet, les zones de conflits.

“La seule victime est le peuple innocent”

Depuis 2015, le Yémen (l’un des pays les plus pauvres au monde) est ravagé par les bombes de l’Arabie Saoudite (l’un des pays les plus riches). Sanaa, capitale dévastée qui vit au rythme des explosions et des bombardements, héberge pourtant le deuxième plus beau souk du monde. Au Yémen, où le bilan des pertes civiles dépasse les 10 000 morts, le patrimoine culturel est une des principales cibles des attaquants :”Les sites historiques et les sites archéologiques sont en train d être détruits. Ils ont aussi un problème avec l histoire yéménite, la civilisation. La seule victime est le peuple innocent.” précise Mme Al Salami. La maladie (dont des épidémies de choléra et de diphtérie), les bombardements ou encore la famine sont en train de décimer la population yéménite qui n’a pas accès à l’aide humanitaire. La raison ? un blocus aérien, maritime et terrestre mené par la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite. “Médecins Sans Frontières a quitté le pays car les hôpitaux et les dispensaires ont été détruits. Le blocus est aussi une arme”, explique Élise Lucet. Certains pays de l’Union Européenne, dont la France, vendent toujours des armes à l’Arabie Saoudite : “L’Allemagne et la Norvège ont bloqué la vente des armes au début du mois de janvier, continue Mme Lucet, il très important de faire pression sur les pays qui alimentent cette guerre.” Le 26 février prochain, Emmanuel Macron recevra Mohamed Ben Salmane, le prince héritier saoudien, une diffusion qui tombe donc à pic.

 

Une amie habitante de Sanaa témoigne / Crédit : France Télévisions

 “L’avenir, c’est les enfants”

“On parle du côté politique mais ce que les gens vivent tous les jours on n’en parle pas”, constate Khadija Al-Salami. Cette fois ci, pas question de se pencher sur l’angle géopolitique du conflit : la réalisatrice a décidé de se focaliser sur le côté humain et le quotidien des habitants de Sanaa, plus particulièrement celui des enfants. Selon les chiffres des Nations-unies, un enfant meurt toutes les dix minutes au Yémen.“Tout l avenir du Yémen va être détruit, et l avenir c est les enfants” précise Khadija. Ici, ce sont eux les journalistes qui mènent le reportage et lui donnent une dimension atypique : Khadija Al-Salami a passé deux semaines dans son pays natal où elle a suivit le parcours de Ahmed, 11 ans, qui est devenu violent à cause de la guerre et ne pense qu’à se battre pour défendre son pays. Sa sœur Rina, 8 ans, qui rêve de faire des études tout comme leur neveu Youssef, 9 ans qui aimerait devenir dentiste. La façon dont ils vivent la guerre, leur point de vue et surtout, les mots utilisés pour les exprimer sont différents de ceux des adultes : “Il y a une forme de pudeur dans leur questionnement, le rapport entre les enfants beaucoup plus simple. Les choses passent spontanément sans démonstration journalistique” s’émoitla réalisatrice, émue.

 

Un enfant pris en charge par un hopital privé après avoir reçu des éclats d’obus qui lui ont paralysé le visage / Crédit : France Télévisions

“Il faut attirer le regard sur ce conflit totalement silencieux”

“Rejoindre le Yémen est très difficile pour les journalistes occidentaux, il est impossible de rentrer dans le pays car les visas sont refusés”, mentionne Élise Lucet. Dès lors, peu d’images et d’informations sur la situation réelle du pays sont en circulation, laissant la guerre dans l’oubli : “Je me sentais très impuissante face à cette guerre, déclare la réalisatrice, j‘ai mis 2 ans pour rentrer au Yémen car mon passeport a été rejeté plusieurs fois par l Arabie saoudite.” Durant son séjour de deux semaines, cette dernière a été arrêté deux fois par les militaires : l’armée l’a d’abord interrogé et voulait tout prendre, dont les caméras, qu’elle a refusé de donner. Cette situation critique du Yémen, Mme Al-Salami souhaite la changer grâce à la diffusion de son reportage et en sollicitant l’opinion publique : “Il faut attirer le regard sur ce conflit totalement silencieux, ouvrir les yeux sur ce qu’il se passe au Yémen.”  

“Yémen : les enfants et la guerre”, sur Envoyé Spécial (France 2), le jeudi 8 février à 20h55.

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